‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 242 sur 427 · C. Apposition · texte numérisé non relu

C. Apposition

1. L'apposition peut être un véritable attribut déterminatif: Charles le Téméraire fut battu à Morat; mais le plus souvent elle est explicative et exprime un jugement sous la forme d'une proposition adjective abrégée. L'exemple suivant réunit les deux cas: Charles le Téméraire, (qui était) duc de Bourgogne, fut vaincu à Morat.

-2. L'apposition peut être :

a) Un substantif. En pareil cas, Tapposition est précédée de l'article quand on veut la mettre en évidence, qu'elle sert à distinguer une personne ou une chose d'une autre personne ou chose du même nom: Mon. l'un des sept sages, donnait des lois aux Athéniens (Boss.). Lauioftc, l'oracle de cette époque, daigna consacrer ce triomphe (Hugo). Le corps législatif.^ un corps de cent membres, recevait communication des lois (Thiers).

Mais l'apposition ne prend pas l'article lorsqu'elle sert à déterminer son substantif, à le caractériser d'une manière générale : Henri IV, roi de France, voulait sincèrement le bien de son peuple. Le triste hiver, saison de mort, est le temps dît sommeil de la nature (Bwiï.). L'apposition a, en pareil cas, la valeur d'un adjectif, et c'est pourquoi elle est souvent exprimée par des noms communs d'origine adjective connue dans ces expressions : un roi enfant, un soldat citoyen, une langue mère, un arbre nain, etc. : La couleur lilas est fort agréable (Ac). Il a le repart brusque et l'accueil loup-garou (Mol.). Peuple caméléon, j)euple singe du maître (La F. VIII, 14). Les écrivains philosophes ont souvent d'injustes préjugés contre la Prusse (Staël). Je voudrais pouvoir en donner une idée à des lecteurs gens du monde (Ste-Beuve).

L'apposition se rapporte quelquefois à une proposition entière : Sans être sorti de son palais, mon père parlait cinq langues, chose fj[ue les étrangers admirent en nous (Ségur).

I)) Un adjectif ou un participe : La passion , aveugle et sourde, //'- voit et n'écoute rien (Rollin). La nature, plus belle et plus riante, invite aux sentiments les plus doux (Picard). Je l'adorais vivant, et je le pleure mort (Corn.).

c) Un pronom ou un nom. de nombre : La fortune nous a persécutés, lui et moi (Fén,). Le roi de Pologne n'eut quele temps de monter à cheval, lui onzième (Volt.).

Page 1