NOMS DE NOMBRE UNIVERSELS
redevient lui-même uu véritable adjectif; c'est lorsqu'il sert moins à exprimer rinteusité qu'à désigner la totalité des différentes parties d'une chose: La forêt lui parut toute e)tfiammée. Souvent l'adjectif féminin est remplacé par une expression équivalente ; on observe alors la même distinction, et l'on écrit: Elle était tout en larntcs. parce que tout exprime ici l'intensité, et : La maison était toute en feu, parce qu'on veut exprimer l'intégrité (= toute la maison était en feu).
Tout^ suivi de autre, est adjectif et prend l'accord quand il détermine un nom exprimé ou sous-entendu et qu'il peut être déplacé : Demandez-moi toute autre chose (toute chose autre). Toute autre eût été effrayée. — Tout reste invariable quand il signifie entièrement ^i ({xCï\ est précédé ou suivi (\.eune: Donnezmoi une tout autre occupation. Vous méritez tout une autre fortuite.
Tout peut être substantif et alors il s'écrit touts au i)luriel : Lte toixt est 2)1 us grand que la partie. Les mots sont des touts st/llabiques.
Autrefois tout était toujours variajjle et on écrivait : Elle était toute inquiète, toute alar»iée. Set an'i tuz pleins ad ested en Espagne (Ch. de Roland). E tant y vit de fjent que tous s'en esbahi [Hugues Capet]. Ceux-ci, tous ignorants que ils sont (liab.l. Vou^i voyez uion âme toute entière (Corn.). J'étais toute e'taufe/e (8év.). C'est Vénus toute entière usa proie attachée (Riic). La vraisemblance y est toute entière {\m IU\). Je me sens toute émue (Monl.). Quelques porsoiines, dit l'Acadéuiie, suivent encore cette ancieinie ortiiograplie.
Xi(l, aucun.
4. Nul et aucun sont négatifs et désignent, par opposition au mot chaque, une exclusion complète de tous les individus qui composent une collection : Nul n'est content de son sort. Il n'a aucun souci; cependant aucun est de sa nature un nom de nombre partitif et signifie quelqu'un (5^ Si), mais aujourd'hui on ne peut presque plus l'employer qu'en l'associant à une négation exprimée ou sous-entendue: Savez-vous cpielque nourelle'^ Aucune, c'est-à-dire je n'en, sais aucune. De là vient que aucun, avec une négation, rend la proposition aussi universelle que nul ai que c'est j)res(jue la niêuie chose de dire: Aucun soldat n'a paru.^ ou: Nul sold(d n'a jx/ru. (')
Nul et aucun ne s'emploient ordinairement qu'au singulier: 7iul, nulle; aucun, aucune ; mais le pluriel n'est pas une faute, et les meilleurs écrivains en ont fait usage : Il n'a sans na-s bienfaits ]>assé nulles Journées (La F. X, 2). // n'i/ a nuls riccs c.rtéricurs et nuls défauts qui ne soient aperçiis par les enftuts (La
(1) Beauzée, l. c ,1, 337.
Ayeh, Gra»>niai>-e cûmpar>}e. 27