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Chapitre I"' Les sons de la langue étudiés en eux-mêmes

Des Voyelles.

1, Les voix ou voyelles primitives sont i, a, u {}). A est le son le plus plein, le plus éclatant et le plus ancien. Au-dessous du a se placent le / et le u^ l'un représentant le son le plus aigu, l'autre le son le plus sourd. Ainsi a occupe le sommet de l'éclielle tonique, dont i et u occupent parallèlement les deux points inférieurs; a est pur et stable, i et u sont mobiles et aptes à passer à l'état de consonnes. On peut les représenter de cette manière (-) :

Outre ces trois voix principales i, a, u, la plupart des langues ont encore deux vo3'elles accessoires, savoir : le e, son intermédiaire entre i et r/, et o, son intermédiaire entre u et a. De cette manière nous obtenons la série naturelle des voyelles j^ures : ?', e, a, o, u.

Ce sont là les principales voyelles, et il y a bien peu de langues où elles ne se retrouvent pas. Mais il y a bien d'autres variétés de sons-voyelles ; ainsi le fran^'ais possède eu outre le eu, son intermédiaire, entre e et o, comme dans feu, vcea, et le u, qui tient le milieu entre / et oh; ce dernier son, qui est inconnu aux autres langues romanes littéraires, est formé de la manière suivante : « tandis que la langue s'apprête à prononcer le /, les lèvres prennent la position que réclame le ii (ou) (^). »

(1) Il s'agit ici, non pas du u français, mais bien du u indo-européer, tel qu'il se prononce en allemand, en italien, etc., c'est-à-dire comme notre ou.

(2) J. Grimm, Deutsche Grarnmatik, 3* éd., I. p. 32 et s.

(3) Dubois-Keymond, Kadmiiif, oder allgemeine Alphabetik, p. lôO.

2i DKS VOYKLLKS § 11)

On distingue ainsi en français les voix simples suivantes : a, e, 0, ea, l, ou, u, qui se font entendre à la fin des mots ^a, théy Fô, feu, .si, /bu, bu» — Eu et ou sont des sons simples, quoiqu'ils soient représentés par la combinaison de deux voyelles.

Outre ces sept voyelles pures, il y a encore le e dit mncfy (iu"il ne laut pas confondre avec le e proprement dit ou e sonore. Le c appelé muet est la plus faible émission de voix possible; il a en général le son d'un eu> faible, comme dans ^'e, le, ou très faible, comme dans une', le mot hemce réunit les deux sons du e muet.

2. Les voyelles a, e, o, eu, prononcées de manière que la voix sorte en partie par la bouche, et eu partie par le nez, forment quatre nouveaux sons, qu'on appelle voyelhs nasales, et que l'on entend à la fin des mots^Van, ^/in, bon, brun,

'< Si, au lieu d'émettre lilji'eiiient, à travers la Ijoiiche, le son-voyelle, nons laissons s'abaisseï" le voile du palais et que nous forcions ainsi l'air à vibrei' a travers les cavités qui rattachent le nez au pharynx, nous entendons les voyelle» nasales, an, on, in, un, si communes eu français. Il n'est pas nécessaire que l'air passe à ti'avers le nez; an contraire, nous pouvons fermer le nez, et nous ne ferons ainsi que rendre l'accent nasal encore plus marqué. La seule condition nécessaire est le déplacement du voile, qui, dans les voyelles ordinaires, couvi'e plus ou moins complètement l'orilice postérieur des fosses nasales (*). »

3. Les voix /, ou, qui ne peuvent pas se changer en voyelles nasales, sont dites voix constantes, par opposition aux autresvoix, qui sont variables.

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