VARIATIONS DE SENS
dldnus, deviii, divin; advocatus, avoué, avocat; augurium^ heur, augure; dotcwe, douer, doter; légal is, loyal, légal; natlmiSy naïf, natif; sahiriioti, salière, salaire ; potionem, poison, potion ; acris, aigre, acre ; capfivus, cliétif, captif; causa, chose, cause.
b) II y a encore doublet lorsqu'à côté d'un mot français d'origine populaire, vient se placer un mot d'importation étrangère, provenant du même radical; ainsi cadentia devint en français chance, en italien cadenza; au XVI'' siècle, ce dernier mot a passé les monts et a donné en français le mot cadence : chance et cadence, provenant du même radical, forment un doublet. De même : capsa, châsse, caisse; caput, chef, cap.
c) Entin, il y a encore doublet lorsqu'un même radical donne eu français deux dérivés d'origine populaire; ainsi campus d^ donné à la fois champ et camp. De même : hadare, bayer et béer (d'où \)Çi2iïïi)-,credentla, croyance, créance; (/«Ja/a, jatte Joue (^); homhiem, homme, on: die, il, le; laxare, laisser, lâcher ; ;)//cor?, ployer, plier ; placere, plaire, plaisir; surgere, sourdre, surgir, (^tc. Il y a des exemples de formes triples et même quadruples, comme : pensare, peser, penser, panser.
4. Les doublets sont une richesse de la langue; il n'en est pas de même des homonymes : nous entendons par là les homonj^mes parfaits (à la fois homographes et homophones), qui se sont produits quand la contraction que les mots latins doivent subir pour passer en français a confondu sous une forme commune deux ou plusieurs dérivés de primitifs très distincts; par ex. alnus, aune; ubia, aune; — carpnnus, charme, cannen, charme; — carrer, chartre; chartula, chartre; — consuere, coudre; conjlus, coudre; — digitcde, dé; ckdum, dé; — laudare, louer; locare, louer; — palcdium, palais; palatum, palais; — piscari, pêcher; persicarius, pêcher; — perça, perche ; iw^/ca, perche; — somnus, somme; summa, somme; — tenerum, tendre; tendere, tendre ; etc.
Variaticns de sens.
En passant du latin au français, beaucoup de mots ont pris une acception plus ou moins différente de la signification originelle. Tantôt le sens s'est élargi : de jxn-ahola, espèce particulière de discours, on a fait parole; rdla, métairie, a donné
(\) Le rapport logiijue entre yV;/(t' et yo»*; est conforme à ces comparaisons bizarre? que lait le peviple entre certains objets et les parties du corps; ainsi de tcMa (pot cassé), ;/«r.r/cs (gouffre), /!Crt£«>n (foie d'oie), botellas (boudin), pe,'/t*- (peau d'animal), le franc;ais-a tiré tête, rjorgc, foif, boyau, peau.
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ville. Tantôt le sens s'est rétréci et a passé du général au particulier : necare, faire périr, est devenu noyer ^ faire mourù" dans l'eau ; de carruca, toute espèce de chariot, on a tiré charme, qui a le sens spécial de chariot aratoire.
Les déplacements de sens se sont produits dans l'intérieur niême de notre langue , et l'on peut citer beaucoup de mots dont le sens s'est agrandi ou s'est att'aibli dans le passage du vieux français au français moderne.
Ainsi attrœp&r ne voulait dire à l'origine que prendre dans la trappe, dans le piège, et leurrer attirer 'le faucon dans un leurre, morceau de cuir rouge en forme d'oiseau. Le mot /?/«•, qui a remplacé l'ancien occire, a signifié d'abord protéger, abriter (on a encore tue-vent)^ puis étouffer, comme dans : tuer la chantelle, tuer le feii (Ducange), sens qui s'est généralisé dans l'acception tuer. Chère (du lat. cara; au VP siècle, face, visage) a signifié d'abord visage, puis bon accueil, c'est-à-dire bon visage, et enfin bon repas, qui est une des manières du bon accueil.
Au contraire, labourer signifiait travailler (du latin lahorare) et ne s'est restreint qu'assez tard au travail de la terre, considéré comme le travail par excellence; avaler, qui signifiait descendre ou faire descendre en général, ne se dit plus que des aliments qu'on fait aader, et le mot jjis, de pectus, qui avait le sens de poitrine, s'est restreint successivement et s'est avili jusqu'à sa signification actuelle
Chapelet, diminutif de chapeau, v. fr. chapel, a signifié d'abord une couronne ou un petit chapeau de fleurs : Un chapelet vert en sa tête (Roman de Renart). Une vieille romance parle de la bêle Alez qui, après avoir cueilli des Curettes : Un chapelet fet en a De bel rose flurie. Dans la suite on appela chapelet un certain nombre de grains enfilés servant aux moines pour compter les Avé Maria et les Pater qu'ils devaient réciter afin d'accomplir une pénitence qui leur avait été infligée ou satisfaire à certaines prescriptions de leurs règles. Ce chapelet figurait la couronne de roses que l'on mettait sur la tète de la sainte Vierge : aussi les Italiens l'appellent-ils corona et les P^spagnols rosaria. En France, le rosaire est composé de quinze dizaines d'Avé Maria; il équivaut à trois chapelets.