PR0N03IS POSSESSIFS
elle est libérale (Id.). La source de toutes les passions est la sensibilité; Vimagination détermine leur j:)m^e (J.-J. R.). La patience est amère, mais son fruit est doux (Id.). Ow dirait que 1-3 Rhin est le génie tutélaire de V Allemagne ; ses flots sont purs, rapides et majestueux, comme la vie d'un ancien héros (Staël). L'art vit de V esprit; le matérialisme est sa mort (Lamennais). ConMen ceux qui ont cru a?iéantir le christianisme, en allumant des bûchers, ont méconnu son esprit (Chat.). Que la vérité nous déplaise ou non, elle nous domine, et Vexpérience lia été en tout ceci que sa très Jtumble serrante (Lanfrey).
3. L'emploi du nombre avec les pronoms notre, votre, leur, dépend de la nature du substantif:
a) Quand les pronoms collectifs notre, votre, leur, se rapportent à un nom commun, le principe général est que l'objet possédé se met au singulier s'il n'y en a qu'un, et au pluriel s'il y en a plusieurs. Mais il est bon de préciser et de dire qu'en pareil cas les mots notre, votre, leur se mettent au singulier, si la chose est possédée en commun par plusieurs : Ils ont vendu leur m'di.<on, la maison qu'ils possédaient en commun, et au pluriel, si le nom désigne une pluralité d'objets appartenant en commun à plusieurs individus, ou à chacun d'entre eux en particulier :/fe ont vendu leurs maisons, les maisons qu'ils possédaient en commun, ou la maison que chacun possédait en particulier. Nous attendions notre voiture (nous n'avions qu'une voiture pour nous tous). Nous attendions nos voitures (chacun de nous avait la sienne).
Voici d'autres exemples à l'appui de cette règ-le : Ces pauvres enfants ont perdu leur jM'rc, et leur mère les a abandonnés. Paul et Virginie ne connaissaient d'autres éptoques que celles de la vie de leurs mères (Bern.). Les deux frères ont perdu dans ce naufrage leur navire, leur père, leur mère, leurs femmes et leurs enfants. Tous les Jiab/tants soiiiroit de leurs maisons.
Quand le nom appellatif est pris dans un sens g-énéral et désigne un objet considéré comme une qualité, comme un organe commun à plusieurs, on emploie le singulier: Les fourmis portent de lourdes charges malgré la petitesse de leur corps. Les hommes songent moins à leur âme qu'à leur corjjs. La plupart des hommes emploient la première partie de leur vie à rendre Vautre misérable (La Br.). Le passage d'un nombre à l'autre est, dans les plu^ases qui suivent, nettement indiqué par le sens: Les cheveux des convives se hérissent sur leur front, des larmes involontaires coulent de leurs geux (Chat.). Les pères mourants envoient leurs fis pleurer sur leur général mort (Fléch.). Les pédagogues ne s' oc-
cupent qu'à remplir la mémoire de leurs élèves^ et ?ie travaillent pas à former IqxjlT jugement (Le grand Frédéric).
■ Dans les phrases suivantes, qui sont en analogie de construction, la différence de sens explique la différence de nombre : Lhie ardeur nouvelle s'était emparée de leur cœur (Mont.). Les passions les plus violentes se partageaient leurs cœurs (Id.).
Dans certains cas, il est indifférent de mettre le singulier ou le pluriel : Laissez les morts en jjaiœ dans leur tombeau, ou: dans leurs tombeaux.
b) On emploie toujours le singulier quand le pronom collectif se rapporte à un nom de matière ou à un nom abstrait qni ne peut pas se mettre au pluriel: //s se nourrissent de leur la't. Pour étancher leur soif, ils n'ont que l'eau des sources. Leur patience fut mise à une rude épreuve. Les louanges qu'on donne aux gens en place doivent peu flatter leur amoiir-propre (Vauv.).
4. Les possessifs absolus ne peuvent se rapporter qu'à un nom précédemment exprimé. C'est donc une faute de dire, au commencement d'une réponse : J'ai reçu la vôtre en date du ... ; il faut dire : J'ai reçu votre lettre en date du . . .
Ces pronoms peuvent aussi s'employer avec l'article défini, sans se rapporter à aucun nom exprimé ou sous-entendu ; c'est ce qui a lieu : 1° au singulier masculin, pour désigner ce qui est la propriété de chacun : Le tien et le mien sont la cause de toutes les querelles., de tous les procès (Ac). // ite demande que le sien (Ac.) ; — 2° au pluriel masculin, pour signifier les parents, les alliés, les amis: Maisfai les miens, la cour, le peupl e à contenter (L?i ¥.111, \).
Ils s'emploient quelquefois aussi sans l'article quand ils fonctionnent comme prédicats: (y'tte découverte est mienne (Ac). Le clerc répond: Elle est mienne et non vôtre (Rac). J'avance mes opinions, non comme vraies, mais comme miennes (Bern.). Monsieur, je suis tout vôtre (Mol.).
Elle méprend mes mouches à ma porte :
Miennes ;e ;ju!.s- les dire (La F. X, 7).
Cependant, au datif, l'usage actuel préfère le pronom personnel, et l'on dit : Ces fruits soid à moi, plutôt que : Ces fruits sont miens.
Article IV. — Pronoms démonstratifs.
§ ^^''^ 1. Le i)rouom démonstratif peut s'employer comme antécédent d'une proposition i-elative ou tenir la place d'un substr.ritif
qui précède. On l'appelle alors pronom déterminatif, parce qu'il précise l'idée de la personne ou de la chose dont il est question (^). Ainsi, par ex. : qui ment exprime une idée fjénérale et désigne un individu quelconque de l'espèce entière : Qui ment est coupable^ tandis que celui qui ment s'applique à un individu déterminé par le pronom celui: Celui qui nia menti sera imni.
Cet.
2. Le pronom cet (ce) est en général purement démonstratif: Je le verrai ce noir. A ces mots le corbeau ne se sent pas de Joie (La F. I, 2).
Echo redit ces mots dans les airs épandus : « Que tout aime à présent, l'insensible n'est plus. » (Id. XII, TJ).
Mais cet s'emploie aussi comme pronom déterminatif: On comprend mieux les dialogues de Platon en ro/jaut ces po/iiques .sows lesquels les anciens se ptromemiient la moitié du jour (Staël).
Celui.