PRONOMS POSSESSIFS
misérable Esquimau^ sur son écueil de glace, est aussi heureux que le mofiarqne européen sur son troue (Chat.).
Quand il s'agit de choses, on emploie, selon les cas, le pronom possessif OU Tarticie défini avec le pronom personnel eu.
A. Quand l'objet possédé se trouve dans la même proposition que le possesseur, l'emploi du pronom possessif son, sa, ses, leur, leurs, est de rigueur : Le Rhin a sa source da-ns les Alpes. La Suisse a conquis son indépendance sur les champs de bataille. Ainsi que h( vertu, le crime a ses degrés (Rac). Lliiver ôte à nos campagnes tout leur agrément (Ac).
B. Quand le mot possesseur est un nom de chose figurant dans une proposition précédente, on emploie :
a) Le pronom possessif: 1° si l'objet possédé est le sujet d'un autre verbe que être : La rivière est débordée; ses eaux couvrent la campagne. Ces arbres sont bien exposés, nuns leurs fruits ne mûrissent pas (Bufi".). Ma vie est rude et ses aspérités me blessent (Chat.); — 2° si le nom de l'objet possédé est précédé d'une préposition : J'ai visité la Suisse, et j'ai admiré la beauté de ses pcuisages. La condition naturelle à l'homme est de cultiver la terre et de vivre de ses fruits (J.-J. R.).
b) Le pronom en avec l'article défini : P si l'objet possédé est le sujet ou le prédicat du verbe être : Le temps fuit, la perte en est irréparable. Cette affaire ed délicate, le succès en est douteux (Ac). Néron, bourreau de Rome, en était Vhistrion (Del.) ; — 3" si le nom de l'objet possédé est le complément direct d'un verbe actif: Nourri dans le sérail, j'en connais les détours (Rac). Si la terre était plus dure, Vhomme ne pourrait en ouvrir le sein pour la cultiver (Féu.). Le soin qu^on apporte au travail empêche d'en sentir la fatigue (Boniface). Maîtres de /'univers, les Romains .s'en attribuèrent tous les trésors (Mont.). La Grèce aimait la guerre, elle en connaissait l'art (Id.). Le même tour s'emploie quelquefois aussi pour les personnes : Il me sembla que je voyais Achille, tant il en avait les traits (Fén.).
Mais, même dans ces deux derniers cas, on emploie très souvent le pronom possessif et non pas l'article avec en ; c'est ce qui a lieu principalement lorsqu'il s'agit d'animaux ou de choses personnifiées, ou lorsqu'on veut éviter une équivoque ou exprimer avec plus de force lïdée de possession : Quand le chat est en colère, on voit sa queue dans une vive agitation. La nécessité parle, il faut suivre sa loi. Le commerce est comme certaines sources; si vous voulez détourner leur cours, vous les faites tarir (Fén.). Rien n'épuise la terre '^ j^^''^ on déchire ses entrailles^ plus