‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 276 sur 427 · Le mot même peut s'employer avec ou sans l'article · texte numérisé non relu

Le mot même peut s'employer avec ou sans l'article

A. Employé avec l'article ou un équivalent de l'article, même précède le substantif et marque l'identité ; il répond au latin idem, eadem, idem, et signifie qui n'est pas autre, qui n'est point différent : Piert^e et Céjihas, c'est le même apôtre. Il a encore le même habit qu'il arait{Ac.). Les mêmes causes i^roduisent les mêmes effets. Pour lors Bome ne fut plu^ cette ville dont le pettple n avait eu qu^in même esprit, un mêm.e amour de la liberté, une même haine pour la tyrannie (Mont.). Ces mêmes getis qui vous flattent aujourd'hui vous ont calomnié autrefois. On omet quelquefois l'article : Il avait un fis de même âge que moi (J.-J. R.). — Même peut s'employer absolument : Cet homme est toujours le mèm.e. Cette femme est toujours la même (Ac). Ce vin était délicifu.r; en voici du même. Les symptômes ne furent pas partout les mêmes (Sismondi). Comme pronom neutre : Cela revient au même.

B. Employé sans article, même est pronom adjectif ou adverbe.

a) Même, comme pronom adjectif, se met après le substantif ou le pronom personnel ou démonstratif; il répond alors au latin ipse, ipsa, ipsum, et marque plus expressément la personne ou la chose dont ou parle. Quand même est placé après un pronom personnel, il est joint à ce dernier par un trait d'union, et le pronom, qui est toujours employé dans la forme absolue, doit se répéter comnie sujet devant le verbe suivant, excepté à la 3® personne où l'on peut omettre // ; C'est le roi m.êm.e qui Va dit. Cette femme est la fausseté même (Ac). Le^ Bomains ne vainquirent les Grecs que par les Grecs mêmes (Ac). Tb/-mêm8 tu te fais ton procès (La F. X, 2). L" amour-propre nous fait tout rapporter à wows-mêmes (Mass.). Lui-mèjne livre aux flammes le plus riche de ses j^alais (Ségur). Lui-même me Va dit. Comment prétendons-nous qu'un autre garde notre secret, si nous ne pouvons

le garder' /?o?/s-niênies? ÇL?i'RoQ\\.) Et feu prends à témoin votre père lui-mèmQ (Mol.). Cela même est un fruit que je goûte aujourd'hui (La F. XI, 8).

b) Même, employé sans article, peut être adverbe, et alors il marque l'inteusitê et équivaut au latin etiam, soit aux adverbes français aussi, encore, pt us, de plus; cela a lieu:

1° Quand même modifie un verbe ou un adjectif: Us se sont même dit des injures grossières. Il faut obéir aux lois même injustes.

2" Après un substantif, quand même peut être déplacé et mis avant le substantif: J^ai tout à craindre de leurs larmes, de leurs soupirs, de leurs plaisirs même (Mont.). Ses amis, ses parents même le blâment. Les enfants même furent passés au fil de Vépée.

Il n'est pas toujours facile de distinguer même adjectif (lat. ipse) et même adverbe (lat. etiam). On peut même quelquefois mettre indilféremment l'un ou l'autre: Il est aisé à un traducteur de se tirer des endroits mêmes (ou même) qu'il n'eatend pas (Boil.)-

.... Votre front prête à mon diadème Un éclat qui le rend respectable aux dieux même (Rac). On peut admettre les deux sens : aux dieux même (même aux dieux) et aux dieux mêmes (aux dieux eux-mêmes).

Tel.

8. Tel est pronom démonstratif, mais s'emploie aussi comme pronom indéfini :

a) Tel, pronom démonstratif, marque la qualité dim objet d'une manière tout à fait indéterminée : Pour être heureux ou malheureux, il faut se croire tel (Ac). Tel était alors Vétat de ses affaires (Là.). La qualité peut être déterminée par une proposition comparative ou consécutive, amenée par cjue: Il est tel que son père. Sa mémoire est telle quHl 71'' oublie jamais rien (Ac).

On emploie encore tel quand on ne veut pas ou qu'on ne peut pas marquer la qualité d'une manière déterminée, et dans ce sens tel est quelquefois précédé de un : Tarriverai à telle époque. Il est tantôt chez un tel, tantôt chez une telle (Ac).

b) Tel désigne souvent un individu tout à fait iudéterminé : Tel homme reclierche ce que tel autre méprise (Ac). Dans ce sens tel s'emploie le plus souvent absolument comme pronom indéfini suivi d'une proposition adjective qui le détermine : Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera (Eac). Mais tel peut aussi être pronom conjoint : Tel homme est récompensé, qui méritait d'être puni (Ac).

Tel quelsïgniûe: i° sans changement, dans le même état: Je vous rends votre livre tel quel (Ac.) ; '2" dans le langage familier, médiocre, de peu d'apparence : Cet accord tel quel ne dura guère (Boss.).

442 PRONOMS IXTERROGATIFS § 190

AHide V. — Pronoms interrogatifs.

1. Le pronom interrogatif, qu'il ne faut pas confondre avec le pronom relatif, se met en tête de la proposition, qui est principale ou subordonnée (objective), selon que l'interrogation est directe ou indirecte: Qui cherchez-vous? — Dites-moi qui vous cherchez.

Le pronom interrogatif, quand il n'est pas employé comme sujet, peut être un membre de la proposition objective qui dépend de la principale: Qui rroij^z-roKs que l'on nommera à cette place? Que reux-tn que je fasse? Quel Jirre désirezvous que je vous donne? Quand croyez-vous qu'il viendra? Dans toutes ces phrases la proposition subordonnée est amenée parla conjoncticn que: Crot/ez-rons que fou nommera qui? à cette place? Croijez-mns qu'il viendra quand? Mais cette proposition subordonnée peut aussi n'avoir d'autre lien que le pronom interrogatif lui-même : Dites-7ious qui Von nommera à cette 2)lace. Savez-voHs quand // viendra (v. § 285).

Qui.

2. Le pronom qui désigne les personnes sans distinction de genre. Il remplit la fonction de sujet ou de complément ou même de prédicat, et peut s'employer absolument : Qui frappe àla porte? Qui cherchez-vous? Qui étaient ces dames? Je connais un homme capahle d'en j)rendre soin ; et qui ? me dit-il (Ac). Mais en ainund. qui ne veut être aimé! (La F.) Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage? (La F. I, 10) Qui soupçonnez-vous de ce vol? (Mol.) Qui sont ces gens en robe? (Rac.)

Le pronom cqai peut être précédé de toutes les prépositions : De qui veux-tu parler? (Mol.) A qui pensez-vous parler? (Ac.) Sur qui sera d'abord sa vengeance exercée? (Eac.) Mais de qui ne peut dépendre d'un substantif que lorsque ce substantif est employé comme prédicat : De qui est-il fils? Si le substantif est sujet ou complément du verbe, on remplace ordinairement de qui par quel : Quelle main (au lieu de la main de qui?) a versé ce sang?

Ou remplace souvent qui par la forme qtd est-ce qui: Qui est-ce qui frappe à la porte? (Qui frappe à la porte?) Qui estce que vous cherchez? (Qui cherchez- vous?) De qui est-ce que vous parlez? (De qui parlez-vous?) A qui est-ce que vous parlez? (A qui parlez-vous?) S'/ Von nous offrait V immortalité su-r la terre, qui est-ce qui roudrait accepter ce triste présent? (J.-J. R.)

Le pronom qui s'emploie quelquefois comme pronom indéfini: Nos gens s'en vont., qui deçà., qui delà (Courier).

§ 190 PROXOMS INTERROGATIFS 443

Qui n'ayant pas de flexion est du genre et du nombre communs, c'est-à-dire •qu'il est toujours du masculin et du singulier. Toutefois la Fontaine Ta fait avec raison du féminin dans le conte du Faucon: Qui fut bien empêchée ? Ce fut Clitie.

Qne^ quoi.

3. Le pronom que ou quoi désigne les choses sans distinction de genre.

a) Le pronom que e fit toujours conjoint et n'est jamais précédé d'une préposition. Il n'est usité qu'à l'accusatif pour exprimer soit le complément direct : Que ehei-chez-vous? Que n'ose et que ne peut V amitié violente! (La F. XII, 15) — soit le prédicat, 'àxec être oiidevenir, et alors il marque la qualité: Qu'êtesrous? Que decie^d-HY Que mmmes-nous devant Dieu? — soit enfin le sujet logique exprimé comme prédicat avec un verbe impersonnel (§ 1G4): Que vous faut-il? Que faut-il davantage? (La F. VII, 3) Que vous semble de cette maison? Q\i\/rriveraî-iJ?

L'accusatif que s'emploie quelquefois, au lieu de quoi, iwurquoi, combien, comme complément indirect ou circonstanciel : Que (= à quoi) sert la science sa)is la vertu? — Qu'(= de quoi) avez-vous à vous plaindre? Qu' (= en quoi) a-f-il besoin de mes conseils? Que (= pourquoi) ne partez-vous tout de suite? 0 mort tant désirée! que ne viens-tu? (La F.) Eh bien! que n'aimes-tu? (A. Cliéii.) Que parles-tu de dieux, de nymphes et d! offrandes? (Id.) Que (ace.) coûte ce livre? Que je suis malheureux!

Le pronom que ne s'emploie pas comme nominatif ou sujet d'un verbe personnel; on le remplace par la forme qu'est-ce qui : Qu'est-ce qui vous fâche? Qu'est-ce donc qui vous trouble? (Fén.) Qu'est-ce qui se/it du plaisir oi vous? (Pasc.) On emploie aussi en pareil cas le pronom (qui: Qui vous presse? (L-à F. IX, 2) Qui fait l'oiseau? c'est le plumage (Id. II, 5). Qui vous rend à vous-même, en un jour, si contrcdre? (Rslc.) Berger, quel es-tu donc? qui f agite? (Chén.) Quand chaque année on est sûr de lasuivante, qui peut troubler la paix de celle qui court ? (J.-J. R.) On remplace souvent que par la iorm^ qu'est-ce que : Qu'estce que vous cherchez? Qu'est-ce que cela me fait? — Qu'estce que c'est? (Ac.) Qu'est-ce que nous deviendrons? Qu'est-ce qu'il vous faut? — Cette périphrase prend quelquefois, dans le langage familier, la forme amplifiée qu'est-ce que cest que : Qu'est-ce que c'est que cette logique? (Mol.) Qu'est-ce que c'est donc qu'il y a? (Id.) Un coup de sabre, qu'est-ce que c'est que ça pour un homme? (Augier)

b) Quoi est la forme accentuée de que, et peut, comme qui, s'emplo3'er absolument. Quoi remplace le pronom que:

1° Quand il doit être employé absolument au nominatif et à l'accusatif, ce qui n'a lieu que lorsque le verbe est ellipse, surtout quand il y a exclamation: Quoi! vous partez déjà!— Quoi de plus beau que la vertu! — // m'est arrivé quelque chose de bien surprenant. Quoi donc?

Qu'est-ce làf lui dit-il. — Rien. — Quoi? rien? — Peu de chose (La F. I, 5). Lamartine a employé ciuoi à Taccusatif comme pronom conjoint à la place de que: Quoi donc, û mortels, vous annonce l'immuable que vous cherchez?

2" Après une préposition : A quoi pensez-vous? Dis-moi à quoi tu penses. De quoi cela vous servira-f-d? (Volt.) Et sur qvioile crois-tu? (Mol.) Précédé de ^^o^^r, il indique ordinairement la cause ou le motif et j^our quoi s'écrit alors en un seul mot : Pourquoi 7ie faites-vous pas votre tâche? Mais on écrira en séparant les deux mots : Vous rentrez chez vous, pour qyjioifaire? parce que quoi est régi par /"«//-e et non par la préposition ^^«(r.

Quoi précédé d'une préposition peut se périphraser comme (qui et ciue : A quoi est-ce que vous pensez? De quoi est-ce que vous parlez? Pourquoi est-ce qu'// ne vient pas?

Suivis d'un génitif, que et quoi se distinguent l'un de Tautre en ce que l'un a rapport à la quantité, et l'autre à la qualité: Que de services il m'a rendus! Quoi de ph«s heureux que ce qui vous arrive!

Quel, lecquel.

4. Le pronom interrogatif adjectif est conjoint cptel., ou absolu lequel.

a) Le pronom conjoint quel se rapporte surtout à la qualité, comme quand on dit: Quel temps fait-il? c'est-à-dire: le temps est-il beau? est-il laid? Dans ce cas, quel correspond à /e^ et s'emploie comme attribut ou comme prédicat : Quel livre lisezvous? Quelle est votre intention? Quel est-d? de quel sang? et de quelle ^r/^?i?(Eac.) Il se présente souvent dans lespbi^ases exclamatives : Oit ! quel malheur de naître dans de si grands périls! (Fén.)

Quand l'interrog'ation a pour objet une personne, (^?^/ désigne ordinairement Vindividu., que l'espèce à laquelle il appartient .et quel sa qualité : Qui est ton frère? C'est X. Qu'est- il? Jl est laboureur. Quel (■s^-H? Il est bon et juste. Mais (/^/fV désigne aussi Vindividu, c'est-à-dire une personne ou une chose déterminée. Si, par exemple, en parlant d'un enfant, nous disons : Quel est son père? la réponse devra donner le nom de ce père. Pour éviter toute ambiguïté, on pourra se servir ici du pronom gw/, s'il s'agit d'une personne: Qui est son père? Mais, devant les noms de choses, on n'a pas cette ressource, il faut toujours quel : Quelle est votre maison? c'est-à-dire: Entre ces maisons, dites-moi c^^/Zéqui est la vôtre.

Le pronom quel marque en outre \di quantité : QmqWq heure est-il? En quelle année rivons-nous?

.autrefois on se servait dans ce dernier cas du mot quant, quantième: Quantes heures est-il'? en quantième année sommes-no un? Quant a fait place à combien dans la langue moderne, mais il subsiste encore dans la locution quant à (du lat. quantum ad] : quant à moi, c'est-à-dire autant qu'il est en moi, ainsi que dans cette expression un peu vieillie: toutes et quantes fois.

h) Le pronom absolu lequel se rapporte aux personnes comme aux choses qui sont déterminées soit par un génitif suivant, soit par ce qui précède : Lequel de ces (jargons est votre fils ? Voici -plusieurs jjlunies: laquelle voulez-vous? Lequel est quelquefois neutre: Lequel vaut mieux, de cultiver un art funeste ou de le rendre lUile ? (J.- J. R.)

Article VI. — Pronoms relatifs.

§ 191 1 . L'antécédent du pronom relatif peut être :

a) Un nom commun déterminé comme espèce ou individu, soit par ce qui précède, soit par ce qui suit: La mort, qui n'épargne personne, est la véritable égalité. Un bienfait que Von reproche a perdu son mérite (La Br.). Cest ton père qui Rappelle. La flatterie est l'écuôil contre lequel riennent se briser les maximes les plus sages (Fén.). // ij a des reproches qui louent, et des louanges qui médisent (La Eocli.). // ng a point de vice qui n'ait une fausse ressemhlance avec quelque vertu (La Br,). Aujourdliui cependant il n'g a (aucune) défense qui tienne (BoiL). Jamais je n''eus si grand besoin de prudence et Jamais la peur d'en manquer ne nuisit tant au peu (de prudence) que fen ai (J.-J. R.).

b) Un nom propre : Je m'appelle Léandre, qui suis amoureux de Lucinde (Mol.), Tircis, qui V aperçut, se qlisse entre des saules (La F. II, 1).

c) Un pronom personnel dans la forme absolue : Et c'est toi que l'on veut qui cJioisisses des deux (Mol.). Sois mon héritier, toi qui as eu assez d'esprit pour démêler le sens de V inscription (Les,), Lui, (\\x^un pcvpe a couronné. Est mort dans une île déserte (Bér.).

Lorsque qui doit se rapporter à un pronom personnel conjoint, on répète ce dernier sous la forme absolue : // m'en veut à moi, qui ne lui ai Jamais fait de mal. D'abord, moi qui ai Joué la tragédie, i'en ai Vhabitude (Mérimée). Le pronom personnel conjoint ne se présente comme antécédent qu'à la troisième personne, lorsque le pronom relatif suit le verbe : Je la vois qui s'avance (Corn,), Je l'aperçois qui vient (Mol,), Le voilà là-

44r) PRONOMS RELATIFS § 191

dedmiH que fai amené avec moi fid.). Vou:< le frourerez tnaintena)it vers ce petit bois que voilà, qui sainuse à couiier du hais (1(1.). Les voilà tous endormis qui roufieid {Vmm). Il est là, dans la chambre peinte, qui attend (Hugo). // a beaucoup d'amis; il en est qui ne l'oublieront pas dans son malheur.

Il faut encore citer le cas où la proposition ailjective amenée par gui est jointe au préflicat, mais se rapporte au sujet rie la principale exprimé par un pronom personnel conjoint (v. ch. XIX) : Je suis Diomède, roi d'FAolie. qni blessai Vénus au sicfje de Troie (Fén.). Nous sommes deux religieux qui voyageons pour nos affaires (Flor.). Vous ('les ici plusieurs qui l'avez vu.

d) Un pronom démonstratif: Celui qui croit tout savoir ne sait rien. Le sénat se trouva composé de ceux mêmes qui s'opposaient le plus à la loi (St-Réal). Je sais ce que Je suis, je sais ce que vous êtes (Corn.). Cest ce-à quoi /> m'attendais le moins. Tel brille au second rauf/qui s'éclipse au premier (Corn.). Celuilà fait le crime à qui le crime serf ( Id.). Monsieur, ce n'est pa.s cela dont il est question (Mol.).

e) Un pvDnoin intenvioatif : Qu'a rt^z-rous qui rous j/uissc émouvoir':' (Mol.) Que voilà qui est scéléraf{l(\.). Quoi que vous écriviez, évitez hi bassrsse (Boil.). Qu'on le trouve, où qu'/7 soit (Corn.). Quelles que soient les lois, il faut toujours les suivre (Mont.).

f) Un pronom indéfini : // n'i/ a personne qui ne soit dangereux pour quelqu'un (Sév.), S'il est quelqu'un que la vanité a rendu heureux, assurément ce quelqu'un était un sot (J.-J. R.). Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille (La F. TTI. IS).

g) Un adjectif employé comme prédicat : Aveugle que vous êtes. Infortunés que nous sommes (Rac).

h) Une iiroposition tout entière, et alors le pronom relatif est précédé du démonstratif neutre ce : Mes affaires n'avancent point, ce qui me désespère (Sév.). // ixirvint à lire couramment son bréviitirc, ce qu'// n'avait jamais fait auparavant (Les.). Il fut absous, ce doiiX personne ne doutait.

Les pronoms relatifs correspondent aux pronoms déterminatifs : celui-qvà. ce-qui, comme les pronoms interrogatils aux pionoms démonstratifs proprement (lits: Qui? Celui-ci. — Quoi? Ceci.

Qui, que.

2. L'emploi du pronom conjoint qui dépend de sou rapport à Tantécédent, selon que ce rapport est marqué sans ou avec le secours de prépositions.

a) Quand il n'y a pas de préposition, le pronom conjoint ^m/

au nominatif et que à l'accusatif se dit également des lyersonnes et des ciioses pour exprimer le sujet, le complément direct ou le prédicat: L'homme qni pense, le vent qui souffle; — l'homme

§ 191 PRONOMS RELATIFS -iiT

que y'e cherche, la porte quej^ ferme, fou que tu es. Le chardon, qui rient dans les terrains les plus négligée, fctit les délices de Vâne solitaire (Bern.). Je souffre tous les maux que fai faits devant Troie (Rac). Jai lliomme qu'// vous faut ( Ac).

Voici encore quelques exemples de l'emploi de que comme accusatif du verbe : Il semble toujours rire en lui-même de ceux qu'<7 croit ne le valoir pas (La Br.). Tai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu Vêtre (J.-J. E.). Il g a de la lâcheté à déguiser ce que le ciel nous a fait naître (Mol.). Cette remarque demande un esprit désintéressé. Je fais choix du tien que je connais bon (Les.). Tout mo)i qu'// paraissait, il avait l'air menaçant (Id.). C'était tout ce qu'il restait à Claude de sa famille (Hugo).

h) Après les prépositions, on emploie :

1" Le pronom qui, pour les personnes ou les choses personnifiées : llmnme à qui ou de qui Von parle; rochers à qui Je me plains (Ac). Il g a du plaisir à rencontrer les geux de celui à qui l'on vient de donner (La Br.). Il y a des gens d'une ceiiaine étoffe ou d'un certain caractère avec qui il ne faut jamais se commettre et contre qui il n'est pets même permis d'avoir raison (Id.). 0 rochers escarpés! c'est à vous que je me plains, car je n'ai que vous à q\xije pndsse me plaindre (F en.). Qui s'emploie aussi quelquefois après une préposition en parlant des animaux: un chien à qui elle fait mille caresses (Ac).

Les poètes se servent de qui après une préposition, lors même que l'antécédent est un nom de chose : Souliendrez-vous un faix sous qui Rome succombe? (Corn.) J'ai su tromper les yeux par qui j'étais gardé (Rac). Je pardonne à la main par qui Dieu ))i'a frappé (Volt.). Cet emploi est plus rare en prose: Il y a des choses sur qui le poète n'a aucun droit (Corn.). Les gémissements de la colombe doivent être laissés à la solitude et au silence à qui elle les a confiés (Fléch.). Les flambeaux qui avaient uiis Slade en cendres étaient les représailles des boulets rouges par qui Slade avait été consumée (Volt.). Ce fleuve arrose une délicieuse contrée que les habitants des Etats-Unis appellent le nouvel Eden et à qui les Français ont laissé le doux nom de Louisiane (Chat.).

2° Le pronom 2^/0/ pour les choses, surtout au datif: ce à quoi je pense. Ce n'est pas le bonheur auprès quoi je soupire ÇMol.). J'ai une petite barque et des gens avec quoi fort facilement je prétends enlever la belle (Id.). Il g eut quelques tables où le rôti manqua à cause de plusieurs dîners à quoi on ne s'était pas attendu (Sév.). Je voulus, p>our sept hatz, à quoi montait ma dépense, lui laisser ma veste en gage (J.-J. R). C'est encore ici une des raisons pour quoi je veux élever Emile à la campagne (Id.). C'est une objection à quoi il n'y a pas de réponse (Restant). La chose à quoi l'avare p)ense le moins, c'est à secourir les pauvres (Wailly).

Aujourd'hui le relatif conjoint quoi ne s'emploie plus guère qu'avec un antécédent d'un sens indéfini, comme ce, rien : La

question n'est pas de savoir ce qui nous co)ivient^ mais ce à quoi nous convenons (SouVestre). Il n'y a rien sur quoi Von ait tant disputé (Ac). Comment! vous ne savez pas ce à quoi il travaille (Besclierelle). Les maladies de V âme sont les pil us dangereuses : nous devrions travailler à les guérir; c'est ce à quoi cependant nous ne travaillons guère (Boniface). Partout ailleurs on se sert de lequel (v. u° 4).

Mais on trouve encore quoi en rapport avec un substantif, et l'Académie ellemême qui, dans sa septième édition a supprimé ces exemples : C'est un vice à quoi il est sujet. Ce sont des conditions sans quoi la chose n'eût pas été conclue, a conservé la phrase suivante où quoi a pour antécédent un nom partitif: Ce sont choses à quoi vous ne prenez pas garde. Voici d'autres exemples tirés d'écrivains contemporains : J'ai raté une teinture de tournaol, à C[aoi j'excelle (Th. Gautier). Les enfants par quoi se maintient le gouvernement de la famille et de l'Etat (Midi.).

3. Le Ytl^iHî absolu est qui pour les personnes et que ou cpioi pour les choses.

a) Le relatif absolu qui s'emploie :

1** Comme sujet, surtout dans les sentences et les proverbes : Qui trop embrasse mal étreint. Qui dortdine. Est bien malade q\xi en meurt. Sauve qm pjeut. Qui r< ut f(( ire l'ange fait la bête (Pa.sc.).

2° Comme complément^ et alors le pronom qui est en général régi par le verbe de la principale : Aimez qui vous aime. Cherchez qui vous voudrez. Je m'en rappoiie à qui vous voudrez. Travaillez pour qui vous voudrez. Allez chez qui vous voudrez. La mort n'a rien cTaff'reux pour qui n'a rien à craindre (Corn.), Mais qui peut être aussi gouverné par le verbe de la subordonnée : Vous trouverez à qui parler^ où à qui est le régime de parler et non de trouver. Qui peut être complément attributif: J'ai considté, non mes devoirs, mon esprit égaré ne les connaît p)lus, mais mon cœur, dernière règle de qui n'en saurait plus suivre (J.-J. R.).

b) Que et quoi sont neutres et ne se rapportent qu'aux choses.

1" Que marque l'accusatif, comme dans cet ancien proverbe que rÂcadémie a conservé: Fais ce que dois., advienne (ce) que pourra. Mais aujourd'hui que est hors d'usage comme pronom absolu : on ne dit plus : Cl ter chez que vous voudrez, comme on dit: Cherchez qui vous voudrez; il faut employer le pronom conjoint et dire : Cherchez ce que vous voudrez.

2° Le neutre quoi ne s'emploie qu'après des prépositions : C'est à quoi je pense. C'est en quoi vous vous trompez (Ac). C'est de quoi;V voulais vous parler (Ac). C'est à quoi j'ai fait allusion (Ac). Vodù sur quoiyV veux que Bajazet prononce (Rac). Seigneur, repartit Séraphine, voici de quoi je m£ plains (Les.).

.§191 PEONOMS RELATIFS 449

Lorsqu'il s'ag^it de renvoyer à une proposition entière, on supprime quelquefois le démonstratif ce et on emploie le pronom relatif comme pronom neutre absolu: qui au nominatif, que à l'accusatif et quoi après les prépositions : Cet écolier est ignorant et, qui 2iis est, plein de vanité. Il n''y a persomie à la maison, que je sache (Ac), J'ai fondé Carthage, il faut que je Vhahite, sans quoi Carthage périrait (Volt.).

c) Le pronom absolu s'emploie d'une manière particulière ■HYecvoici et voilà ou avec un infinitif.

1° Après voici, voilà, on se sert au nominatif de la forme absolue qui pour les personnes (= celui qui) comme pour les choses (= ce qui) : Voilà (celui) qui cous en dira des nouvelles. Voilà (ce) qui est entendu, tandis qu'à l'accusatif la forme conjointe celui que ou ce que est de rigueur : Voilà celui que je cherche. Voici ce que je cherche. Quand le pronom est précédé d'une préposition, c'est la forme absolue qu'il faut employer, savoir qui pour les personnes et cquoi pour les choses : Voilà à qui r<m^ devez vous adresser. Voilà à quoi il faut songer. Voici de quoi je me plains (Les.).

2"* Construit avec l'infinitif, le pronom employé sans antécédent peut être interrogatif ou relatif selon le sens, interrogatif comme dans : Je ne sais qui accuser. Je n'y sais que faire. Je ne sais à quoi me décider, etc., et relatif, comme dans: J'ai sur qui m'en venger (Ac). Je n'ai que faire de ses dons (Mol.). Les dattes cbnnent à Vliomme de quoi le nourrir, le vêtir et le loger (Volt.). Au surplus, comme le pronom interrogatif et le pronom relatif ont les mêmes formes, il n'est pas toujours facile de les distinguer.

Bien que le pronom absolu qui, tiré de l'interrogatif quis, s'emploie pour is qui. le neutre que ne peut pas remplacer idquod; sauf dans les cas indiqués ci-dessus, il veut être précédé du démonstratif ce, d'où les formes ce qui, ce que, ce dont, ce à quoi, etc. : Vous ne savez pas ce qui s'est passé, ce que vous dites. ce dont je parle, ce à quoi je pense. L'ancien français disait que pour ce qui ou ce que; cet usage est encore celui du XVI'' siècle: Voici cjvlq arriva un jour. Je me doute que c'est (Rab.), et l'on en trouve des exemples même au XVII* siècle: Qui n'avait jamais éprouvé que peut un visage d'Alcide (Malb.). Le roi ne sait que c'est d'honorer à demi (Corn.). Je ne sais qu'est devenu son fils (Rac). Attend que deviendra le destin de la reine (Id.).

Lequel.

4. Le pronom relatif /^(/?<f^ peut être joint au substantif : Zc? gloire est le but des ambitieux, lequel but est quelquefois difficile à atteindre. Mais le plus souvent il est seul et ne s'emploie, à cause de sa forme peu élégante, que pour suppléer au pronom substantif qui, que ou quoi.

a) Au nominatif et à l'accusatif, on se sert de lequel k la place ■du pronom invariable qui ou que, dont l'emploi donnerait lieu

. Ayeu, Cirammnire ciiiiiparét». ■ ■?')

à une équivoque; c'est ce qui a surtout lieu quand Fan técédeut ne précède pas immédiatement le relatif ou qu'il est accompagné d'un substantif de genre ou de nombre différent : Un homme s'ed levé au milieu r/e Rassemblée, lequel (et non pas qui) a parlé d'une manière eodravii gante (Ac). Il seiuhle que la logique est Vart de convaincre de quelque vérité^ et Véloquence un don de Vâme, lequel nous rend maîtres du cœur et de l'esprit des hommes (La Br.). Cest la plie de mon protecteur, lequel est aussi votre ami. J'ai eu un oncle qui n'était pas un Iwmmefort miraculeux., lequel a nourri vingt-quatre années une espèce de bichon qu'' il avait (Boil.)- Vous savez qu'il y aune édition contrefaite démon livrai laquelle doit paraître ces fêtes (J,-J, E.). Voici un exemple tiré des papiers anglais., lequel Jg ne puis m' empêcher de rapporter (Id.). Outre les rin^ destinés pour la vente et pour les provisions ordinaires., lesquelles n''ont d'autre façon que d'être recueillies avec soin, la bienfaisante fée en prépare d'autres plus fins pour nos buveurs (Id.). On emploie encore lequel pour donner plus de force à l'expression : Il nhœheta que des langues, lesquelles il fit accommoder à toutes les sauces (La F.). Confutsé rétablit cette religion, laquelle consiste à être juste (Volt.).

h) Après les prépositions, on emploie lequel:

1° En concurrence avec qui, lorsqu'il s'agit de j^crsomies ; l'oreille et le goût peuvent seuls décider entre les deux pronoms, et l'on dit également : Il faut bien choisir les jjersonnes à qui ou auxquelles on veut donner sa confiance. Je tiens pour maxime incontestable que quiconque n'a vu qu"" un peuple, au lieu de connaitre les hommes, ne connaH pas les gens avec lesquels U a vécu (J.-J. R.).

Après la préposition parmi, on emploie toujours lequel au lieudet7ui; Voilà les rois et les princes parmi lesquels on placera ce monarque (Boss.).

2° A la place de quoi, lorsqu'il s'agit de choses: Cest une chose à laquelle je n^ti ])as pensé. Voici le cheval, l'arbre sur lequel je numtai. La fiatterie est Vécueil contrelequel vioinent se briser les maximes les j)lus sages (Fén.). Cest une condition sans laquelle il ne veut rien faire (Ac).

Avec le neutre ce ou rien^ on n'emploie pas lequel, mais qui, que (ce qui, ce que) ou quoi après une préposition (ce à quoi, ce après quoi, etc.); toutefois, au lieu de ce de quoi, on dit ce dont.

Dont.

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