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Les verbes actifs employés comme réfléchis ont le pronom

(1) Ce sont là des synonymes qu'on regrette de ne pas trouver dans le grand ouvrage de Lafaye.

réfléchi pour complément réel de l'action, soit direct (accusatif), soit indirect (datif) : L'enfant se Jave, c'est-à-dire lare soi (accusatif); // se lave les mahis, c'est-à-dire lare les moins à soi (datif).

a) Quelques-uns de ces verbes expriment une action que le sujet, une personne et non pas une chose, dirige immédiatement sur lui-même, ou sur une partie de lui-même ; dans le premier cas, le pronom réfléchi est toujours complément direct : Il s'est blessé, l'enfant se lare^ elle s'était brûlée; dans le second cas. le pronom réfléchi peut aussi être complément direct: Il s'est blessé au bras; mais le plus souvent il est complément indirect et marque le datif de la personne, taudis que le second complément est direct et exprime l'accusatif de la chose : Il se (datif) lave les mains (accusatif), elle s'est hnVéles doigts, etc.

b) D'autres verbes expriment une action transitive qui ne se réfléchit pas sur le sujet, mais passe à un autre objet qui marque l'accusatif de la chose, tandis que le pronom réfléchi exprime toujours le datif de la personne : Vous vous (datif) imac/inez cela (accusatif). Je me {d-àûîjleÇàCC.) rapjyelle. Ils'esf acquis une grande fortune. Je m'étais figuré qu\\ me rendrait service. Elle s'est- mis dans la tête ^wf; vous le détestiez. Il s'est procuré de l'argent. Ne te dissimule pas tes défauts. Ces verbes ont la tendance à devenir iutransitifs ; ainsi beaucoup de personnes disent: Je ni en rappelle^ comme je m'en souviens, et jusqu'à l'édition de 1885 T Académie a écrit : Ils s'étaient persuadés qu'on n'oserait les contredire, eu traitant le participe comme si le verbe était réfléchi intransitif.

Le verbe s'arroger, quoiqu'il ne se conjugue que dans la forme réfléchie, appartient à cette catégorie ; il a gardé sa valeur transitive avec le pronom réfléchi au datif: Ils se so7it arrogé ce privilège.

Quelquefois le même verbe a le pronom réfléchi à Taccusatif ou au datif, selon qu'il a le sens réfléchi (intransitif) ou qu"il a gardé sa signification transitive : Plusieurs personnes se sont proposées pour cet emploi. Ils se sont proposé un plus noble but. — Cette idée se représente sans cesse à mon esprit. Représentez-vous une riche campagne. — Il se refuse à l'évidence. Il se refuse le nécessaire. — Cette image ne peut se retracer. Je m'en retrace parfaitement bien l'image. — Cela se dit. Je me le dis souvent.

6. Un certain nombre de verbes neidres peuvent aussi s'employer comme verbes réfléchis impropres pour exprimer que le sujet (une personne) réagit sur lui-même ; le pronom réfléchi est toujoiu's au datif: lisse sont nui par leur mauvaise conduite. Il se rit de vos vains projets. Il faut savoir se suffire à soi-même. Les événements s'étaient succédé avec rapidité (Ac). Je me parle à moi-même (Mol.).

Il y a cependant des verbes intransitifs employés comme réfléchis dont le pronom n'est que le complément apparent de l'action et qui sont ainsi devenus des verbes essentiellement réfléchis ; ce sont :

a) Les verbes composés au moyen de la particule en signifiant de cela : s'enfuir^ .s'ensuivre, ^''etiroler., s'en aller, s'en retourner: lis se sont enfuis.

b) Les trois verbes se douter , sécJiapper, se prévaloir^ qui, dans la forme réfléchie, prennent un sens différent de celui qu'ils ont à l'actif: Ils s'en sont doutés. (Ils doutent de tout). Il en devrait être de même du verbe se rire, qui signifie se moqiier; mais l'usage considère ce verbe comme ayant se pour complément indirect, et l'on n'admet pas de différence entre se plaire signifiant plaire à soi: L'orgueil se plaît et s'admire, Q,t se plaire dans le sens de prendre plaisir : Ils se sont plu à me persécuter.

Souvent des intransitifs ou des transitifs employés avec une valeur intransitive s'adjoignent arbitiairernent un pronom personnel qui renvoie au sujet. Ce pronom se met alors au tlatif. Les verbes qui expriment un mouvement corporel ou un état de repos favorisent surtout cette construction, qui était beaucoup plus fréquente dans l'ancienne lani,'ue que dans la langue actuelle, par ex. : Quand les Tetnpliers virent ce, il se pensèrent que il .'seraient honniz se il lessoient le conte dWrtois aler devant euh (.Toinville).

On dit encore ne mourir, mais seulement au présent et à l'imparfait de l'indicatit: Il fie meurt. Il se 7nourait{Xc.). Madame se meurt. Madame est morte (Boss.). C'est un reste d'une construction très fréquente dans l'ancienne langue. A l'inverse un certain nombre de lélléchis peuvoid, sans porter atteinte à leur signification, se passer du pronom: Ih couchèrent ensemble. Cette colonne semble incliner à gauche. Les orges lèvent plus vite que les froments. Cette construction est suitout fréquente à l'intiuitif avec les verbes faire et laisser : .Je le ferai repentir de sa conduite, au lieu de : Je le ferai se repentir. On a fait évader le prisonnier. Laissez écouler la foule. Faites taire ce bavard. Cette nouvelle a fait évanouir toutes nos espérances (Xc). Mais on dira : Laissez la foule s'écouler, parce que les deux verbes sont séparés par la foule.

7. Les verbes actifs ou neutres employés comme réflécliis expriment souvent, au pluriel comme au singulier, une action réciproque on mutuelle de plusieurs sujets les uns sur les autres: Ces enfants se Ixdtent toujours. Deux pigeons s^dmaient d'amour tendre (La F. IX, 2). Cet homme se bat bien. Je me suis rencontré avec lui. Il se querelle contre son voisin. Ils se sont convenu. Ils se so?d parlé. Qui se ressemble s'assemhle.

Quelquefois, pour éviter toute confusion du sens réciproque avec le sens réfléchi, on compose le verbe avec entre ou l'on se sert de l'expression pronominale Pun Vautre: Les méchants s'entre-déchirent. Ils se sont jjroinis fidélité l'un à l'autre. Ils se sont nui les uns aux autres. Distinguez: Ils se sont plaints les uns des autres, sens réfléchi, et : 7/.^^ se sont plaints les uns les autres, sens réciproque.

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