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ACTIF ET PASSIF

tué aujourd'hiii (Sév.). Ce bienfait ne fut pas perdu (La F. II, 9).

Dans ce dernier cas, si l'on se représente l'action comme étant le fait d'une ou de plusieurs personnes, on se sert de la forme active avec le pronom indéfini on : On concha le blessé sur un matelas. On fond les métaux avec de la houille. On n'éclaire pas les esprits à la lueur des bûchers.

Le verbe passif étant intransitif, on l'emploie à la place du verbe réfléchi lorsque celui-ci manque : Je fus bien surpris de sa réponse (Ac).

2. Les verbes transitifs appartiennent tous à la voix active, dont les temps composés sont toujours formés au moj^en de l'auxiliaire avoir, qui est le verbe essentiellement et exclusivement actif.

3. Les verbes intransitifs appartiennent aussi à la voix active ; mais quelques-uns ont pour auxiliaire le verbe être, qui, en français, caractérise la voix passive; tels sont: aller., patiir, sortir, naitre, mourir, etc. (§ 102). Ces verbes expriment aux temps simples une action du sujet ; mais, aux temps composés, l'action accomplie devient un état, de là l'emploi de T auxiliaire être.

4. Un certain nombre de verbes intransitifs ou neutres prennent tantôt l'auxiliaire avoir et tantôt l'auxiliaire être, selon les cas :

a) Les uns prennent avoir ou être, selon que l'on a en \iie l'action ou l'état; c'est le cas en particulier pour les verbes accourir, apparaître, croitre, décroître, déborder, déchoir, demeurer, descendre, monter, p)asser. Ainsi on dira : la rivière a cril,, pour marquer l'action faite par le sujet, et la rivière est crue, pour indiquer l'état qui est résulté de cette action. De même : Les eaux ont bien décru, sont bien décrues. La rivière a débordé deux fois cette année; la rivière est débordée. Il a. passé par Lyon; l'hiver est bientôt passé.

b) D'autres verbes transitifs, comme convenir, échapper, changent d'auxiliaire eu changeant d'acception : Cette faute w'a échappé (la faute d'un autre: sens ohi^tiiî); cette faute m' est échappée{m\e faute que j'ai faite moi-même : sens subjectif). Cette maison nous a convenu beaucoup, et nous sommes convenus du prix avec le propriétaire.

c) Enfin certains verbes intransitifs, comme apprendre, cesser, cJmnger, désespérer, échouer, sonner, qui se conjuguent 'àYec avoir, sortir, qui se conjugue avec être, et les verbes susmentionnés descendre, monter, passer, qui emploient les deux auxiliaires, deviennent transitifs quand ils prennent un sens factitif (§ 23)^.

et alors les uns comme les autres exigent, à Tinstar de tous les autres verbes transitifs, l'auxiliaire aroir: Il m'a. apprk Valleniand. Elle a cessé ses plaintes. On a changé les tempdes en églises. Vous avez désespéré cet homme. Il a échoué notre barque par malice. Il a sonné les clocJtes. On /'a sorti d''une fâcheuse affaire. On a descendu plusieurs passagers dans cette "de. Il a monté du foin au grenier. Le batelier m'' B. passé.

Il est à remarquer que quelques Acerbes intransitifs, qui forment leurs temps composés avec avoir., ont un participe qui s'emploie adjectivement avec être., par ex. : Cette race a bien dégénéré, est bien dégénérée. Il a expiré datis mes bras • la trêve est expirée. Il a bien vieilli depuis deux ans; Je le trouve bien vieilli (Ac). Il en est ainsi des verbes changer, cesser et autres qui s'emploient aussi dans le sens factitif : Elle a changé, elle est bien changée. La fièvre a cessé, elleest cessée. Il di monté quatre fois à sa chambre pendant la journée; il est monté dans sachambre et il y est resté (Ac), etc.

Au lieu de aller, dans les temps composés, on emploie quelquefois le verbe être, mais avec cette différence que dans : J'en été à Rome, par exemple, /a/ été fait entendre qu'on y est allé et qu'on en est revenu, et que dans : // est allé à Rome, le verbe il est allé marque simplement le voj^age sans indiquer le retour (Ac). C'est abusivement qu'on emploie être pour ctller dans d'autres circonstances, cependant, dans l'usage vulgaire, on se sert souvent de je fus etfai été au sens d'aller avec un infinitif suivant; et on en trouve des exemples dans d'excellents auteurs et dans de très anciens textes (Littré) : A peine a,i-je été les voir trois ou quatre fois depuis que nous sommes à Paris (Mol.). Je fus retrouver mon janséniste (Pasc). Elle mt au-devant cl elle les bras ouverts (Sév.). Mais on ne doit pas dire : Il a été coucher ou se coucher ; il faut dire: Il est allé se coucher, quçiud on parle de se mettre au lit. et : Il est allé coucher dans la rue, c'est-à-dii'e il est allé passer la nuit dans la rue.

Article IL — Eéfiéchi.

§ 194 1. Les verbes réiléchis forment en quelque sorte une voix moyenne dans laquelle le sujet est à la fois actif et passif; c'est pourquoi ils se conjuguent dans les temps simples comme les verbes actifs, tandis que, dans les temps composés, ils prennent l'auxiliaire être, comme les verbes passifs. (^)

On distingue deux espèces de verbes réfléchis : les verbes réfléchis propres ou verbes réfléchis intransitifs, et les verbes

(1) L'espagnol conjugue avec avoir tous les verbes réfltjehis.

§ 19i RÉFLÉCHI 459

réfléchis impropres, ou verbes actifs et neutres employés comme réfléchis.

2. Les verbes réfléchis intransitifs sont des verbes actifs qui, en prenant la forme réfléchie, perdent leur sig-nification transitive et expriment, comme les verbes passifs, une idée purement întransitive, le pronom réfléchi n'étant pas réellement l'objet de l'action. Ainsi, dans ces phrases : // s'est évanoui, le ciel s'obscurcit, le pronom se. quoiqu'on le (considère comme complément direct, n'est que l'objet apparent du verbe, qui est devenu intransitif.

Les verbes réfléchis intransitifs se divisent en verbes essentiellement et verbes accidentellement réfléchis.

3. Les verbes essentiellement réfléchis sont des verbes originellemeut transitifs qui ne s'emploient plus que dans la forme réfléchie, comme s évanouir, s emparer, se moquer, se repentir, oio,. Ces verbes n'ont pas dans le pronom se un véritable complément direct, mais, comme d'autres verbes iutransitifs. ils peuvent prendre un complément indirect, le plus souvent amené par de: V ennemi s'empara de la ville. Il se repent rft' 8« faute.

Un certain nombre de verbes transitifs prennent dans la forme réflécliie un sens différent de celui qu'ils ont à l'actif, comme s'apercevoir, s'attacher, s attaquer, s'attendre, s'aviser, se louer (se féliciter), se plaindre, se servir, se taire, etc. : Je m'aperçois de mon erreur. {J'aperçois un voyageur). Je m.'attends à un grand malheur. (J'attends un ami). Il se tait. (Il sait taire un secret). Ou doit considérer ces verbes comme essentiellement réfléchis.

Il y a des exemples de verbes essentiellement rétléchis employés sans le pronom pour exprimer l'idée causative : Je viens réfugier mes dieux pénates sur cette île déserte (Yen.). Ceux qui réfugiaient un esclave pour le sauver étaient punis (Mont.).

Emparer, évanouir, etc. ont été à l'origine verbes transitifs : Donnons licence de fortifier et emparer le dit bourg. Celuy an emparèrent les Anglais (Al. Chartier).

4. Les verbes accidentellement réfléchis sont des verbes transitifs qui peuvent s'employer dans la forme transitive : Il ne peut me tromper, comme dans la forme réfléchie : Il se trompe. Ces verbes deviennent intransitifs en prenant la forme réfléchie, et ils expriment une action purement intellectuelle ou un sentiment, comme sennmjer, se fâclter, se troubler, se tromper, ou le passage d'un état à un autre, comme s'abrutir, s'endormir, s'ébouler, s'obscurcir, se répandre, se rouiller, s user, etc. En ce cas, le sens réfléchi touche de très près au sens passif: Je me fâche, et : Je suis fâché; Je m'étonne, et : Je suis étonné.

Il y a cependant une différence entre : Le ciel se couvre f/e nuages, et : Le ciel est couvert de nuages. Le bruit se répand tlans la ville, et : Le bruit est répandu dans la ville. Dans le premier cas, le verbe marque réellement l'action et le sujet est représenté comme actif; dans le second, le verbe n'exprime que l'état et le sujet est représenté comme passif. Mais très souvent, à la S*" personne du singulier ou du pluriel, on peut remplacer le passif, non seulement, comme on l'a vu plus baut,. par l'actif avec le pronom on, mais encore par le réfléchi, ce qui n'a lieu en général que lorsque l'être passif (le sujet ) est une chose et que l'être actif n'est pas exprimé, comme dans s''acheter, se vendre, s\ii)prendre, s'oublier, etc. : Ce mot ne s'emploie guère (= n'est guère employé). Les blés se sèment en hiver. La dé s'est retrouvée. La joie ne peut se dissimuler. Cet air se chante beaucoup. Ce qui s'apprend dés le berceau ne s'oublie jatuais (WaiHj^. Le verbe réfléchi peut aussi s'employer au lieu du passif, quoique le sujet soit un nom de personne : Le brave ne se connaît quW la guerre, le sage dans la colère et l'ami dans le besoin. Suzanne s'est trouvée innocente. Quelquefois, pour exprimer l'idée passive, le verbe transitif prend à la fois la forme réfléchie et la forme impersonnelle : Il s'est répandu une nourelle. Il faut remarquer en outre que les verbes réfléchis qui marquent le passage d'un état à un autre sont pour la plupart des verbes composés à signification causative et qu'ils correspondent quelquefois à des verbes inchoatifs simples, de telle sorte que l'idée inchoative peut s'exprimer avec une nuance par les deux verbes, par ex. faiblir et s'affaiblir, grandir et s'agrandir, etc. (^)

Les verbes accidentellement réfléchis, exprimant une action qui ne sort pas du sujet, n'ont pas de complément réel, ni direct, ni indirect, mais ils peuvent être déterminés par un circonstanciel : // s^ennuie partout. Le fer se rouille à Voir humide. Tout s'use en ce inonde. Le ciel se couvre de nuages. La terre se meut autour du soleil. Les blés se sèment en hiver. Votre jardin s'est loué fort cher. Cette langue se parle aisément.

Ce n'est pas en tant que verbes neutres, c'est comme verbes factitifs que dévier, pâmer, panaclier, percher, deviennent réfléchis : Il n'en peut plus, il se pâme (Ac). La dame, après s'être pâmée, cdla se consoler avec u)i pjetit-maître du pays (VoM.). Pour peu qu'Aristote connût Voutarde, il ne pouvait ignorer qu'elle ne se ^evdhçi point (Buff.).

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