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DE LA COMBINAISON DES SOXS

Chaque son est désigné dans ce tableau par la lettre qui lui est propre ; toutefois le son z se rend le plus souvent par .s, et devant e, i, les lettres c et g prennent, la première le son du .s-, et la seconde le son du/ ; place^ gilet. La spirante gutturale faible ou / consonne peut se rendre non seulement par y, mais aussi par ? : jja/'g». La lettre x ne figure pas dans le tableau, parce qu'elle représente en général un son double (es ou gz) : luxe, exact.

Quoique l'élément maféiiel (la voix) domine d'une manière absolue dans les voyelles, l'action des organes articulateurs n'est toutefois pas entièrement étrangère à la formation de ces sons. La facilité avec laquelle i se consonnifie en j (y) et u en v (w) prouve que i est principalement formé par ra(;tion du palais, et u—oa par celle des lèvres (')• On peut donc appeler i voyelle palatale et ou voyelle labiale; le a, selon Pott, est guttural et proche parent de h (-). Quant aux voyelles dérivées, e est une palatale, comme i; o une labiale, comme a>< ; enfin eu et u sont aussi des labiales ou des labio-dentales.

De la combestaison des sons.

1. Il n'y a, dans la langue, que les éléments opposés ou tout au moins hétérogènes qui puissent se combiner d'une manière organique.

D'après ce principe, les sons de même ordre tout comme les sons de même degré ne peuvent pas facilement se fusionner. Les combinaisons de sons liquides, tels que rw, ni^ ri, Im, ne se présentent qu'à la fin des mots, et seulement dans certaines langues. Il n'y a que les voyelles qui puissent facilement se réunir (diphtongues), parce que ce sont les sons les moins individualisés ; toutefois, dans la combinaison des voyelles, on retrouve aussi l'application du principe d'après lequel deux sons ne peuvent se fondre en une unité phonétique que quand l'un est moins individualisé que l'autre.

Les sons se combinent, au contraire, d'autant plus facilement et plus complètement qu'ils sont plus hétérogènes. C'est ainsi que toute voyelle peut se réunir à une consonne; et la consonne pour se laire entendre demande en général le con-

(1) C'est pour cotte raison sans doute (jue la voyelle et la si3irantL' avaient le même sifîne en latin, puisque la distinction graphicpie entre i etj, u et v, ne dale que du XV* siècle. Ce fut un grammairien nommé Meifiret, Ri-aud amateur de réformes, qui distingua par un signe difl'érent le i coufionanw do i voyelle. Le même Meigret fut le premier qui pla'i'a im accent aigu sur le in'i'tfindu R fermé; on lui doit encore l'invention de la cédille. Un autre grammaiiien du XVI* siècle, nommé Ramtis (La Ramée), différencia le u voyelle du v C(jnsonne ; toutefois le signe w existait déjà dans l'ancien français, mais v avait la valeur de u voyelle et ne se trouvait qu'au commencement des mots : Suur vn choHal coraunt {Lai du Corn, v. 37).

(2) Pott, Forftcli. II, 2."?.

:\-2 i)K LA co,^[BI^■AIso^■ des so.v.s ex français § IC.

cours d'une voyelle. Les liquides et les muettes peuvent se combiner assez facilement, mais seulement de la manière suivante : au commencement d'une syllabe, la nuiette peut être suivie d'une liquide, comme dans hras, et à la fin d'une syllabe la liquide peut être suivie d'une muette, comme dans ^)ort.

Toutefois la facilité de la combinaison ne dépend pas seulement de riiétérogénéité des sons, mais en même temps de leur nature et particulièrement de leur fornu^ plus ou moins individualisée. Ainsi, dans tous les degrés d'articulation, les dentales ou linguales peuvent plus facilement se combiner avec d'autres sons que les gutturales ou les labiales, parce que celles-ci sont 1)eaucoup plus individualisées que les premières. C'est pourquoi la dentale muette se joint à la gutturale et à la labiale dans les combinaisons allemandes M, dit, p, ft, et que la spirante linguale (s) se joint non seulement à toutes les liquides, mais encore à toutes les muettes (^).

2. En français, les combinai^ons de sons sont beaucoup plus simples qu'en latin ou eu allemand. La comparaison des dialectes populaires actuels conduit à poser les deux règles suivantes :

<i) Deux voyelles ne peuvent pas se faire entendre de suite, à moins qu'elles ne forment une diphtongue. Les exceptions sont nombreuses, mais elles sont souvent plus apparentes que réelles, ainsi p-/er se prononce avec un y placé entre les deux voyelles / et e : pri-yer.

b) Deux consonnes -ne peuvent pas se faire entendre de suite, à moins qu'elles ne forment une combinaison d'après les règles suivantes :

1" Une syllabe ne peut pas commencer avec deux consonnes, à moins que la première ne soit une muette et la seconde r ou /, car alors la muette et la liquide ne forment qu'un seul et même son (§ 1 i) ; r/ros, écrire, dresser, tresser, ébranler, esprit, fracas, glace, chtssc, hlanc, jilan, flotte. On do'it toutefois remarquer que l ne peut pas s'unii* aux linguales t et d; r, au contraire, se joint, non seulement à toutes les muettes, mais encore aux spirantes f et v : front, vrai, pauvre, avril.

2" Une syllabe ne peut finir que par un son essentiellement liquide, c'est-à-dire ])ar une voyelle, comme dans vérité, ou par /• ou .s- (§ 14), mais, dans ce dernier cas, la sjdlabe suivante doit nécessairement commencer par une consonne, sans quoi le /• ou le s deviendrait le son initial de cette S3dlabe, par ex. poui' r, qui peut être suivi de toute autre consonne r cer-cle,

(-1) r,r. Rocli.'i-, Aiisf. (IPiit^clir Girimnifilik, § TO.

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