DATIF
nous luit tous les jours (La F.). Comment résister à tant d'armées? (Yen.). Je pense ^ dit le prince, que Je coudrais lui ressembler (Volt.). Cerbère aboie aussi aux morts (Chat.). Le datif peut être une chose personnifiée : Heureux celui qui ne survit pas à sa jeunesse, à ses illusions (Vig-nj ).
h) Verbes transitifs avec le datif de la personne qu'accompagne ordinairement l'accusatif de la chose : L'enfant offrit une rose à sa mère. Les fourbes se font tort (Ac). On lui trouva un ciliée sur le corps (Rac). L'adulateur prête aux grands les vertus qui leur manquent (Mass.).
3. Lorsque le verbe ftire, accompagné d'un régime de la personne, est suivi de l'infinitif d'un verbe iutransitif ou même d'un verbe transitif qui n'a pas un complément distinct, ou met le régime de la personne à l'accusatif: On fit sortir sa fille. On Va fait emmener. On Va fait renoncer à son projet. Les verbes laisser, voir, entendre, ouïr, se construisent de même : Je le laisse venir. Je Vai ru mourir. JeVentends cJuniter. Mais quand faire est suivi de l'infinitif d'un verbe transitif qui gouverne un régime, même sous la forme d'une proposition, on met au datif le régime de la personne, qui est en même temps le sujet logique de l'infinitif, comme dans ces exemples : Jai fait copier cette fable à mes élèves. On lui a fait emmener sa fille. Lui avez-vous fait observer que je n'y consentais pas (Ac). On emploie cette construction même lorsque l'infinitif est suivi d'un autre cas que l'accusatif: Ces chants firent changer dévisage à Atala (Chat.). De là une équivoque si le verbe qui suit faire peut lui-même régir la préposition à, par exemple: Je lui ferai faire un habit. Ainsi cette phrase : J'ai fait lire votre lettre à mon père, ou : Je lui ai fait lire votre lettre, veut-elle dire que j'ai fait en sorte que mon père lût votre lettre, ou qu'un autre la lût à mon père. Le sens ne peut être déterminé que par les mots qui précèdent ou qui suivent.
Avec les verbes laisser, voir, entendre, ouïr, l'usage est partagé, et l'on peut dire également bien: J'en vu Jouer ce rôle à un grand acteur ou Je lui ai vu Jouer ce rôle, et : J'ai vu un grand acteur Jouer ce rôle ou Je Vai vu Jouer ce rôle. Je lui laissai sans fruit consumer sa tendresse (Rac). Cest une affaire que Je leur ai laissé démêler ensemble (J.-J.R.). Va, laisse à ma douleur achever son ouvrage (Ducis). H fallait, comme moi, Va voir entendu déclamer Mahomet (Volt.). Je les ai laissés tuer mes pigeons (Grirault-Dii vivier). On fentend parler tout seul et on le voit faire des gestes qui font peur (G. Sand). Mais, pour éviter une équivoque, ou dira avec le datif ou l'accusatif, selon le sens : J'ai vu donner l'aumône à cet enfant ou Je
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lui (à ru. doyiner l'aumône, et : J'ai ru cet enfant donner Taumône owje Val vu donner l'aumône (^). Mais la coustruction avec le datif est de rigueur, dans Tun et l'autre sens, quand les deux régimes se suivent immédiatement ou que l'accusatif de la personne suit l'infinitif dont il ne dépend pas : Je le lui ai ouï dire. Voici une Jiistoire que j'ai ouï conter au roi même (Rac). Mais vous, monsieur, qui connaissiez la faute, pourquoi la lui aroir Ja/ss(' faire''- (J.-J. R.). J'ai ouï dire à feu ma sœur que sa fille et moi naquîmes la même année (Mont.).
4. Dans le langage familier on emploie souvent un datif superflu pour le sens, mais qui indique que celui qui parle ou son interlocuteur s'intéresse à Faction dont il s'agit. La grammaire latine appelle ce datif datif éthique.
Afin qu'il fût plus frais et de meilleur débit.
On lui lia les pieds, on vous le suspendit (\.a F. III, 1).
5. Le datif, comme complément attributif d'un substantif est d'un emploi plus restreint que le génitif: il exprima surtout la qualité ou l'espèce : un homme à prétentions, un moulin à vent; — le but. la destination: une salle à manger; — la possession, et alors il s'emploie pour le génitif possessif : la barque à Caron.
D. Génitif.
1. Le français désigne le génitif au moyeu de la préposition de, à laquelle il en a délégué toutes les fonctions, soit qu'il se rapporte au rerbe, soit qu'il dépende d'un suhstantif.
C'est précisément parce que la préposition, sans égard à sa valeur spéciale, a pris dans toute son étendue le rôle de la flexion effacée qu'il peut être question d'un génitif, c'est-à-dire d'une expression absolue du génitif. Il est probable qu'on a commencé par appliquer la périphrase à la représentation de ce cas lorsqu'il a une valeur partitive ou possessive, et, pour cette périphrase, la préposition de, qui exprime un rapport qui part d'un objet, était indiquée {^). Il est néanmoins incontestable qu'on a gardé un sentiment phis vif pour la signification du datif que pour celle du génitif, car aucune forme organique du génitif ne s'est ni développée ni maintenue dans la déclinaison du pronom personnel ; en effet le représentant du pronom Inde (français en) contient lui-même la préposition de, c'est pour cela
(1) Le double accusatif se pi'ésente encore lorsque l'un d'eux est le régime d'un verbe réfléchi: Lni.sser-le s'égarer dans la vague hauteur de ses conceptions (Sodiev).
(2) On trouve déjà da dans la cantilène d'Eulalie : In figure de colomb volât a ciel.
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qu'il se prête à désigner des rapports purement prépositionnels, et leur, véritable génitif, a été assigné à l'expression du datif (§ 87). Mais on doit reconnaître que le génitif français dépendant d'un nom possède plus de la nature de ce cas dans sa forme organique que le génitif dépendant d'un verbe ; tandis que celui-ci ne peut pas se passer de la préposition, l'ancienne langue pouvait unir le génitif au nom qui le régit sans l'aide def^e, sous la forme générale du cas oblique (v. n" 5). Pour Vablaf/f la langue française n'a créé aucune expression absolue et elle exprime les significations de ce cas d'après son sentiment propre au moyen de diverses prépositions. Cependant de prédomine : cette préposition remplace généralement l'ablatif de l'instrument (florihus ornare) et celui de la détermination précise (manu promptus) ; peut-être dans quelques cas l'emploi peu approprié de cette préposition (user (h = lat. ufi) reposet-il sur un échange inconscient de l'ablatif contre le génitif, car les deux cas ont déjà bien des points de contact en latin (^).
2. Le génitif dépendant du rerbe, étant toujours précédé de la préposition de, ne se distingue pas du rapport adverbial de lieu, de temps, de manière, de cause, etc., marqué par de^ et la sjmtaxe française n'a pas à s'en occuper d'une manière spéciale. Comparez: Il se repent de sa faute. Souvenez-vous de vos promesses, et: Il arrive de Londres. Il n'a jxis reposé de toute la nuit. Il est respecté de tous (Ac), etc.
Le latin ne fait que rarement usage du génitif dépendant de verbes. Parmi les verbes français dont le régime est désigné par de, quelques-uns sont des verbes réfléchis, comme se souvenir de, se repentir de, qui semblent procéder de la construction primitive avec le génitif. Dans d'autres, comme dépendre de, orner de, le complément du verbe répond à l'ablatif, cas qui exprime en latin un rapport de séparation et d'éloignement. Enfin la préposition de remplace non seulement l'ablatif et le génitif latin, mais aussi les prépositions latines de, ex, et en partie ah. Mais, quelle que soit l'origine du régime désigné par de, la syntaxe française le traite toujours de même, c'est-àdire comme un régime prépositionnel. Il en est de même quand le mot dont dépend de est un adjectif, comme coupable ou innocent d^un crime, capable de tout, pauvre d'' esprit, vide de raison, etc.
3. Le véritable génitif français est celui qui dépend d'un substantif. C'est le génitif attributif, qui est le complément d'un nom qu'il détermine comme attribut : La bonté de Dieu est infinie. A cette espèce appartient aussi le génitif avec le pronom
(1) Diez, III, 126.
OU le nom de nombre : quoi de plus heau^ que de misères^ rien de bon, beaucoup de gens, trop de vin, bien du monde, assez d'argent, p)lus d'amis, la pÀupart des hommes, etc.
Qui de nous des clartés de la voûte azurée Boit jouir le dernier? (La F. XI, 8.)
4. Le g-énitif attributif est un produit de la proposition, et, selon qu'il est formé du prédicat, du sujet ou de l'objet, il s'appelle :
a) Génitif prédicatif : une maison de bois (la maison est de bois) ;
b) Génitif subjectif : la force du lion (le lion est fort), le son de la cloche (lu cloche sonne) ;
c) Géuitif objectif: Vamour de la patrie (aimer la patrie), la sortie de prison (sortir de p-ison).
Le sens de la phrase peut seul indiquer, dans certains cas, si le génitif est subjectif ou objectif; ainsi Vamour des enfants peut signifier Vamour que les enfants ont pour leurs parents, ou bien Vamour GiWQ, les parents ont pour leui^s enfants; les enfants peuvent être ceux qui aiment ou ceux qui sont aimés.