‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 36 sur 427 · I. Permutation des lettres · texte numérisé non relu

I. Permutation des lettres

1. On entend \yàv pennutatioti le changement d'un son en un autre son. Les sons de la langue sont en effet plus ou moins rariables, c'est-à-dire qu'ils peuvent plus ou moins se transformer en d'autres sons ; c'est pourquoi le même mot peut se trouver dans plusieurs idiomes sous des formes diverses. Mais cette transformation des sons n'est point irrégulière ; elle a lieu au contraire d'après des lois fixes, qui peuvent se résumer comme suit :

a) Les voyelles, étant les sons les moins articulés, sont en général plus variables que les consonnes.

b) Les parties essentielles du mot étant la syllabe tonique et la lettre initiale, la voyelle accentuée résiste mieux que la voyelle atone, et la consonne est moins variable au commencement qu'au milieu ou à la fin du mot (§ 20).

c) Les sons analogues peuvent seuls se permuter entre eux. L'application de cette loi dépend de la nature des lettres.

1° Les voijelles se permutent en descendant l'échelle vocale (§ 10) ou en se diphtonguant avec les voyelles inférieures i et M comme jjrépositives : febrem fièvre, focum fuo* feu (^). La dij)htoriyaison n'a pas lieu avec les voyelles en position (^).

2" Pour les consonnes on peut poser les deux règles suivantes :

au) La permutation des muettes et des spirantes n'a lieu qu'entre les sons de même ordre; ainsi une labiale reste labiale et ne peut pas devenir linguale ou gutturale ; mais, dans les langues romanes, et en particulier dans le français, la perniu-

(1) Nous distinguons par l'astérisque, non seulement les iriot.s de l'ancienne langue, mais encore les formes du latin populaire et parfois des types latins purement hypothétiques.

(2) La diphtongaison ne doit être confondue ni avec la périphonie (Umlaut) ni avec l'apophonie (Ablaut) de la grammaire allemande. V. Diez, Gr. I, 179.

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