DE LA PROPOSITIOX PRINCIPALE
b) Par l'emploi de V infinitifs du participe ou du gérondifs qui peut se ramener facilement à l'emploi de la conjonction ou du pronom relatif : Il me défend \ de partir (= // défend que je parte). Combien voit-on dliommes \ vivant (= qui vivent) au jour le jour!
Les conjonctions de subordination^ à l'exception de qua)id, si, comme, sont toutes formées de la particule ,que jointe à une préposition, à un adverbe ou à un substantif. Cette particule que vient du pronom interrogatif latin quid, qui est d'abord devenu un pronom relatif neutre et a fini par être une conjonction dépourvue de toute signiflcatiou sensible et servant de simple co2)ule à la proposition subordonnée (§ 139). Ce sens originel de que comme pronom relatif se montre encore quand la proposition introduite par que exprime le sujet de la principale et a pour corrélatif démonstratif le pronom // ou ce placé en tête de la phrase : Il est jjossible qvCd vienne. C'est dommage qu'il parte. Il en est de même dans les propositions substantives après de ou à: Il se plaint de ce qu'on le calomtiie, et dans les propositions adverbiales amenées par q^orce que et jnsqu'à ce que; on trouve même, mais rarement, jjar cela que. Il faut remarquer en outre que l'ellipse du pronom relatif n'est pas possible, tandis que l'on peut, dans certains cas, supprimer la conjonction que : Je l' avoue, j'ai eu tort {= J'avoue que j\ii eu tort). Et j'en mourrai, je pense (Regnard).
• 2. Chaque phrase de subordination renferme une proposition qmncipcde et une ou plusieurs propositions accessoires, qui se rapportent soit au verbe, soit à un substantif de la principale.
A. De la proposition principale.
1 . La proposition principcde est celle qui ne dépend d'aucune autre proposition. Son verbe peut être aux trois modes, indicatif, impératif ti subjonctif: Je le vevTSÀ. avant qu'il parte. Aimez qui vous aime. Dieu veuille cquil guérisse.
2. On supprime quelquefois la proposition principale, mais seulement quand on peut la sous-entendre facilement ; la plu'ase de subordination s'appelle alors phrase eZ/^jj^/^i/e.- Quand je pense quil était mon ami! S'il voulait encore me laisser paître! (La F.). Moi, seigneur, moi., que j'eusse une âme si traîtresse! (Corn.). Et quand je qoense que j'ai été plusieurs fois demander des messes à ce magicien d' Urbcdn (Vigny). Ali! si chacun penscdt comme moi sur son compte! (V. Hugo).
Mais si mon cœur encor revoulait sa prison;
Si, tout fâché qu'il est, il demandait pardon . . . (Mol.).
Quelquefois la proposition principale n'est représentée que par un adjectif ou un adverbe prédicatif : Heureux si je puis vous servir. A peine si je le connais. Heureusement qu'il n'a rien vu (Ac).
3. La proposition principale peut être intercalée, sous forme de 2)cfrenf)ièse, dans la proposition subordonnée, qui se présente alors comme proposition principale: Vous ferez bien, je crois, de ne plus fréquenter cet homme-là.
B. De la proposition subordonnée.
1. La proposition accessoire, appelée plus souvent subordonnée, est celle qui dépend d'une autre proposition, dont elle exprime l'un des membres autre que le prédicat et à laquelle elle est liée soit par une conjonction ou un pronom relatif, soit même par un jyronom interrogatif (§ 273).
Quand on envisage la proposition subordonnée uniquement au point de vue de sa relation grammaticale à la principale, ou l'appelle conjonctive, relative ou inferror/ative, selon qu'elle est liée à la principale par une conjonction ou par un pronom relatif ou interrogatif.
2. La proposition accessoire ne peut se rapporter qu'à un verbe ou à un substantif.
La proposition accessoire a toujours la valeur d'un adjectif, quand elle se rapporte à un substantif: L" élève qui étudie bien (= studieux) fera des progrès, et d'un substantif, quand elle se rapporte au verbe : Celui qui a inventé cette machine (= Uinventeur de cette machine) est un Imhile homme. Dans ce dernier cas. la proposition accessoire équivaut à un nom abstrait d'action, si elle est conjonctive : Je désire qu'on l'admette (= son admission). Il faut travailler pendant qu'on est jeune (= pendant sa jeunesse), et à un nom concret de personne ou de chose, si elle est relative : celui qui défend = le défenseur, celui qui garde = le gardien, celui qui protège = le protecteur, ce qui me plaît = la chose qui me plaît, etc.
Mais toute proposition accessoire ne peut pas se traduii"e par un substantif ou un adjectif coiTespondant. parce que, dans aucune langue, il n'existe assez de mots pour exprimer toutes les idées substautives ou adjectives. par ex. celui qui écoute, qui discute, qui médite, qui récolte, qui vient, etc. C'est surtout le cas lorsque l'idée est négative, par ex, : Qui ne dit mot consent. Quelquefois il y a un nom pour la personne: celui qui console = le consolateur, mais non pas pour la chose : ce qui console.
3. La proposition accessoire s'appelle substanfke ou adjedive, selon qu'elle a la valeur d'un substantif ou d'un adjectif. Mais la proposition substautive. aj-ant la valeur d'un substantif, peut, comme ce dernier, exprimer un circonstanciel et remplacer un complément adverbial ; on la considère alors comme une espèce à part, à laquelle on donne le nom de proposition adverbiale: Depuis qu'il est guéri {= depuis sa guérison), il a repris toute sa gaîté.
Il y a donc trois sortes de propositions accessoires : la proposition substantive, la proposition adjecfive et la proposition adverbiale.
4. On appelle proposition substantive celle qui a la valeur d'un substantif, et qui en remplit la fonction comme sujet ou comme complément du verbe de la principale, La proposition substantive est dite concrète ou abstraite, selon qu'elle désigne une personne ou une chose réelle, ou qu'elle équivaut à un nom abstrait d'action : Celui qui a inventé cette machine était un simple ouvrier. Dieu veuille qu'il guérisse.
La proposition substantive répond à la question qui est-ce qui'? (qui) ou qu est-ce qui? quand elle est le sujet, et à la question qui? ou quoi? quand «lie est le complément du verbe de la principale : Qui ou qui est-ce qui était un simple ouvrier? — Celui qui a inventé ou Vinventeur de cette mac/nne, sujet. — Je désire quoi? — Qu'il guérisse = sa guérison, complément direct de désire. "
5. On appelle proposition adjective celle qui a la valeur d'un ftdjectif., et qui en remplit la fonction comme attribut d'un substantif: L'enfant qui ment mérite d'être j^uni.
La proposition adjective s'appelle déterminative ou explicative, selon qu'elle restreint ou non la signitication du substantif auquel elle se rapporte (§ 163) : L'élève qui étudie fera des progrès. Le temps, que l'on perd ne se rétro ure pas. — Cet élève, qui étudie bien, fera des progrès. Le temps, qui fuit sur nos plaisirs, semble s arrêter sur nos peines.
La proposition adjective répond à la question quel? Quel entant mérite d'être puni? — L'entant qui ment = l'enfant menteur ; qui ment, attribut qui détermine le substantif enfant.
6. On appelle proposition adverbiale celle qui a la valeur d'un substantif faisant fonction d'adverbe et exprimant un circonstanciel: Je le verrai avant qu'il parte.
La proposition adverbiale porte ditférents noms selon l'espèce de circonstanciel qu'elle exprime ; on distingue ainsi :
a) La proposition adverbiale de lieu ; Où la guêpe a passé, le moucheron demeure (La F, II, 16).
b) La proposition adverbiale de temps : Quand la défiance arrive, ramifié disparaît.
Ayeu, Grammaire comparée. ' 38
c) La proposition adverbiale de muse (proposition causale: Peu de chose nous console, parce que peu de chose nous afflige (Pasc).
d) La proposition adverbiale de but (proposition fimde : Pour qu'on vous obéisse, obéissez aux lois (Volt.).
e) La proposition conditionnelle, qui exprime soit la condition ou la supposition : Semez, si VOUS voulez récolter. Si Rome n'avait pas été corrompue, les barbares ne l'auraient pas subjuguée, soit la restriction : Le clicd ressemble à un tigre, sauf qu'il est plus petit.
/') La proposition concessive, qui exprime la concession, c'està-dire une circonstance que l'on admet, que Ton concède, tout en niant la conséquence que l'on pourrait en tirer: Quoique l'autruche ait des ailes, elle ne peut pas voler.
g) La proposition consécutive, qui exprime la manière ou l'intensité de Faction par VeffH ou le résultat qu'elle produit : Parlez toujours de façon que l'on vous comprenne. Ce lièvre est si craintif qu'il s'enfuit au moindre bruit.
h) La proposition fo//^^x//7/^/r(', qui exprime la manière ou l'intensité de Taction par sa comparaison avec l'action d'un autre sujet ou avec une autre action du même sujet : ./^ /V//;»e autant que vous le haïssez. Comme on fait son lit on se couda'.
Selon qu'elle exprime le lieu, le temps, la cause, le but, la manière ou Tintensité, la proposition adverbiale répond'aux questions où.quand, pourquoi, dans quel but, comment, à quel degré, etc. Quand le verrai-je? — Avant qu'il parte = avant son départ, circonstanciel de temps du verbe voir.