‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 398 sur 427 · PROPOSITION ADVERBIALE DE CAUSE · texte numérisé non relu

PROPOSITION ADVERBIALE DE CAUSE

1) On exprime quelquefois la cause par les locutions sous prétexte que, sous ombre que: Il s'est retiré sous prétexte qu'il sou/frait (Poitevin). Sous ombre que vous écrivez comme un petit Cicéron, vous croyez qu'il est permis de vous moquer des gens (Sév.). La ()remière de ces locutions s'abrège par linfinitif : Sous prétexte d'exercer la charité, ils renversent toutes les règles de la justice (Fléch.). Il y a en outre les locutions à force de, faute de, qui se construisent avec rinlinitif: A force de vouloir nie plaire, elles me dégoûtaient (Fén.). Faute d'y recourir, on viole leurs lois (La F. XI, 7).

2) De même que l'expression relative de ce que a donné la conjonction de ce que ou que (§ 288), de même par ce que est devenu parce que : On juge d'un arbre par ce qu'il produit. J'abattrai cet arbre parce qu'il ne produit rien. A côté de parce que, l'ancienne langue avait pource que, et ces deux expressions n'étaient pas synonymes, par indiquant naturellement le moyen et subséquemmentla cause, et pour le but: Cet ouvrage a été fait par moi, mais non pour moi. Mais la conjonction pource que, déjà vieillie au XV1I« siècle, est tombée en désuétude; on la remplace par parce que, ce qui donne un faux sens dans certaines circonstances. « Si je demande: Pourquoi vendez-vous vos rentes? et qu'on réponde : Parce que j'ai besoin de réaliser, on me répond par la cause, lorsque je demande le but qu'on se propose; c'est que pourr/uoi signifie en même temps par quoi et pourquoi. De mèma parce que signifie parce que ei pource que: Pourquoi achetez-vous une maison? on répond: Parce que je veux V habiter ; le sens est pource que, comme on le voit si l'on répond par linfinitifseul : pour l'habiter, et non pas par l'habiter » (Littré). — Par cela que construit avec seul : Par cela seul qu'il le dit, je ne le crois pas.

3) Car et parce que. Car marque la coordination, et parce que la subordination ; l'un et l'autre expriment une idée de cause, mais le premier se rapporte à celui qui parle, et le second à l'action, quel qu'en soit l'agent: Il doit être malade, car il ne sort plus. Il ne sort pas, parce qu'il est malade.

h) Parla conjonction simple que:

1° Après une proposition principale interrogative : Qu'avezvous donc, dif-il., que roiis ne mangez imnt? (Boil.). Vous êtes donc brouillé avec lui, que vous ne lui parlez pas ? Comment voudriez-vous qu'' ils traînassent un carrosse, q}!" ils ne peuvent pas se traîner eux-mêmes ? (Mol.). On est donc bien méfiant dans ce pays, qu'ow n'ouvre pas la porte à son prochain (G. Sànd).

2" Après cV autant plus ou sim])\emeïit cVcnitatit : Je le plains d'autant plus que Mithridate l'aime (Rac). A votre ptlace je n'irais point là. d'autant que rien ne vous y oblige (Ac).

3° Après c'est employé pour mettre la cause en relief (§ 282) : aj affirmativement, avec Y indicatif : Si je vous Ta ffirme., c'est (parce) que je le sais. Pourquoi les riches sont-ils si durs envers les pauvres? — Cest qu'ils ne craignent pas de le devenir (LaBr.); b) négativement, avec le subjonctif : Si je vous fais cette observation, ce n'est pas que /'aie Vintention de vous offenser. Ce 7i'est pas que Colbert ait négligé entièrement cette partie (Thomas).

On se sert aussi, dans ce dernier cas, de l'expression non que ou non pas que: Je désapprouve votre projet, non pas que Je veuille ni'y opposer.

§ 305 PEOPOSITION FINALE 651

c) Par la conjonction comparative comme : Comme il ne se fiait à personne, personne ne se fiait à lui (Fén.). Comme ses raisons paraissaient bonnes, on s''y rendit (Ac). Comme peut avoir pour corrélatif dans la principale le mot aussi : Comme il est inconstant dans ses projets, aussi voit-on qu'il réussit rarem,ent en quelque chose (Ac). (^)

3. La proposition adverbiale amenée \i-àY parce que peut s'abréger au moyen de V infinitif passé, précédé de 2^our, surtout quand le verbe est à un temps composé ou parfait : Il est puni pour avoir manqué (=: parce qu'il a manqué) à ses devoirs. On ne montrepas sa grandeur pour être en une extrémité, mais bien en touchant les deux bouts à la fois et remplissant tout rentre-deux (Pasc). On se convient -pour nejias se ressembler (FonteneWe,). Et pour «^ avoir ni nom ni rang dans la patrie, en est-on moins soumis à ses lois? (J.-J. E.). On échoue quelqîcefois dans une affaire pour avoir pris troj) de précautions. Quel effort de courage le Sénat même n\(dmira-t-il pas dans le consul Varron pour avoir pu survivre à sa défaite! (J.-J. R,).

Page 1