trop . . .pour que, avec le subjonctif
2. Quand la proposition consécutive exprime la manière, elle est amenée non seulement par la particule que., mais encore par la conjonction composée sans que.
a) La particule que se combine avec les substantifs manière, façon et sarte, d'où les conjonctions composées de manière que, de façon que, de sorte que, qui peuvent avoir pour corrélatif le démonstratif tel, de telle sorte que, à un tel point que. etc. Après ces locutions, on emploie Yiïidkatif. lorsque la conséquence doit être présentée comme un fait positif, et le suhjondif, lorsqu'il s'agit d'une chose voulue et conséquemmeiit possible ; dans ce dernier cas, la volonté ou la nécessité est indiquée dans la principale soit par l'impératif, soit par le futur ou par un verbe auxiliaire de nécessité ; en d'autres termes, on emploie l'indicatif ou le subjonctif, selon que le résultat est obtenu ou est à obtenir: Use conduisit de manière qu'on ^reut rien à lui dire. Il faut toujours se conduire de manière que Von w'ait aucun reproche à se faire (Ac). — Peut-être le sourerain fahricatcur de tant de mondes a ura-t-H arrangé les cJtoses de façon que les grands forfaits commis dans un globe sont expiés quelquefois dans ce globe même (Volt,). Il faut vivre de façon c\\\!on ne fassa tort à personne (i^c). — M s'est compromis de telle sorte qu'on aura bien de la peine à le tirer d'embarras. Faites en sorte qu'/7 soit content (Ac). — P est affligé à un tel point qu'// en perd la raison.
On abrège cette espèce de proposition au moyen de V infinitif précédé des locutions prépositives de manière à, de façon à, en sorte de, ou de la simple préposition à; Il parla de manière à convaincre les juges de son innocence. Conduisez-vous de façon
à voiii^ faire a/)nc)'. Fais en sorte de /e distraire. Elle chante à ravir.
La proposition consécutive de manière peut être amenée par la conjonction que sans corrélatif: On le régala^ (de manière) que rien n'y ntancpiait (Ac). Je suis dans mie colère, que Je ?ie me sens pas (Mol.).
Les locutions (/e manière que, de sorte que, etc., expriment quelquefois la conséquence sans rapport à la manière ; elles ont alors la valeur de conjonctions conclusives (§ 272) : La nuit vint, de façon que (= ainsi) y> fus contraint de me retirer (Ac). L'expi-essiou sihicn que s'emploie de la même manière: La nuit nous surprit, si bien qu'// fallut nous arrêter en route.
h) On considère comme conjonction de manière la locution sans que. qui s'emploie sans corrélatif et exprime Vexclusion, c'est-à-dire nie l'eifet de l'action marquée par le verbe de la principale ; c'est ce sens néj^atif de sans que qui explique l'emploi du subjonctif dans la subordonnée : On lui déroba sa montre sans qu'il s'en aperçût. Deviez-vous agir sans qu'oui vous /'eût ordonné ? Sourent leur repas se passait sans qu'/As se dissent un mot (Bern.). Si la principale est négative, la subordonnée prend un sens positif, parce que la double négation vaut ici une affirmation (§ 288) : Je hq puis parler sans qu'// m'interrompe (Ac).
On abrège cette proposition au moyen de Tintinitif précédé de sans: Je Vai offensé sans le savoir. Il ne saurait disputer sans se mettre oi colère (Ac). Que ne Vétnondait-on sans prendre /(/ cognée? (La F. X, 2).
Après une principale négative, la conjonction adverbiale sans que e.^t le plus souvent remplacée par la conjonction simple que, qui est alors toujours suivie de ne : Je ne puis parler (sans) qu'// ne m'interronipe. Jamais on ne le jmnit qu'?7 ne Vait mérité. Il ne s'est pas écoulé un jour que /p n'aie fait des vœux
2)0ur /^^^(Muss.).
.le ne dis rien que je n'appuie De quelque exemple (La F. III, 7).
1) De manière que exprime Vefj'et d'une action; sans que nie cet effet; en ce sens, sans que peut être considéré comme une locution consécutive : Il parle de manière à se faire comprendre. Il parle sans se faire comprendre. Mais, à un autre point de vue, -sa/is, qui dit le contraiie d'arec (§ 244) : Il partit avec son ami. Il partit sans son ami, s'oppose au géiondif, en niant la simultanéité simple ou modale de deux actions (J^ 3lM)): On apprend en étudiant. Il répondit en iiésitant. — Il apprend sans étudier. Il répondit sans hésiter.
2) Après sans que, quekfues écrivains mettent ne: Mais ces cris de toute une armée ne peuvent pas se représenter sans que l'on n'en soit ému (Sév.). Mais il vaut mieux omettre la particule ne. — Sans est négatif par lui-même ; mais il peut être suivi Aepas ou point, qui renforce la négation; la phrase sui vante est donc correcte: César avait de grandes qualités, sans pas un défaut
(Mont.)- — Sans que avec l'indicatif a signifié sans cette raison, sans ce fait n'était que: Sans que mon bon génie au-devant m'a poussé, Déjà tout mon bonheur eût été renversé (Mo\.).
3. Quand la proposition consécutive exprime Vintensifé, elle a son verbe à Vind/catif^ et elle est amenée non seulement par la particule qiie^ mais encore par la conjonction finale pour que.
a) La particule que^ qui a pour corrélatif dans la principale : 1" Un adverbe d'intensité, comme s/, tant., tellement: Il est si sage qu'o/? le cite jxmr modèle. Cet homme a si mauvaise langue qu'il nV/ ixts d'amis. Mon cœur s'est épuisé de si honne heure, qu'// vieillit aixint le temps (J.-J. R.)- Tant fut plaidé. qu'?7.s se T\xuièven\ de part et d'autre {Ko..). J'ai tant /W/Y, que nos gens sont enfin dans la plaine (La F. VII, 9).
2° Le pronom tel ou l'adverbe tant, employé comme nom de nombre exprimant la quantité : Ils font un tel brîiif ou tant de bruit, qu'o?/ tie s'entend jja s. Sa mémoire est telle, qu'il n'oublie Jamais rien (Ac). L'âme possédée de l'amour de Dieu c.sf tellement éprise qu'elle le préfère à soi-même (Boss.).
Après une négation ou une interrogation on emploie le subjonctif, avec ou sans ne, selon que la proposition consécutive a le sens affirmatif ou négatif: Il n'est pas si sage qu'il n'ait besoin de conseils (il en a besoin). Son livre n'est pas si rare ni si gros qu'on ne puisse le lire tout entier (Pasc). — Il n'est pas si sage qu'on le cite pour modèle (on ne le cite pas pour tel). Aucun peuple n'est si vertueux qn'il puisse se passer de lois.
h) La locution pour que employée pour exprimer l'intensité a en g'énéral pour corrélatif dans la principale l'un des adverbes d'intensité trop, assez. Le verbe se met au subjonctif: C'est une raison de plus pour que je désire lui parler. Il fait trop mauvais temps pour que J^- sorte. Je lui ai parlé assez laïut pour qu'/? m'entendît.
On abrèg'e au moyen de l'infinitif précédé de pour : Il a trop peu d'expérience pour être capable de se conduire lui-même. Il est trop vieux pour pouvoir travailler. Quel courage il a dû montrer pour vaincre tctnt d'obstacles.
Le récit précédent suffit Pour montrer que le peuple est juge récusable (La F. VIII, '26).
Suffi assez serait un pléonasme.
1) On peut considérer comme une proposition consécutive abrégée la proposition inlinitive amenée par jusqu'à et au point de : La servitude avilit les homme?, jusqu'à s'en faire aimer. Le genre humain s'égara jusqu'à adorer ses vices et ses passions (Ross.). Il est malheureux au point de n'avoir pas de quoi manger (Ac).
2) La proposition consécutive d'intensité prend souvent la forme d'une principale; mais, dans ce cas, elle précède la proposition principale proprement dite, qui commence par les adverbes d'intensité tant ou tellement : Il est toujours en course, tant il aime à voyager, c'est-à-dire: Il aime tant à voyager qu'il est toujours en course.
H. Proposition comparative.
1. La proposition comparative exprime la manière ou l'intensité de l'action par sa comparaison avec l'action d'un autre sujet ou avec une autre action du même sujet.
Cette proposition, qui a toujours son verbe à Vindicatif, est amenée par les conjonctions comme ou c^ue. Il y a souvent contraction au moyen de l'ellipse du verbe.
La proposition comparative a les formes suivantes :
A. Comme: 1. Comparaison simple: comme, de même que. etc. .