Comparaison hypothétique : comme, comme si
B. Que: I. Egahté : a) tel. .. que, le même . . . que, autant {tant) . . . que,
SI . .. que, aussi . . . que , ainsi que, de même que. 2. Inégalité : b) plus . . . que, m,oins . . . que, autre . . . que.
C. Proposition comparative comme principale: ainsi ... ainsi, tel... tel, plus . . .plus, etc.
Le verbe de la proposition comparative est toujours à Vinclicafif, parce qu'il exprime un fait réel ou supposé tel, qui est dans un rapport de simultanéité avec le fait marqué par la principale.
La comparaison peut présenter quatre cas, selon qu'il y a : \° deux sujets et deux prédicats différents : // est aussi riche que son frère est paurre ; 2° deux sujets différents et le même prédicat: Il est plus riche que son frère ; 3° le même sujet et deux prédicats différents: Il est aussi riche que généreux; 4° le même sujet et le même prédicat : Il est plus riche aujourd'hui qu'il ne Pétait autrefois.
Dans la proposition comparative, la langue confond quelquefois les deux rai^ports de manière et d'intensité ; ainsi comme, qui marque en général la manière, peut aussi exprimer l'intensité (§ 248) : // travaille comme un artiste. Il travaille comme un nègre. En revanche la locution tel . . .que exprime en géuéi^al la manière plutôt que l'intensité: // est tel que son ^(?re (manière). Son mérite est tel qu'// réussira partout {mitw^ité).
2. La conjonction comme exprime la manière par la ressemblance ou similitude de deux actions. Elle a souvent pour corrélatif dans la principale l'adverbe '//>/.?/, quelquefois aussi: La chose s'est passée (comment '?) comme je /'ai dit. Comme le soleil chasse les ténèbres.^ ainsi la science chasse l'erreur (Ac). Comme on fait son lit, on se couche (Prov.). Cela va comme il j)l(ût à Dieu. Comme la trop grande autorité empoisonne les rois, le luxe empoisonne toute une nation (Fén,). Comme // est inconstant dans ses projets, aussi voit-on qu'il réussit rarement.
Il y a souvent contraction: Nos jour s passent cojnuie (pas-
sent) des ombres fnfjitive^s. Fuis comme la peste la molle oisiveté. On me servit comme un prince (Les.). Bien n'anime le soldat comme Vexemple des chefs (Ac). L'indiscret est comme ime lettre décachetée rjue tout le monde j^eut lire. Les hommes adroits et légers surnagent commie le liège à toutes les tempêtes. Vos avis sont reçus comme des oracles (Flécli.). Je suis fâché de voir recevoir de la sotie une personne comme vous (Mol.). Son chien dormait aussi, comme aussi sa musette (La F. III, 3).
Quand la proposition comparative exprime un fait supposé, on emiûoie le conditionnel, qui peut être sous-entendu: /^/«m^ traiter ses semblables comme on voudrait être traité. Il parle comme (il parlerait) s'il était le maître.
L'expression co/«me s/ renferme en réalité un double élément, savoir: la conjonction comme, qui demande wa. conditionnel sousentendu, et la conjonction si, qui amène V imparfait ou le plusque-parfait de Vindicatif ; à la place de cette dernière forme, on peut employer le plus-que-parfait du subjonctif: Il parle comm.e (il parlerait) s' /Y était le maître. Il faisait froid, comme si Von eût été en décembre. Et comm.e si ce n'était j^s assez de la guerre^ on eut encore le choléra.
Varagne(;l) cependant se campe en un lambris,
Comme si de ces lieux elle eût fait bail à vie (La F. III, 8).
Au lieu de comme si on peut dire simplement comme, et alors il y a double ellipse : // est comme mort, c'est-à-dire : Il est comme (il serait s'il était) mort. Ce fut comme un éclair. Le ciel en sa faveur ptroduit comme un miracle (Mol.), ^ous vivons comme étrangers sur la terre (Mass.).
Comme exprime aussi la simultanéité de deux actions, sa^is ou avec l'idée de causalité (§ 3u0): Comme il disait ces mois, on sort delà maison (La F. IV, 10). Comme il ne se fiait à personne, personne ne se fiait à lui (Fén.). Comme ses raisons paraissaient bonnes, on s'y rendit. Comme peut encoie avoir un sens copulatif {% 263) : La santé, comme la fortune, retirent leurs faveurs à ceux qui en abusent (St-Evremont) ; — ou adversatif : Il fuyait les discussions, comme il cherchait les batailles (Hugo); — ou causatif, quand on s'en sert pour citer une autorité ou un exemple: Nous sommes un mystère à nousmêmes, comme disait saint Augustin (Mass.). On préfère follement ce qui plaît à ce qui est utile, comme l'esprit au bon sens, les grâces à la vertu (Boiste).
3. La proposition comparative amenée par que peut exprimer un rapport d'égalité ou un rapport d'inégalité entre les deux actions.
a) Quand la proposition comparative marque le rapport d'égalité, la conjonction que a pour corrélatif les pronoms ou ad-
(1) Aujûui-d'hui araignée, qui signifiait autrefois la chose faite pavVamgne, c'est-àdire la toile d'araignée.
verbes tel, le même, autant (tant), aussi (si), ainsi, de même. Si la principale est négative, on remplace souvent tant par autant et si par aussi. La contraction est fréquente.
1° Tel. . .que marque la comparaison au point de vue de la qualité : Il est tel qu'oui me Va dépeint. Le berger ne savait jxis qu'il fût tel qu'/7 paraissait aux autres (Fén.). Lliomme craint de se voir tel qu'il est, parce qu'il n'est pas tel qu^7 devrait être (Fléch.).
Tel qu'aux déf<erls parfois brille un mirage. Aux cœurs vieillis s'ojfre un doux souvenir (Bér.).
On répète quelquefois tel dans la principale : Tel quV.^ le juge du p)euple, tels sont ses ministres (Saci).
1) On emploie tel de la même manière que comme pour citer un exemple : Depuis un certain nombre d'années, on emploie le fer à la confection de divers meubles, tels que lits, tables, chaises, etc.
2) Tel. . .que avec le subjonctif, dans le sens de quelpœ. . . que, est autorisé par l'usage des grands écrivains: Un auteur, tel qu'il soit, se regarde sans hésiter comme le juge de tout autre auteur (Vaviv.). Dans la phrase suivante telque est employé dans les deux sens, comparatif avec l'indicatif et concessif avec le subjonctif: Vous me dites que votre amitié, telle qu'elle est, subsistera toujours pour moi, tel que je sois (J.-J. R.).
2° Le même. . .que exprime V identité: Mon habit est du même drap que le vôtre. Les mines sont du même côté que le Vésuve (Staël).
11 y a quelquefois ellipse du corrélatif pronominal : Me vo y ait-il de Vœil qu'il me voit aujourd'hui? (Rac).
3" Autant et tant . . . que désignent la quantité et s'emploient devant les substantifs et les verbes: Il faut, autant qvion pjeut, obliger tout le monde (La F. II, 11). Il est riche autant que généreux. Rien ne persuade tant les gens que ce quils n'eutetulent pas. Rien n empêche tant d'être naturel que Venvie de le paraUre (La Rocli.). En sais-tu tant que moi? J'ai cent ruses au sac (La F. IX, 14).
En tant ijuc a souvent le sens de comme : En tant qu7iom»/it', il les plaint; mais, en tant que juge, il les condamne (\\c.). La loi, en général, est la raison humaine, en tant qu'elle gouverne totis les peuples (Tocqueville).
4** Aussi et si marquent le degré et se construisent surtout avec les adjectifs : Il est aussi riche que généreux. Il est aussi à plaindre que vous (Ac). L'activité est aussi nécessaire au bonheur que Tagitidion lui est contraire. On )i'est Jitmais si heureux ni si malheureux qu'on pense (La Eoch.).
Ce rapport se marque, dans la forme négative, par non plus que: Ma so'ur, non plus que moi, ne lit pas dans son âme (Corn.).
5° Ainsi et de même forment avec que les conjonctions composées ainsi que et de même que, qui ont le sens de comme. On répète souvent dans la principale les corrélatifs démonstratifs
de même^ ainsi : La chose s^est passée ainsi que je l'ai dit. De même que le feu éprouve /'o/-, de même Vadversité éprouve riiomme courageux.
Les vertus devraient être sœurs,
Ainsi que les vices sont frères (La F. VIII, 25).
Dieu dans nos déserts a semé la lumière,
Ainsi que dans nos champs il sème la poussière (L. Rac).
Il peut y avoir contraction : La prospérité éprouve les caractères^ de même que l'infortune. Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés (Rac). L'onde était transparente, ainsi q\x\iux ptlus beaux jours (La F. VII, 4).
Les propositions de cette espèce ont souvent un sens copulatif, de la même manière que celles qui sont amenées par comme : L'or, ainsi que les autres métaux, peuvent être volatilisés par une plus ou moins grande chaleur (Buif.).
Ainsi que se rapporte à la réalité ou à l'événernent ; de même que, au mode. Faire une chose ainsi qu'une autre, c'est la faire aussi; la faire de même qu'une autre, c'est la faire de la même manière : Les abeilles construisent des cellules ainsi qu'autrefois, et elles construisent aujourd'hui leurs cellules de même qu'autrefois. Comme est l'expression générale qu'on emploie continuellement sans qu'on ait égard aux deux points de vue qui séparent ainsi que et de mêmeque; mais de plus comme s'emploie seul quand il s'agit d'une comparaison qui tombe sur la qualité d'une personne ou d'une chose; c'est pourquoi on dit hardi comme un lion, et non pas hardi ainsi que ni de même qu'un liun.
4, Quand la proposition comparative marque le rapport à^inégalité, la conjonction que a pour corrélatifs les comparatifs jj/?<s (plutôt, davantage, meilleur, mieux), moins, ou les expressions autre, autrement, qui ont une valeur comparative. Le verbe est souvent sous-entendu, parce que la proposition subordonnée se contracte avec la principale. Mais lorsque le verbe est exprimé, il faut distinguer si la proposition principale est affirmative, négative ou interrogative.
a) Si la principale a le sens afflrmatif, le verbe de la subordonnée est précédé de la particule ne : Il est plus (moins) riche qu'il ne l'était. Le fourbe p)arle autrement qu'il ne pense.
L'emploi de ne s'explique après le comparatif de supériorité, parce qu'alors la proposition subordonnée a réellement un sens négatif : Il est plus riche qu'il ne l'était = // n'était pas aussi riche qu'il l'est inaintenant; mais ne se met aussi après wo//?s, bien que dans ce cas on ne puisse guère expliquer l'emploi de ne par le sens négatif: Il est moins riche qu'il ne l'était. Quelques-uns (par ex. Littré) considèrent ce ne comme purement explétif.
b) Si la principale est négative, on n'emploie ne que lorsque le sens de la subordonnée est réellement négatif, par ex. : L'exi-
stence de Se/pion ne .^era pas plus douteuse dans dix siècles qu'elle ne Pest a ujourd' hui {jy Alembevt). Je ne le connais pa.s jjIus que mus ne le connaissez (Ac), c'est-à-dire : Vous ne le connaissez pas, et moi je ne le connais pas j^lus que vous. Mais si la subordonnée a le sens affirmatif, on omet la particule ne : On ne saurait être plus reconnaissant que je le suis (D'Alembert.). Il n'est pas moins riche qu'il l'était. D'après cela, on doit dire, selon le sens : Il n'est pas ji?/s riche qu'il Vêtait (= Il était riche et il wg l'est 2)as plus qu'autrefois), et : Il n'est pas 2^ii<s riche qu'il ne Vêtait (= II] w' était ''|>«s riche autrefois et il ne l'est 2^«s davantage aujourd'liui).
c) Quand on se sert de l'interrogation pour mieux affirmer, on lui donne''la forme négative (§ 196), et dans ce cas l'on emploie toujours ne dans la subordonnée : N'est-il jJcis plus riche (= il estjplus riche) qu'il ne Vêtait ? N'ai-jepas fait {■= j'ai fait) 2)lus et bien plus que je ne devais ? (A. de Vignj"). Mais si l'interrogation est réelle, on lui donne la forme affirmative, elle est alors assimilée à la proposition négative, et Ton omet ne dans la subordonnée, à moins que celle-ci n'ait le sens négatif, comme il vient d'être dit: Est-il p)lus riche qu'il Vêtait? Quel mortel fut jamais plus heureux que vous Vêtes? (Volt.). — Est-il plus riche qu'il ne Vêtait ? L'existence de Scipion sera-t-elle plus douteuse dans dix siècles qu'elle ne Vest aujourd'hui ?
La proposition comparative exprimant le rapport d'inégalité présente les formes suivantes :
1** Plus. . .que; plus est souvent remplacé par un autre comparatif, plutôt, dava)ita(je. meilleur, mieux, etc. : La bêche des esclaves a fait plus de bien que Vêp)êe des conquérants n'a fait de mal (Beru.). On dompte la panthère plutôt (= plus tôt) qu'on ne V apprivoise (Butf.). On voit le passé meilleur qu'il n'a été, on trouve le présent pire qu'il n'est, on espèreVavenir plus heureux qu'il ne sera. Il écrit mieux qu'il ne parle.
La contraction est fréquente : Plus fait douceur que violence. Il était Tplus fou que les fous. On a souvent besoin (Vun plus 2)etit que soi (La F. II, 11). Il faut écouter plutôt la raison que la passion. Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée (Prov.). Ihi petit chez soi vaut mieux qu' u)i grand chez les autres. Il n'est meilleur ami ni parent que soi-même (La F. IV, 22). Il n'est pire eau que Veau qui dort.
i) Plus . . . que se construit quelquefois avec LVautant répété : D'autant plus qu'on est élevé en diquité, d'autant plus doit-on être modeste. D'autant plus que vous lui en direz, d'autant nioins il en fera. Cette locution a vieilli, et on la remplace aujourd'hui par la phrase proportionnelle ;j/ms. . .piits, moins... moins (v. ci-après) : Plus on est élevé en dignité, plus on doit être modeste. Plus vous lui en direz, moins il en fera. — D'autant plus s'emploie sans ré-
•§ 309 PEOPOSITION" COMPARATIVE 673
pétition pour relever l'importance d'un motif de penser ou d'agir : La vertu se fait d'autant plus révérer qu'elle se montre plus modeste. Lhomme est d'autant moins pauvre qu'ii désire moins (Boiste). L'orgueil a d'autant plus de hauteur qu'ii s'est élevé de plus bas. Enfin d'autant plus que ou d'autant que devient souvent conjonction composée avec le sens de puisque: Je ne sortirai pas, d'autant plus que je suis un peu indisposé. A votre place je n'irais point là, d'autant que rien ne vous y oblige.
2) Davantage a le sens de plus, mais il s'emploie toujours absolument, c'està-dire quand le second terme de la comparaison n'est pas exprimé (§ 248) : La ■science est estitnable, mais la vertu l'est bien davantage (Ac). Molière tne venge davantage des sottises d'autrui, La Fontaine me fait mieux songer <tux miennes (Chamfort). Au XVII" siècle, davantage se construisait correctement avec que : Je n'en veux pas davantage que cet aveu pour vous confondre (Pasc). Il n'ij a rien assurément qui chatouille davantage que les applaudissements (Mol.). Cette construction n'est plus usitée aujourd'hui.
2" Moins. . .que : Les lions sont maintenant beaucoup moins communs qu'«7.9 ne Vêtaient anciennement (Buff.), Thèbes n était pas moins peuplée quVZZe était vaste (Boss.). — La contraction n''est pas rare : Les vents me sont moins qu'à mus redoutables (La F. I, 22). La haine n'est pas moins volage que V amitié {Y mi- Tenargues).
3° Autre. . .que: On se voit d'un autre œil qyi'on ne voit son jyrochain (La F. I, 7). Il agit autrement qu'/7 ne parle (Ac). JSl'agissez pas autrement que vous parlez. — Autre. . .que peut se construire avec une proposition relative : C'est bien autre cliose que ce qu'on disait.
La conformité entre deux actions est marquée par comme, ainsi que : La chose se pass(t comme (ainsi que) je l'avais dit, et la non -conformité par autrement. . .que : La chose se passa autrement que Je ne l'avais dit.
1) La conjonction que peut aussi avoir pour corrélatif ailleurs : Le despotisme a régné ailleurs que dans l'empire romain (Guizot), ou bien différent, différemment, et alors la proposition subordonnée a la forme d'une proposition relative : Il a raconté l'affaire différemment de ce qu'elle s'est passée (Ac).
2) La proposition comparative prend aussi la forme relative quand elle se rapporte à un superlatif avec qu'il est possible ou une expression analogue: Je vous recommande de lui faire tout le meilleur accueil qu'il vous sera possible (Mol.). Le tout alla du mieux qu'iZ put (La F.). — Contraction : S'il est impossible que tous les hommes soient heureux, tâchons qu'il n'y en ait de malheureux que le moins possible (Boiste).
5. La proposition comparative peut encore être exprimée par les locutions conjonctives selon que, suivant que, à mesure que, à proportion que, qui expriment la conformité, la propoHion et ne î)ermettent pas la contraction : Selon que notre idée est plus ou moins obscure. L'expression la suit ou moins nette ou plus pure (BoiL). L'homme grandit ou rapetisse la suprême intelligence, suivant que la sienne a plus ou moins d'étendue. A mesure que TéUmaque parlait, sa voix devenait phis forte (Fén.). Le plaisir fuit, à proportion qu'on le cherche (M™® de Maintenon).
Ayer, Grammaire comparée. 43
Selon que les sciences sont cultivées ou négligées, elles rabaissent OH relèvent les nations (Kollin).
1) Selon peut se construire avec une proposition substantive relative:
Selon ce qu'il dira,
Chacun de nous décampera (F^a F. IV, 22).
2) Quand comme exprime la conformité, on le remplace par selon que : J'en userai avec lui, selon qxïil en usera avec moi CAc).
6. Pour exprimer la comparaison, surtout quand il s'agit de l'intensité, on se sert souvent de propositions principales coordonnées au moyen des mots ainsi, tel, autant, plus, moins répétés. En pareil cas, la première proposition est toujours subordonnée pour le sens, quoiqu'elle ait la forme d'une principale.
1° Ainsi. . .ainsi exprime la manihe : Ainsi dit, ainsi fait (La F.), c'est-à-dire : Il fut fait ainsi qu'il avait été dit.
2" Tel. . . tel exprime la qualité: Tel maître, tel valet (Le valet est tel qu'est le maUre). Tel fruit, tel arbre, pour bien faire (La F. IX, 4).
3" Autant. ..aidant exprime une intensité égale: Autant /a modestie plaît, autant Varrogance blesse et irrite. Tant vaut Vhomme, tant vaut la terre.
4** Plus . . .plus, moins . . . moins, indiquent que deux actions ou deux qualités augmentent ou diminuent dans la même proportion: Plus la haine est injuste, plus elle est cruelle. Plus on mérite de mépris, plus an a de penchayd à mépriser les autres. Plus on apprend, plus on veut apprendre. Plus // se tourmentait, plus Vautre tenait ferme (La F.). Plus ils sont, plus il coûte (Id. XI, 1). Plus l'obstacle était grand, plus fort fut le désir (ià.Wll, 16). — Moins on mérite un bien, moins on Vose espérer (Mol). Moins les nuits sont calmes et sereines, moins la. rosée est abondante.
Les deux propositions peuvent être liées par et : Plus on le connaît, et plus on Vaime. Plus le tour est bizarre, et plus elle est contente (LâF. IX, 10). Plus obscure est /a nuit, et -plnsF étoile y brille (Lam.). Moins on a de besoins, et moins on porte de chaînes. Moins on a de richesses, et moins on a de peine (Regn.).
Plus. . .plus est remplacé quelquefois ^-àv plus. . .mieux ou plus. . .meilleur : Plus on a souffert, mieux on sait consoler. Plus l'encre est noire, meilleure elle est.
5** Plus. . .moins, inoins. . .j^lus, marquent que l'une des deux actions augmente, tandis que l'autre diminue : Plus vous le presserez, moins il en fera. Plus le sens est précis, et moins il nous échappe (Lamotte). Plus le vase versait, moins il s'allait ridant (La F.). Moins nous désirons, plus nous possédons. Moins l'assemblée est grande, et plus on a d" oreilles (Pii'on).
§ 310 PHRASE SURCOMPOSÉE DE SUBORDIXATION 675