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L'emploi de ces signes dépend de la nature de la propo

(1) B. Julien, Cours sup. de Gr. I, 43.

sition, selon qu'elle est simple ou composé'e, principale ou accessoire, pleine ou abrégée par l'infinitif, le participe ou le gérondif. En principe :

a) La virgule est le seul signe de ponctuation qui soit employé pour séparer, quand il y a lieu, les parties de la proposition simple, comme dans l'inversion : En toute chose, il faut comidêrer lu fin. On s'en sert surtout pour séparer les termes similaires d'une proposition complexe :

La candeur, la docilité, la simplicità, sont les vertus de l'enfance. Elle n'entend ni pleurs, ni conseils, ni raison (Rac).

On met une virgule après le dernier des termes similaires qui forment le sujet d'une proposition complexe, quand l'énumération n'est pas censée complète ou fermée ; on omet la virgule dans le cas contraire, et spécialement lorsqu'il y a gradation ou que le dernier terme résume les autres :

La richesse, le phnsir, la santé deviennent des maux pour qui ne sait pas en user.

Une parole, un sourire gracieux, un seul regard suffit. Montagnes, précipices, rivières, tout est franchi (Chat.).

Lorsque Fénumération ne se compose que de deux tennes unis par et, ni, ou, etc., on supprime ordinairement la virgule, surtout si ces deux termes sont de peu d'étendue:

Le sage est ménager du temps et des paroles (La F. VIII. 261. Ni loups ni renards n'épiaient La douce et l'innocente proie (Id. VII, 1).

Le temps ou la mort sont nos remèdes (.I.-.I. R.).

h) he point-virgule est le signe de la coordination, tandis que la virgule est propre à la subordination des propositions :

La cause de la première guerre punique fut légère; mais cette guerre amena Régulus au.v portes de Carthage (Chut.).

Lorsque Rome a parlé, les rois n'ont plus d'amis (Voit.).

Toutefois, lorsque les propositions coordonnées sont de peu d'étendue, le point-virgule est généralement remplacé par la virgule :

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés (I.a F. VII, I).

On peut même supprimer la virgule, si les propositions coordonnées sont unies par et, ni, ou :

Prenez cet anneau et devenez mon époux (Chat.).

3. Quant à l'emploi en particulier de chacun des signes de ponctuation, voici les principales règles que l'usage a établies:

A. Le point, qui est le signe de ponctuation le plus fort, se met à la fin de la phrase pour iudi(iuer que le sens est tout à fait terminé.

B. La virgule, qui est le signe de ponctuation le plus faible, s'emploie :

a) Dans la proposition simple : 1" quand il y a répétition : Je le sais, moi, ou inversion, si l'inversion rompt la liaison des idées ; mais il n'y a guère que le circonstanciel dont l'inversion oblige de recourir à la virgule, parce qu'en général le circonstanciel n'est pas nécessaire pour que la proposition ait un sens complet (§ 162).

Dans la gueule, en travers, ou lui passe un bâton (La F. X, 3).

2'' Pour séparer les termes similaires d'une proposition complexe, surtout quand ils ne sont pas liés par des conjonctions :

La fraude, le parjure, les procès, les guerres ne font jamais entendre leur voix dans ce séjour chéri des dieux (Fén.).

b) Dans la phrase de coordination : 1" lorsqu'il y a contraction, pour séparer plusieurs verbes ayant le même sujet:

Jl prit, quitta, reprit la cuirasse et la haire (Volt.)- L'attelage suait, soufflait, était rendu (La F. VII. 9).

2** Pour remplacer un verbe sous-entendu, lorsque les propositions coordonnées sont séparées par un signe de ponctuation plus fort que la virgule :

On peut avoir trois principaux objets dans l'étude de la vérité: l'un, de la découvrir quand on la citerche; l'autre, de la démontrer quand on lapossède; le dernier, de la discerner d'avec le faux quand on l'examine (Pasc).

Mais on ne met rien quand ces propositions ne sont séparées que par une virgule, ou qu'elles ne le sont pas du tout :

Le vent était frais, la mer belle, la nutt sereine (Chat.).

c) Dans la phrase de subordination, pour séparer de la principale : l** la proposition adjective quand elle est explicative, dans la forme abrégée comme dans la forme complète (§ 295).

Chacun a son défaut, où toujours il revient (La F. III, 7). Un ami, don du ciel, est le vrai bien du sage (Volt.). La mort, qui n'épargne personne, est la véritable égalité.

2° La proposition adverbiale, surtout quand elle précède la principale ou qu'elle est intercalée dans cette dernière :

Quand un roi veut le crime, il est trop obéi (Rac. ). Plus le malheur est grand, plus il est grand de vivre (Corn.). Il était, quand je l'eus, de grosseur raisonnable (La F. VII, 10). Jamais, s'il me veut croire, il ne se fera peindre (Id. I, 7).

Mais très souvent la proposition adverbiale n'est point séparée de la principale par une virgule :

IJn auteur gâte tout quand il veut trop bien faire (La F. V, 1).

C. Les deux-points et le point-virgule, qui ont à peu près la même valeur, expriment des divisions intermédiaires plus faibles que le point, plus fortes que la virgule.

Le poiiit-virgule est d'un emploi plus général que les deuxpoints et a pour fonction propre de séparer les propositions coordonnées ; mais ces deux signes peuvent se trouver dans

la même phrase surcomposée (§311), et alors les deux-points ont une valeur plus forte que le point- virgule, de telle sorte que les divisions de la phrase sont indiquées d'une manière graduée par les deux-points, le point-virgule et la virgule.

Mais je vois que mes pleurs et mes vains discours Pour vous persuader sont un faible secours ; Votre austère vertu n'en peut être frappée: Hé bien! trouvez-moi donc quelque arme, quelque épée; Et qu'aux portes du temple, où l'ennemi m'attend, Abner puisse du moins mourir en combattant (Rac. l. Dans cette contrée devenue la proie du fer et de la flamme, les champs

incultes ont perdu la fécondité qu'ils devaient aux sueurs de l'homme: les

sources ont été ensevelies sous des éboulements ; la terre des montagnes.

n'étant plus soutenue par l'industrie du vigneron, a été entraînée au fond

des vallées; et les collines, jadis couvertes de sycomores, n'ont plus offert que

des sommets arides (Chat.).

Elle avait l'instinct du théâtre; mais en revanche l'instinct maternel lui

manquait : jamais elle ne s'occupait de ses enfants, les abandonnait à des

mains étrangères (A. Daudet).

Les deu.r-poinis s'emploient d'une manière spéciale avant une citation, avant ou après une énumération :

Tu t'ennuies de vivre, et tu dis: La vie est un mal. Tôt ou tard tu seras consolé, et tu diras : La vie est un bien (J.-J. R. ).

On demande quatre choses à une femme: que la vertu habite dans son cœur; que la modestie brille sur son front; que la douceur décorde de ses lèvres, et que le travail occupe ses mains (Bon.).

Tempérance, gaieté, travail : voilà les trois meilleurs médecins.

Travaillons à bien penser : voilà le principe de la morale.

4. Les signes de ponctuation peuvent se remplacer l'un l'autre. Ainsi :

a) La virgule remplit quelquefois la fonction du point-virgule dans la phrase de coordination, lorsque les propositions sont de peu d'étendue :

On se menace, on court, l'air gémit, le fer brille (Rac).

b) Le point-virgide remplace la virgule :

1" Quand la proposition participe est très éloignée du sujet de la principale auquel elle se rapporte grammaticalement:

J'oppose quelquefois par une double image Le vice à la vertu, la sottise au bon .-iens,

Les agneaux atix loups ravissants, La mouche à la fourmi ; faisant de cet ouvrage Une ample comédie à cent actes divers,

Et dont la scène est l'univers (La F. V, 1).

S"* Dans la phrase surcomposée quand il y a contraction, les propositions subordonnées ayant la même principale, qui n'est exprimée qu'une fois :

// faut se représenter que sous ses pas l'éléphant ébranle la terre; que de sa main il arrache les arbres; que d'un coup de son corps il fait brèche dans un mur (Bulï.).

c) Les deux-points se mettent souvent à la place du pointvirgule dans la phrase de coordination quand il y a simple juxtaposition, c'est-à-dire lorsque la conjonction n'est pas exprimée et que la seconde proposition développe, explique ou confirme l'idée contenue dans la première :

On n'a jamais pris longtemps Vombre pour le corps : il faut être si l'on veut paraître.

Les hommes sont comme les statues : il faut les voir à place. Vivre dans l'embarras, c'est vivre à la hâte: le repos allonge la vie. Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde : On a souvent besoin d'un plus petit que soi (La F. II, 11).

Celui dont la force passe les besoins, fût-il un insecte, un ver, est un être fort: celui dont les besoins passent la force, fût-il un éléphant, un lion, futil un conquérant, un héros, fût-il un dieu, c'est un être faible (J.-J. R.).

d) Enfin le point s'emploie au lieu du point-virgule pour séparer des propositions coordonnées, lorsqu'elles ont un sens indépendant l'une de l'autre.

D'argent, point de caché. Mais le père fut sage De leur montrer, avant sa mort.

Que le travail est un trésor (La F. V, 9).

5. h'alinéa, qui est marqué par la rentrée qu'on observe au commencement de la ligne, doit être considéré comme un signe de ponctuation. Il indique une séparation plus profonde que le point, et on l'emploie pour distinguer les difî'érents groupes d'idées dont se compose un article ou pour marquer la transition d'un sujet à un autre.

L'alinéa se termine en général par un point ; cependant il peut aussi être terminé par deux-points ou par point- virgule. On met deux-points avant une énumération dont chaque partie commence par un alinéa; on met alors un point-virgule à la fin de l'alinéa terminant chaque partie, à l'exception du dernier, après lequel on place un point (exemples au § 3).

Article III. — Signes subjectifs.

1. Ces signes sont : \e point d'interrogation (?), le point d'exclamation (!), la, parenthèse ( ) et ]es jioints sus2)ensifs (...).

2. Le 2^oint interrogatif se met à la fin de toute proposition qui exprime une question. Le jwint d'exclamation indique que la phrase est le produit d'un élan de l'âme. Ces deux signes peuvent d'ailleurs désigner les mêmes pauses que la virgule, le point-virgule, les deux-points et le point :

Ayer, Grammaire comparée. 44

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