SIGNES PUREMENT DISTINCTIFS
Que deviendrai-je? hélas! si vous m'abandonnez (Fén.). Oh ! oh ! dit-il, je me reproche Le samj de celte gent: voilà ses gardiens S'en repaissant enx et leurs chiens , Et moi, loup, j'en ferai scrupule? (La F. X, H). D'où venez-vous ainsi? Que nous direz-vous de bon? N'y a-t-il rien de nouveau? (La Rr.).
Malheureuse! quel nom est sorti de ta bouclie! (Rac.)-
La plupart des interjections demandent le point d'exclamation, à l'exception de ô, qui ne prend ce signe qu'après le substantif suivant : 0 temps! ô mœurs!
3. La parenthèse signifie que l'on jette dans la phrase un mot ou une pensée intermédiaire qui explique le reste, mais sans en altérer la construction. La parenthèse peut avoir sa ponctuation propre, mais elle n'a aucune influence sur celle de la phrase, et, si le mot qui la précède doit être suivi d'un signe de ponctuation, ce signe se place en général après et rarement avant la parenthèse fermée :
Ah! les rois, qui ^peuvent tout [je le vois, mais hélas! je le vois trop tard), sont livrés à toutes leurs passions (Fén.).
Un lièvre en son gîte songeait, {Car que faire en un gîte à moins que l'on ne songe?] Dans un profond ennui ce lièvre se plongeait : Cet animal est triste, et la crainte le ronge (La F. II, ii).
La parenthèse, quand la proposition est très courte ou d'un emploi fréquent, est ordinairement remplacée par deux virgules : Ce n'est pas là, croyez-m'en, le moyen de réussir; ou même par deux tirets : On croit — chose étonnante — que la vie est longue.
4. Les jjoints suspensifs servent à marquer une réticence ou une interruption dans le discours. Dans une citation, ils indiquent qu'on passe exprès quelques mots qui ne sont pas importants.
Je devrais, sur l'autel où ta main sacrifie.
Te.. .Mais du prix qu'on m'ojfre il faut me contenter (Rac).
Article IV. — Signes purement distinctifs. § 317
1. Ces signes sont: les guillemets (ce »"), le tiret ou trait de séparation (-), V accolade., V astérisque (*), le point abréviatif ou point d'abréviation et les lettres majuscides.
2. Les guillemets indiquent une citation. On les place au commencement de chaque ligne et à la fin de la dernière, ou au commencement et à la fin de la citation. Quand la citation
§ 3J7 SIGNES PUREMENT DISTINCTIFS fiOl
est courte, on l'écrit en italique, ou on la souligne dans l'écriture.
Faliéro, se proposant de faire couler le sang des tyrans, s'écrie: «... Dans son sang noyez la tyrannie. »
^ 3. Le tiret, qu'il ne faut pas confondre avec le trait d'union s'emploie ordinairement pour indiquer un changement d'interlocuteur.
Qu'est-ce là ? lui dit-il 9 — Rien. — Quoi! rien! — Peu de chose (La F 1, 5).
4. L'cwcolade est une sorte de trait en forme de crochet brisé à son milieu, qui sert, dans l'écriture et dans l'impression, à embrasser plusieurs objets, soit pour en former un tout soit pour montrer ce qu'ils ont de commun ou d'analogue entré eux.
L'accolade s'emploie souvent dans les comptes, dans la formation des tableaux, etc., et se place, suivant le besoin, horizontalement ou perpendiculairement (exemple au § 320).
5. L'astérisque ou étoile est un signe en forme d'étoile qui indique un renvoi, ou qu'on emploie pour quelque désignation convenue. Quand il n'y a qu'une ou deux notes dans la page l'astérisque entre parenthèses suffit. S'il y en a trois ou plus' il faut se servir de chiffres : (1), (2), (3), etc. On remplace ordinairement par des astérisques les syllabes d'un nom propre dont on ne met que la lettre initiale : M. A***. Souvent on met autant d'astérisques que le iiom propre comporte de lettres.
6. Le jJoint abréviatif se place après tout mot indiqué abréviativement par ses premières lettres, comme v. pour voyez c.-à-d. pour c'est-à-dire, M. pour monsieur. '
7. On appelle lettres majuscules, capitales ou gravides lettres certaines lettres plus grandes que les autres et qui ont une figure différente de celle des lettres que l'on appelle minuscîdes ou 2Jetltes lettres. On met une capitale au commencement de chaque vers, après un point, c'est-à-dire, au commencement d'une plirase, après les deux-points employés pour annoncer un discours, au commencement d'un nom propre, etc.
Le même mot peut s'écrire avec une petite ou une grande lettre, selon qu'on le considère comme un nom commun ou comme un nom propre, par ex. : ZTn bon père est une providence pour .ses enfants. i« Providence sait ce qu'il nous faut mieux que nous (La F.). — Homère était regardé comme le créateur du poème épique. Je vois iMrtout les marqties du Créateur (Pasc).