‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 46 sur 427 · HIATUS PRIMITIF DÀN.S LES MOTS SIMPLES · texte numérisé non relu

HIATUS PRIMITIF DÀN.S LES MOTS SIMPLES

a) Le a bref ou long- reste, ou plus g-énéralement s'affaiblit en e muet : canàb/scum chenevis, canâbâria cheiiÉ^vière, inàmicuni p. immicum ennemi, orfànmum orph^nin* orplieliu, f>rnàméntum ornement, imperàfôrem emperceur*, etc.

b) Les protoniques e, i, o, «, brèves ou longues, tombent : lihët'dre livrer, honîtàiem bonté, capitale cheptel, coUôcâre coucher, compiitàre conter et compter; — verëcimdia vergfog'ne, dormîférium, dortoir, consobrinum cosôbrmum cosin* cosrin* cousin, mafûfinum matin. Elles restent sous la forme d'un e muet quand elles sont protégées par un groupe de consonnes qui les précèdent ou les suivent : perêgrînum pelegrin pèlerin, quadrîfûrcmn carrefour, pefrôsilinum peresil* persil, pajnlîônem pav?llon; — mspïciônem sospeçon* soupçon, latrôclnium larrecin* larcin, catënionem chaegnon* cha/gnon* ch/gnon.

Voici la raison de ces lois. Quand le mut a deux svllaljes avant la tonique; boni-tàtem, cana-bària, conso-brinum, la première de ces deux syllabes a un accent secondaire : bôrii-, câna, cànao-, tandis que la seconde est atone. Celleci, par rapport à l'accent secondaire, se trouve dans une situation analogue a celle de l'atone finale par rapport à l'accent principal. De là l'identité des lois qui régissent la protonique immédiate et la posttonique fmale. De là encore dans les trissyllabes paroxytons, comme venire, sopôrem, etc., le maintien de l'atone initiale qui ne dépend pas d'une syllabe antérieure portant l'accent secondaire. De là aussi le maintien de la protonique en position, qui ne doit pas plus tomber que l'atone finale en position : dmant, amâvissent donnent aiment, aitnassent ; de même jm'enfijcéllum donnera jouvenceau.

Ces lois phonétiques sont contrariées par deux sortes d'actions analogiques, l'iniluence exercée par la lorme des mots simples sur celle des dérivés, l'inlluence exercée par la dérivation de la conjugaison la plus usuelle (en er) sur la dérivation des autres conjugaisons (').

IL Voyelles atones foemant hiatus.

a. Hiatus primUif dans /e,s mots simples (^).

L II faut distinguer si la première voyelle est tonique, comme dans déus, ou atone, comme dans ôleiim; la destruction de l'hiatus est beaucoup plus facile et s'opère bien plus fréquemment dans le second que dans le premier cas.

2, Quand la première voyelle est tonique, le français cherche par tous les moyens à détruire l'hiatus : a) par l'épenthèse

(1) M. tirachet avait établi en I8fKi les deux lois suivantes : 1° La protoni(|ue non initiale, non en position, tombe en français quand elle est brève ; 2'' elle se maintient (juand elle est longue. Cette théorie a fait son temps. V. la savante étude sur la protonique publiée par M. A. Darmsteter dans la Roynania, V. p. 140 et suiv. et dont nous donnons ici les conclusions.

(2) Cf. Diez. Gr.l, p. 161-165

Page 1