HIATUS PRIMITIF DANS LES MOTS SIMPLES § L
(Vune consonne, comme v après it : pluere pleuvoir; b) par l'élisiou de la seconde voyelle : nmrtis aies mardi, ou de la première : duos deux ; c) par le déplacement de l'accent^ qui est rejeté sur la seconde voyelle, de manière que les deux voyelles ne forment plus qu'une diphtongue : fiUolui< filleul, deiiH dieu (§ 24).
3. Qnand la première voyelle est atone, cette voyelle peut être /, e ou ?/; de là trois groupes de voyelles : ia^ io, lu- — m, eo^ eic^ — na, ne, ni, no, nn; mais les deux voyelles i, et e sont ici équivalentes, ou plus exactement e a la valeur de i; dès lors nous n'avons plus à examiner que deux groupes de voyelles composées, l'un avec i, l'autre avec u.
En latin, ces combinaisons de voyelles commençant par /, e ou u, étaient dissyllabes : di-ut-nus, debe-o, confi nu-us; elles sont devenues monosyllabes eu français, ainsi que dans les autres langues romanes. Cela s'est fait de trois manières différentes : par la consonnification, l'élision ou l'attraction de l'atone / (e) ou u.
4. Lorsque l'hiatus est formé par un u atone {na, ne, ui, uo, nu), il peut être détruit des trois manières indiquées; mais les exemples sont très rares. Consonnification de u en v : jannarins janvier, vidiia vidYa veve* veu«e, aqua aqya ère*. Elision de u : comiiere cosnere cosre* cosdre* coudre, febniarius février, vidmis vidus veuf. Attraction de u : vldiius v^àd* vide (^).
5. L'hiatus formé par un i atone est le plus fréquent et demande à être traité avec quelques détails. Le i atone se modifie le plus souvent en un i consonne, c'est-à-dire en un j ou y (le i/od) que nous appellerons, pour abréger, i palatal. La prononciation de ce i palatal dépend d'ailleurs de la nature de la consonne qui précède,
a) Après une liquide, ou distingue trois cas, selon que cette liquide est un l ou u, un m ou un r.
1° Le i palatal après L et N a la propriété de mouiller ces consonnes (§ 26).
Après L : batalia* batal]a batai/le, foWum feuille, spolio dépou?^/e, filia ûlle, palea jràdh'. Ainsi en français le,/(= lat. i ou e) se place devant / qui se redouble et prend le son mouillé, marqué ainsi par /// = //. Attraction de i : oleum Im/le.
(i) Vide et veuf ont la même origine : vidtius. Vide, v. fi-. et catalan vuid, wallon vud, romand vûdo, du 1. vidttnspar métathèse du premier w; vuidus; le verbe vider, y. (r, vuidier, romand vûdyir. catalan vuydar, est formé de viduare ; dévider, v. fr. desvuidier, romand deviUlyir, est im composé de vider. De viduus, vidud, dérivent veuf, veuve, par une formation différente : ainsi viduus est d'abord devenu vidus, puis veuf pai le changement de i en eu et de v en f, et vidva a donné vidva, puis vedve, veve (romand veva), enfin veuve.