‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 49 sur 427 · HISTOIRE DES CONSONNES LATINES · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES CONSONNES LATINES

Dès le XIV^ siècle, l'hiatus d'origine française tend à disparaître et la voj'elle atone du radical se laisse absorber par la voyelle tonique du suffixe, soit qu'il y ait fusion ou crase, les deux vo3^elles se fondant en un son nouveau : caténa cliaëne* chaîne, cathedra chaëre* chaire, magistrum maïstre* maître, regina reïne* reine, augârmm aiir* eiir* heur, medùlla mëolle* moelle; — soit que la première voyelle s'aifaiblisse en e muet et finisse par tomber entièrement : matûrus meiir* mûr, secûrus sëur* sûr, vitéllus veël veau* veau, sitélhis seël* seau* seau, rotiindusY^OMdi* YOMà^aetâtkum aage* eage* kge^ pedûcidus \)eoouil* pouil* pou, sagîmen saïn* sain (dans saindoux), setàcium* seas* sas, sati'dlus saoul* soûl, ixivôrem peeur* peur, henedicere beneir* bénir, prœcémiim preoue* prône, credûtus* creu* cru, cadére* chëoir* choir, vidére vëoir* voir ; — sedére seoir* seoir, habiitus* eu* eu, Johdyi nés Jelvàn* Jean, r/^<^^/sfws août, mots dans lesquels le e ou le a ne se prononce plus aujourd'hui.

Il y a quelques mots où, par un procédé inverse, la tonique o est absorl3ée par l'atone a : fatonem* flaon* flan, paoouem paon (auj. prononcé pan)^ fabawis taon (pron. to«), Laudunum Laon (pron. Lan).

Les cas d'hiatus conservés sont ceux où l'atone est on, u ou i : crudelis cruel, ligamot lien, f acacia fouace, et quelques mots où le e muet a été rendu sonore par le changement en é : fagellum fléau, pratellum préau, fidelis féal, sedentia séance, credentia créance, gigantem géant.

Article 111. — Histoire des consonnes latines.

Les consonnes peuvent être isolées ou consécutives, c'est-àdire réunies en groupes. Dans les consonnes dites consécutives, il faut compter non seulement ces combinaisons de deux ou plusieurs consonnes qui déjà existent en latin, mais encore celles qui sont nées en français de la chute des voyelles.

Outre cette distinction, la phonologie en observe une autre étymologiquement importante, celle qui concerne la place de la consonne dans le mut, suivant qu'elle est initiale, niédiale ou fincde. Est consonne finale la consonne qui reste à la fin du mot après la chute de la terminaison latine : inan-us, ainic-us, grond-is, nepoi-em (§ 22).

Ayer, Grammaire comparé-^

6fi CONSONNES SIMPLES OU ISOLÉES § 32

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