‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 55 sur 427 · CONSONNES MÉDIALES ET FINALES · texte numérisé non relu

CONSONNES MÉDIALES ET FINALES

diale, par ex. vita vie, unda une (§ 35), se maintiennent après une consonne, lors même que cette consonne est élidée ou vocalisée comme dans les exemples cités plus haut ; rupta rou^e, tep'dus tièr/e, foetus îsiit, sniaivgdus émerau(/e. De même studium a donné étude par une série de transformations : le / atone s'est d'abord consonnilié en^' ou ij: shul]um, puis, par l'attraction de la voyelle tonique, le J s'est déplacé et est redevenu voyelle : estuyie estuide, d'où étude par la chute du /.

La seconde consonne subsiste, mais en se modifiant, dans les cas suivants :

l** Après r, l, n, s, t, d, le c ou le y guttural passe à la chuintante forte ou faible, non seulement devant a, mais encore devant u dans la terminaison masculine us, quand elle est remplacée par un e muet : fuvca fourche, luscus louche, virga verge, sdraf{i)cus sauvage. lien est de même du^ ou ?' palatal après les consonnes m, d, b,p : simms shnjus singe, tdna tibja tige, sapiam sapjam sache.

2° Après une muette ou la spirante f, les liquides l et n se permutent en un r qui s'unit à la première consonne ; capit{u)- \um chapitre, diac(p)jius diacre.

A la fin du mot, la seconde consonne persiste si c'est une muette, /' ou s, et si la première consonne est une des liquides r, H^ m : poixus porc, fundus fond, campus champ; encore faut-il remarquer que cette seconde consonne est le plus souvent nulle dans la prononciation. C'est d'après cette règle que enfer, quoique dérivé de infenmm, s'écrit sans le w final, qui reparait dans le dérivé moderne infernal, parce que la réunion de deux liquides (m) à la fin d'un mot est contraire au génie de notre langue; dans Béarn, n s'est conservé, mais comme lettre muette. C'est aussi la raison pour laquelle un mot ne se termine jamais en français par une consonne redoublée.

La syncope ou la voca'iisatioa de la pieniiére consonne n'eiitrain,' pas la cliuto de la seconde : dorsum dos, factus fait, falsus faux.

b) Dans les groupes de trois consonnes, la troisième persiste toujours, la seconde ne se maintient que si c'est un r : ïac/ma larme, ou une muette suivie de r ou /, auquel cas la première consonne ne peut être que r, v, m, s : p)erd{e)re perdre. Toutefois, si la première et la troisième consonnes forment une des combinaisons sr, rr, Ir, la seconde consonne tombe et il y a épenthèse d'un d, par ex. ryr : surg{e)re sourr/re; — rcr : carc(e)r char^re (prisoû); — lir : solv(e)re soio?re* soudre.

Quant à Va première consonne, elle persiste, tombe ou se modifie d'après les mêmes règles que pour les combinaisons de

§ 38 a LIQUIDES 81

deux consonnes ; elle se maintient donc si c'est une liquide et s'élide dans tous les autres cas, sauf c et Z», qui se vocalisent -.port(i)cus \)Ovd\e,Iacr(i) malmnim* hirme^pecf{i)v are peigner^ fabr(0rr/fa?a-g-e*forge,,sepf(/)wcrw«semaine,i/f/s;;/i(e)wf/r64)lâmer, etc. Il en est de même pour les groupes fort rares de quatre consonnes consécutives : monstrare montrer, exstingHere éteindre.

2. Il n'y a donc pas lieu de traiter séparément, comme nous l'avions tait dans notre traité de phonologie^ les groupes de deux et ceux de trois consonnes. En revanche nous devons classer les combinaisons médiales ou finales de deux ou trois consonnes en trois catégories, selon que la première consonne est une liquide, une spirante ou une muette.

Nous allons étudier les difterents groupes de consonnes médiales et finales dans l'ordre indiqué.

a. Liquides.

1. Quand la première consonne est une liquide^ elle se maintient, sauf dans quelques cas assez rares ; mais ;/, m et7, qui se résout en u, perdent le son qui leur est propre et se fondent en une voj^elle nasale ou en une diphtongue avec la voyelle qui précède (§ 34).

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