La liquide R forme les groupes suivants
— rr persiste ou se simplifie en r, ce qui a toujours lieu à la fin du mot : terra terre, currere courir, carrus char.
— ri, rn, rm persistent, sauf à la fin du mot où la seconde consonne tombe d'après la règle : mer('u)la merle, carnaH>< charnel, infernum enfer, firmare fermer, vermis ver.
— rs, rf, rv. Dans quelques mots, le v de rv se transforme en h ou s'élide ; à la finale, r de rs s'élide quelquefois, et r de rr devient toujours /" .- rersare verser, ursus ours, dorsum dos, orphanus orphenin* orphelin, cervisia cervoise, curvare courber, corveUus corbeau, vervartum guéret, scrncs serf.
Le changement de v en b se trouve déjà dans plusieurs textes de la latinité : vervecem {herhecem dans Péti'one, herUcem dans Vopisciis) brebis, vervecarius (qui est déjà bertx'carius au V*" siècle) berger. Ce durcissement de la spirante v a quelque chose d'insolite ; car, dans le passage du latin au français, les articulations tendent à s'adoucir, surtout au milieu des mots, et les muettes fortes deviennent faibles ou même descendent d'un degré et passent aux spii-antes (§ 32); le changement d'une spirante en muette est donc une permutation en quelque
Ayer, Grammaire comparée. 0
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sorte rélrog-rade et qui répugne au génie de notre langue; aussi en trouve-t-on bien peu d'exemples,
— rc, Yg, rt, rd, rp, rt : furca fourche, carr(i)care charger, i-e>-(e)ci()Hfia vergogne, hirc/ua large, curtus court, vir(i)dis vert, corpus corps, Uirha tourbe. Le h descend à v dans : verbena verveine.