‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 6 sur 427 · NOTICE BIOGRAPHIQUE IX · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGRAPHIQUE IX

droit du D"" Bussard dans la pensée d'entrer au barreau ; mais des circonstances l'amenèrent à renoncer à cette carrière pour se vouer à l'enseignement qu'il a pratiqué depuis lors, presque sans interruption, pendant près de quarante ans. Il débuta dans cette vocation à Cracovie, qui était encore en république. Puis nous le trouvons à Zurich comme maître de français à l'institution des fi'ères Keller, fréquentant en même temps, pendant ses heures de loisir, quelques cours à l'université, entre autres celui de droit public suisse donné par le D"^ Alfred Escher. Il passa ensuite quelque temps en Allemagne, où il se livra tout entier à l'étude du vieu.x: français et de la littérature du moyen-âge. — De retour en Suisse en 1847, il rédigea successivement deux journaux politiques, le Patriote jurassien de Delémont, et, après la chute du Sonderbund, le Confédéré de Fribourg. Mais bientôt il rentra dans l'enseignement à l'école cantonale de Fribourg, où il eut pour collègues ses amis Bornet, Sciobéret et Majeus, les poètes aimés de la Gruyère. L'Ecole cantonale, création du régime de 1848, ayant été supprimée en 1857, plusieurs de ses professeurs les plus distingués s'expatrièrent, mais A. resta encore quelque temps au pays, partageant son temps entre la politique et ses études de prédilection. En 1859, appelé en même temps à la rédaction de deux journaux neuchâtelois, le National suisse et V Union démocratique, il opta pour ce dernier et vint se fixer à Neuchâtel. Mais cette seconde étape dans le journalisme fut de courte durée, et il revint bientôt à l'enseignement qu'il cumula pendant quelque temps avec des fonctions administratives comme conseiller municipal. Il quitta ces fonctions en 1866, quand U fut nommé professeur à l'Académie de Neuchâtel, qui venait d'être restaurée. En 1873, il devint recteur de cet établissement et prit la part principale à sa réorganisation. Son activité allait croissant d'année en année, quand, en 1878, le Corps académique l'ayant appelé, pour la troisième fois, aux fonctions de recteur, il fut atteint d'une maladie cruelle et obligé d'interrompre ses cours et de s'éloigner de ses enfants pour aller chercher, sous le ciel de l'Italie et de l'Afrique, une guérison ou une amélioration de son état. La santé n'est pas revenue, mais M. A. a trouvé dans sa volonté la force nécessaire pour reprendre ses fonctions et poursuivre ses travaux.

Aujourd'hui M. A. n'est plus, la mort l'a arraché à de pénibles souffrances, et le 8 septembre 1884, la science a perdu un de ses investigateurs les plus zélés et la vérité un de ses plus vaillants défenseurs.

Cette notice biographique quelque courte et sèche qu'elle soit, suffit pour faire connaître l'homme de travail et de lutte. Nous n'avons pas à nous occuper de sa j'ie politique, qui peut se résumer en ces mots : M. A. a toujours été dévoué à la cause du progrès et fidèle à ses convictions politiques auxquelles il a su faire plus d'un sacrifice. A Fribourg, il fut l'un des plus vaillants champions de la phalange libérale ; à Neuchâtel, ie collaborateur politique et l'ami de Desor, Eugène Borel, Numa Droz, aujourd'hui président de la Confédération suisse, etc. Son attachement à la Suisse était tel qu'en 1872 il refusait d'accepter une brillante position à l'Université de Vienne que venait lui offrir le célèbre romaniste Mussafia.

Voici la liste des publications de notre auteur :

Grammaire française 1851. Manuel de (léoçjraphie statistique 1861. Les nationalités elles états de l'Europe en 1861, étude publiée d'abord dans la Revue suisse, dirigée à cette époque par MM. J. Sandoz et C. Ayer. La Suisse,

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