‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 7 sur 427 · X NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

X NOTICE BIOGRAPHIQUE

dans la Petite géographie illustrée de Cortarabert, 1870. Cours gradué de langue française. 1" partie, 1870. Tableaux de statistique générale et comparée, 1871. Phonologie de la langue française, 1875. Grammaire comparée de la langue française, 1876. Introduction à l'étude des dialectes du pays romand, 1878. Grammaire usuelle de la languefranqaise, 1878. Grammaire élémentaire de la langue française, 1880.

Les travau-K géographiques de M. Ayer n'ont pas passé inaperçus ; nommé membre correspondant de la Société de géographie de G-enève, il fut, en 1875, l'un des représentants de la Suisse au sein du comité d'honneur du congrès géographique de Paris. Mais c'est surtout comme grammairien et romaniste qu'il est connu dans le monde scientifique. M. A. est le premier qui dans les pays de langue française, ait appliqué la méthode historique de Diez à l'étude des faits de la langue, puisque sa Phonologie française a d'abord paru en une série d'articles, dans V Emulation de Fribourg, pendant les années 1846, 1854 et 1855. C'est donc à juste titre que, parmi les vulgarisateurs de la grammaire historique, le Dictionnaire de pédagogie (II, 892) de M. Buisson place le nom de M. Ayer avant celui de M. Brachet, qui n'est venu que vingt ans plus tard avec sa Grammaire historique, dont la première édition est de 1867.

A vrai dire les premiers ouvrages de M. Ayer, entre autres sa Grammaire française, de 1851, n'eurent pas grand rerentissement et il fallut l'impulsion donnée aux idées en France par les importants travaux des Littré, des Diez et des Brachet pour permettre à M. Kyer de prendre rang parmi ces vigoureux pionniers de la science et pour faire triompher son oeuvre de tous les obstacles et de toutes les préventions. Cette œuvre, la réforme de l'enseignement de la langue, a été, dès l'apparition du Cours gradué, en 1870, saluée comme une œuvre essentiellement démocratique par l'homme éminent qui est aujourd'hui placé à la tête de l'instruction primaire en France. Voici en quels termes M. Buisson, alors professeur à l'Académie de Neuchâtel, appréciait le travail de M . Ayer dans im long article publié par le National suisse (1870, n° 42) et dont nous ne reproduirons que la fin :

« D'un bout à l'autre ces manuels attestent une tendance constante à remplacer la routine par la méthode, les règles empiriques par les principes rationnels, l'artifice par la nature, et l'arbitraire par la raison. Evidemment, l'idéal de l'auteur a été de contribuer, par ce livre, à la grande révolution qui se fait aujourd'hui dans le domaine des langues ; car elle s'est faite dans les sciences : substitution de la méthode naturelle à la méthode artificielle. C'est la grande idée de la moderne philologie allemande : une langue n'est pas un mécanisme factice et conventionnel, c'est un organisme vivant dont la grammaire n'a pas à inventer, mais à observer et à reproduire fidèlement les lois

« On peut inscrire en tête des volumes .de M. Aj'er ce mot d'un illustre professeur du Collège de France, digne de leur servir d'épigraphe et d'éloge : « La grammaire traditionnelle formulait ses prescriptions contre les décrets d'une volonté aussi impénétrable que décousue : la bonne grammaire est celle qui, faisant glisser dans ces ténèbres un rayon de bon sens, demande à l'élève, au lieu d'une machinale docilité, une obéissance raisonnable. »

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