Le C forme les combinaisons suivantes
— ce est traité comme un c simple devant a et se change en cil : vacca vache, sicca sèche, siccare sécher, ou se vocalise : bacca baie, bracca braie. A la fin du mot, il se simplifie en c : siccus sec, saccus sac.
— cr. Le c s'adoucit en g : acris aigre, en s dans cic(e)ra cisre* cis^re* cidre (v. sr),oii se vocalise par i : plac(e)re plaire, lacr{i)ma lairme* lerme (devenu lanne)^ ou disparaît entièrement : dic{é)re dire. Après r, le groupe cr syncope le c, d'où /-'r, et, avec épenthèse de f/, vdr : torquere torc're tor're torrfre.
(1) On simplifierait peut-être l'étude des groupes commençant par une muette en les classant d'après leur seconde consonne, c'est-à-dire en réunissant ensemble toutes les combinaisons dont le second élément est le même ; on obtiendrait ainsi, outre les consonnes géminées ce, tt,pp et bh, les dix groupes suivants ; 1° cr, gr, tr, dr, pr, hr; 2° cl, gl, U, M, pi, bl; 3" en, gn, tn, dn, pn, (hn) ; à° cm, gni,tm, dm, pm, bni; 5* cj, gj, tj, dj, PJi l'J i f>° es, gs, fs, ds, ps, bs: 1° cv, g», tv, dv, (pvl, bv; 8' te, de; 9° et, gt, dt, pt, bt ; 10° flfd, (d, pd. C'est la méthode que nous avions suivie dans notre traité de phonologie; mais il nous a paru qu'il y avait encore plus d'avantages à procéder pour les nuieltes de la même manière ([ue pour les liquides et les spirantes.
Après », cf reste intact : vinc{e)re vaincre, cancrum chancre. Après s, le c tombe et il y a épenthèse de t \ cresc're cres're* croistre* croître.
— cl. Le c s'adoucit en g : ecdesia église, aquila ac'la aigle, sec{à)Ie p. semle seigle, aboc{u)lus aveugle, buc(u)hre* (crier comme un bœuf, de bitculus, taureau, dans Columelle) beugler, hac(u)lare (fermer une porte avec une barre de fer, de bacidus) bâcler; — ou il se vocalise en un / mouillant l : auric(u)la oreille, mac{n)la maille, firmac(n)lKni fermail, gmcilis graile* (d'où grailler^ sonner du cor) ('). Le c de c>/ tombe dans le groupe ternaire sd : misc(u)lare mesler* mêler, mais il reste après /• ou n : circ(u)lus cercle, ammc(u)lus oncle ; dans carbimc(u)lus escarboucle, le n tombe et d reste. — Cl persiste aussi dans saec(u)lum siècle.
— en devient a- dans diac(o)nus diacre; ù.2i\iB pedii)nem peigne, il y a chute normale du t et mouillement du n par le c dur vocalisé en /; dans dec{é)nare disner* dîner, le c a été remplacé par s.
— cm est devenu sm : dec(i)ma disme* dîme.
— cj syncope le j né du i atone : gladam glacjam glace, ccddomm chausse (§ 28).
— es, c'est-à-dire x. La forme ordinaire en français est la vocalisation de c par /; devant une voyelle on redouble le s pour lui conserver son articulation forte : axUa aisselle, coxa cuisse. Quelquefois le c ne se vocalise pas, mais s'assimile à s, d'où ss ou s; c'est ce qui a toujours lieu devant une consonne : exagium essai, juxta jouste* joute, extmneus estrange* étrange, exdarare esclairer* éclairer, frax(i)nus fraisne* frêne. L'assimilation en pareil cas est très rare en français, et quelquefois elle n'est qu'apparente ; ainsi dans sex six (= sisse), feicerg tistre ou titre, il y a d'abord eu adoucissement de c en i, d'où ei qui s'est simplifié en i] c'est ce que prouvent les anciennes formes seix (encore aujourd'hui soixante)^ teissur de texior. — Dans le vieux français x est toujours réduit à ss, et exilium devient ess/l. C'est encore ainsi que x se prononce dans quelques mots (v. § 53).
Le groupe es est quelquefois renversé et devient se dont le s est syncopé, comme il a été dit plus haut : laxus laseus lâche.
— cv, c'est-à-dire qu, laisse tomber le u (v): quota^ cote
(-)) Graille (cor) est venu de grucilis (clair, aigu), comme clairon de clair. Diez, E. M , II, 329.
(§ 35), et dans quelques mots le q : sequere seq're sivre* suivre, aqna aqva ève* (cf. cr).
— et. Le c s'assimile ou s'adoucit en s et tombe : jactare jeter, ludari luter* lutter, amk(})tatem amistié* amitié, ou se vocalise par i, même après un n : factus fait, tectum teit* toit, ledus leit* \\t^ pedus pis; après n : sandus saint. — Dans quelques mots d se résout en ch : alledare* allécher, coadare cacher (^). Devant/ atone, rf devient ç : fadionem façon (§ 28).