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L : IMa liste, eliza alise, stal étal

N : nôcli (conduit) noue, fano fanon, bannan ban. Epithèse de d : alaman allemand, nordman normand.

M : mos mousse, scum écume. M final devient quelquefois n : ram ran (bélier, dans les patois).

2. Les spirantes se maintiennent également, mais avec des modifications de son :

H persiste à l'initiale sans aucune exception : hacco liaclie, haga haie, haclil haillon, etc.; il disparaît à la médiale.

J prend à l'initiale le son chuintant, comme le / latin ; mais ce cas se présente rarement : vieux norois jôl joli.

S se maintient partout : mJ salle, ham, hase, goth. ravs ros* (d'où roseau).

Y, W. Le signe gothique était un v simple, le signe de l'ancien haut allemand un ?r, dont la valeur était celle du ir anglais. Nous avons déjà dit que ce //• est devenu en français (/h (avec un H devenu muet) ; mais ce changement ne fut régulièrement appliqué qu'à l'initiale : uarjan guérir, ivUa guise, u-erra guerre, uarnen garnir, n-elk (faible) gauc* gauche (en it. la main gauche s'appelle manca^ main estropiée, ou aussi stanca, main lasse) (§ 34).

F persiste : fano (morceau d'étoife) fanon, grifan griifer, skif esquif.

3. Les muettes allemandes, comme les explosives latines, se conservent à l'initiale, mais subissent souvent la syncope au milieu ou à la fin des mots.

K. La gutturale forte, devenue au milieu et à la fin des mots une aspirée dans l'ancien haut allemand, n'a point été traitée par le français de la même manière que la lettre latine correspondante.

a) En français k reste gutturale forte devant o, n ou une consonne, et à la finale : m. h. ail. koff cotte, frison skot écot, skûni écume.

b) Devant a, e, i, le k se change d'habitude en ch; dans les mots latins, ce son ch se restreint au groupe w, parce que, quand ch s'est formé, ce et ci n'avaient déjà plus la même valeur que ca : kauch choue*, d'où chouette et chouan* (auj. chathuant), goth. kausjan choisir, skepeno scabiniis* échevin, skrna échine. Mais il ne manque pas de cas où la gutturale persiste : skaï écale, kiol quille, néerlandais kaaken quaquer* caquer, skiuhan esquiver. L'exception atteint principalement les mots d'origine postérieure (c'est-à-dire introduits après la période franque), norois aussi bien que néerlandais, parmi lesquels il faut placer aussi les mots composés avec -qidn, comme bouquin (néerl. boeckin^ petit livre), mcmneqnin (néerl. luaneken, petit homme). Dans d'autres cas le français a donné la préférence à la douce, qui, finalement, se résout en / ou s'évanouit : v. noirois brak brai.

Gr. La gutturale douce gothique s'est élevée au k en v. h. ail. En français la chuintante douce est la forme dominante

devant toutes les voyelles : garten jardin, garba gerbe, gère giro* (pan de tunique) giron. La gutturale douce persiste dans : anglo-saxon gaful (impôt) gabelle, irâg vague, et s'adoucit en / dans hag haie.

T se maintient dans la plupart des cas : ueerl. tas (propr. tas de blé) tas, gotli. tatran tirer, anglo-saxon bât bat* bateau, anglo-saxon bMau, moyen h. ail, bken bouter, d'où bout, bouton, et le V. fr. bot, crapaud, etc. Il est rare que t s'adoucisse en d : V. norois mata (attirer par un appât) amadouer (d'où amadou) ou disparaisse : hata)i liadir* haïr, néerl. roten rouir.

Z. Cette consonne composée s'est simplifiée en s fort (ss, c) : bletzen blesser, l-rehiz êcreviss'e.

D. La linguale douce d (devenue en v. h. ail. t) s'est un peu mieux conservée que le (/ latin : Util bedeau, vâd guède, moyen h. ail. lade laye* layette, m. h. ail. luoder leurre.

TH (que possédaient tous les anciens dialectes de la famille germanique, et que seul le v. h. ail. a modifié ou restreint au profit de la douce g) est devenu en français t à l'initiale : dahs pour tha^ taisson, v. norois tlùlla tillac; à la médiale on trouve partout la douce d qui s'affaiblit en / ou tombe : brod hrodimi* brou* (d'où brouet), brut bruy* bru, etc.

P (v. h, ail. p, ph^ pf), qui est rare à l'initiale, reste partout intact : pfetzen pincer, lappen laper, schoppen échoppe.

B. La douce gothique, que le haut allemand, dialecte plus dur, a élevée à la forte, reste habituellement intacte, mais en s'adoucissant quelquefois en v au milieu des mots, comme le b latin : roubon dé-rober, stuha étuve, graran graver.

4. Les combinaisons de consonnes subissent en général le même sort qu'en latin.

a) Quand la première consoime est une liquide, elle se maintient, mais / devient « et n ou /h nasalise la voyelle précédente : goth. maûrthr meurtre, marcha marche, hartjan hardir* (d'où hardi), /ieZy^i heaume, banc banc; /-/^ devient Ib, d'où ub dans : her(i)berga (campement militaire) herberge*helberge* alberge* auberge.

b) Quand la première consonne est une spinmte, elle forme des groupes variés dont voici les plus remarquables :

HR, HL, HN, à l'initiale. Le h est supprimé, ou transformé en /", ou séparé de la seconde consonne par l'insertion d'une voyelle : v. norois hreinsa rincer, hlancha flanc, hnapf hanap.

HT, groupe médial et final, se change en t, parfois en it et correspond ainsi tout-à-fait au ]sitm ci .-frêth fret, ircûitengn^tter.

§ 42 i>E l'orthographe 95

se, ST, SP, SL. SN. SM. A l'iuitiale il y a prostlièse de e, comme pour le latin «', st, sp ; mais le groupe si intercale ordinairement un c ou une voyelle entre les deux lettres : d-hia (épine) échine, stal étal, spehen épier, slave esclave, slope salope, néerl. sloejj c\m\oi\\)e,schnapphan chenapan, smeh émail. A la médiale, il y a toujours syncope du 8 ; lisca laîche, firsf (la première, la plus haute, s. e. poutre) feste* faîte (f reste en prov., fritha en romand) (^).

c) Quand la première consonne est une muette, elle se maintient à l'initiale devant r et l : krippea crèche, krazon gratter, (ffciban graver, treipo trappe, <:/>Y<sco>i drêche,/"r/sm fraîche, neerL klinl-en clinquer* (d'oti clinquant), weerl. Uappen clabaud, neerl. (jUtsen glisser, hlanch blanc : à la médiale, il y a en général syncope de la muette : goth. fôdr forre*, d'où fourrage, fourreau. — La muette suivie de / donne souvent un l mouillé : m. h. ail. liddel haillon, neerl. quaMe quaquila* caille, keg(i)l quille. — Le groupe hi a été dissous par l'insertion d'une voyelle : landsknecht lansquenet, kneif canif, kHetpe guenipe.

(/) Après /, 11, m, la spirante/(0 persiste : goth. sl-alja écaille, hamijan hargner* (d'où hargneux), minn'm mignon; après les autres consonnes, / ])asse ordinairement à la chuintante douce ou forte : hurjan bourgeon, goth. vadi, gênit. vadjis gage, laubja loge, hippea^ c'est-à-dii-e kyipja crèche.

Section III. — LES LETTRES FRANÇAISES

Article 1. — Emploi et valeur des lettres françaises

DE l'OEÏHOCtRAPHE

1. On disait autrefois plus correctement Y orthographie, yrapJiie désignant toujours la science et graphe le savant : la géographie et un géographe, la calligraphie et un calligraphe, etc. Quoi qu'il en soit, l'orthographe ou l'orthographie est cette partie de la grannnaire qui traite de Veinploi des lettres pour signifier les sons, ou, selon la définition ordinaire, c'est la manière d'écrire les mots d'une langue, selon l'usage établi et les règles de la grammaire. Elle consiste :

(() A écrire chaque mot dans son état simple avec les lettres ou les signes phonétiqifes dont il doit se composer; c'est ce qu'on appelle ordinairement Vorthographe d'usage.

(1) V. sur celte étyniolo<;io une nutp de M. f'.. Pa-is, dans la Eomania, 1, 96.

9(> DE l'orthographe § 42

h) A écrire les mots variables [avec les modiflcations qui leiu' sont propres, modifications qui atteignent le plus souvent la terminaison (par ex. le chant., les dumts] il chanta,it, je cJum- /ai), mais quelquefois aussi le radical des mots (^mourir, je >»eur.s'); cette partie de l'ortliographe porte le nom d'oiiliographe de principes ou (i' orthographe grammaticale.

2. L'orthographe de principes s'appelle aussi orthograpihe relative., parce que c'est la manière d'écrire les mots selon la relation ou le rappoH qu'ils ont dans le discours, abstraction faite de la forme qui leur est propre. C'est l'orthographe des terminaisons des mots variables, dont la grammaire enseigne l'origine et l'emploi dans des règles précises ; c'est pourquoi on l'appelle aussi orthographe de règles ou de principes.

Cette orthographe ne dépendant que dos règles de la graiitnnaire est certaine et ne peut pas nous induire en erreur. C'est une règle générale que les substantifs et les adjectifs font leur pluriel en s, quelques-uns en x, que le féminin se forme en ajoutant un e et que la terminaison des verbes varie selon le temps, le mode et la personne. Tout cela est du ressort de l'étymologie ou première partie de la grammaire et ne présente aucune difficulté; avec un peu d'attention on est sûr de ne pas s'y tromper. Il n'en est pas tout à fait de même des règles de concordance que donne la syntaxe, grâce aux subtilités que se sont plu à y introduire la plupart des grammairiens; mais il est facile de débarrasser la syntaxe de toutes ces subtilités et de réunir en quelques pages toutes les règles concernant l'accord des mots, ainsi que nous avons essayé de le faire dans notre Grammaire élémentaire de la langue française (p. 42i à 134).

3. L'orthographe d'usage est ainsi nommée parce que, ne dépendant pas des règles de la grammaire proprement dite, l'usage semble en être le seul régulateur. Cependant cette partie de l'orthographe n'est pas plus arbitraire que l'autre, et il vaudrait mieux l'appeler orthographe absolue, puisque c'est la manière d'écrire les mots absolument, c'est-à-dire seuls, isolés, tels qu'ils sont dans les dictionnaires, en particulier dans celui de l'Académie.

L'orthographe des mots dépend essentiellement de la nature des sons ou des éléments matériels qui les constituent. On appelle orthographe rationnelle ou jjltonétique la manière de représenter ces sons de la langue, soit par des lettres, soit par d'autres signes, appelés orthographiques, selon les règles propres à la phonétique française. Mais, en français, l'orthographe n'est pas toujours la représentation fidèle de la prononciation; comme, en général, c'est l'origine du mot qui eu détermine l'écriture, cette orthographe étymologique est souvent en désaccord avec l'orthographe rationnelle. Ainsi, par exemple, les trois premiers sons du mot chapeau sont représentés régulièrement par les lettres cli, a, p, qui, en français, ont pour valeur propre de servir à marquer ces sons ; au contraire, le son final

§ 42 DE r/oRTiroaiî.M'iTE 97

n'est pas rendu par son signe propre o, mais bien par la combinaison de voyelles eau^ à cause de l'étj'mologie, la forme ancienne de chapeau étant chajx-l (§ 38).

Î-. Quant aux lettres dont on se sei't en français pour marquer les divers sons de la langue, elles sont en g'énéral étijmoïof/iques, c'est-à-dire données par l'étymologie latine ou romane. Elles sont ét^'mologiques même quand elles ne sont pas de provenance latine, si elles ont été introduites dans l'ancienne langue en application des lois de la phonétique française, comme d dans peindre, et t dans croître, où la consonne linguale ou dentale (/ et t a été intercalée pour cause d'euphonie entre n et r : peiv-d-re, ou entre s et r : crois-t-re, d'où croître (§38).

Mais les lettres qu'emploie notre orthographe ne sont pas toutes étjnnologiques; il y a en outre des lettres dites serviles, ce sont celles qui, ne se prononçant pas, ne servent qu'à donner à la consonne ou à la voj^elle qui précède telle ou telle prononciation, comme les voyelles e dans f/ageure, et u dans giikk (v. § 54), et les consonnes t, l ou », quand elles sont redoublées après un e : je Jette, appelle, rieiDie (v. § .55).

Etymologiques ou non, les voyelles et surtout les consonnes sont quelquefois des lettres complètement parasites, qui ne se prononcent pas et qu'on appelle pour cette raison voyelles ou consonnes muettes, comme r/dans ao/?f^ j)dans a'pprfurrir, ii dans tonner, etc.

5. Les signes orthographiques étaient inconnus au vieux français et ne remontent qu'au XVP siècle. Ces signes, qui suppléent jusqu'à un certain point aux lacunes et aux défectuosités de notre orthographe, sont des caractères qui servent à marquer tantôt le son (signes phonétiriues) et tant(3t la forme (signes formatifs) des mots.

a) Les signes phonàiques sont : les accents écrits (v. § 50), le tréma (§ 46), la cédille (§ 54) et Vapostrophe (§ 51).

h) Il n'y a qu'un signe formatif, c'est le trait d'union (-) qu'on place entre les parties constitutives d'un mot composé, comme chef-d'œuvre, c'est-à-dire, dix-sept, ou entre deux ou plusieurs mots tellement unis qu'ils semblent n'en former qu'un au point de vue de l'accentuation, comme riens-tu ? allez-vous-en., etc.

On emploie encore le trait d'union pour joindre les syllabes des mots que l'on partage à la fin des lignes : fai-i-e.

Ayek. CrV'-iiivinaire comparée.

98 DE LA PROXOXCIATIOX § 43

De la PROXOXCIATIOX.

1. La prononciation nous fait connaître la calenr des lettres et des autres signes employés pour exprimer les sons. Si la langue a varié dans les mots mêmes qui la constituent, à plus forte raison a-t-elle varié dans la prononciation qui, de soi, est plus fugitive et qui d'ailleurs est plus difficile à consigner par récriture. Quoiqu'on puisse soutenir avec Génin Q) qu'en gros cette prononciation nous a été transmise traditionnellement et que les sons fondamentaux du Irauçais ancien existent dans le français moderne, il est certain aussi que la manière de prononcer les lettres s'est modifiée d'un siècle à l'autre, principalement sous l'influence de l'orthographe.

Ainsi la prononciation est intimement liée à l'orthographe. « Ce sont, dit Littré. deux forces constamment en lutte. D'une part il y a des efforts grammaticaux pour conformer l'écriture à la prononciation; mais ces efforts ne produisent jamais que des corrections partielles, l'ensemble de la langue résistant, en vertu de sa constitution et de son passé, à tout système qui en remanierait de fond eu comble l'orthographe. D'autre part il y a, chez ceux qui apprennent beaucoup la langue par la lecture sans l'apprendre suffisamment par l'oreille, une propension très marquée vers l'habitude de conformer la prononciation à l'écriture et d'articuler des lettres qui doivent rester muettes. Ainsi s'est introduit l'usage de faire entendre le s de fils, qui doit être prononcé non pas fs\ mais /? ; ainsi le mot lacs (un lien), dont la prononciation est là, devient, dans la bouche de quelques personnes, lai/ et même loks\ On rapportera encore à l'influence de l'écriture sur la prononciation l'habitude toujours croissante de faire sonner les consonnes doubles : ay-j/e-ler, sonî-met^ etc. d

Littré cite d'autres exemples de cet empiétement de l'écriture sur les droits de la prononciation. Autrefois on prononçait \\(m secret, mais segref ; aujourd'hui le c a prévalu. Dans rebieclaude la lutte se poursuit, les uns disant rei)ie-claude,\es autres relne-fjlamh, conformément à l'usage traditionnel. Second luimême, où la prononciation du g est si générale, commence à être entamé par l'écriture, et l'on entend quelques personnes dire non segond, mais sekon. Il est de règle de ne pas prononcer le f final des mots hœuf^ nerf, œuf, quand ces mots sont employés au pluriel : beaucoup de personnes violent cette règle et font sonner le f au pluriel comme au singulier.

(1) V. Vcwiations du langage françaif: depuis le XII' siècle, 1846.

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