VOYELLES SIMPLES
Les signes de flexion s et nt ne comptent pas ; ainsi, dans robe (s] neuvefs], tu aimefsj, ils chantefntj, e est muet ; mais le s rend sonore le e des mots les, des, mes, tes, ses, ces.
h) Le 6?, quoique terminant la sjilabe, est sonore quand il est surmonté de l'un des signes orthographiques appelés accents : il révère, blènte.
c) Le e est toujours sonore quand il ne termine pas la sj'llabe : j^Qs-te, des-sed. Aussi un moyen fort ancien de marquer le e sonore a été de doubler la consonne suivante, surtout à l'époque où les accents étaient inusités, c'est-à-dire jusqu'à la fin du XVP siècle.
Toutefois e suivi de ss est muet : 1" dans les mots composés dessus, dessous; — 2° dans les mots commençant par le préfixe re comme ressaisir, ressembler , ressentir, ressource, etc., excepté ressusciter, où e de re est sonore.
2. A est ouvert, comme dans ?;a/, arf, cJidirme, pasteur, ou fermé, comme dans iras, a.mi, ha^d^ne, pa.resse.
La lettre a représente : 1» le a accentué latin en position : art de artem (§25); en quelques cas le a atone : ami de amicus (§ 27); — 2» plus rarement encore, i ou e atone, généralement devant une liquide : paresse de pigritia, farouche de ferocetn (§ 27), et, dans quelques mots, le e accentué : par de per , lézard de lacerta, lucarne de lucerna.
3. E sonore est ouvert ou fermé, d'après les règles suivantes:
a) Dans la syllabe atone, le e est fermé ou ouvert selon qu'il termine ou non la syllabe : iJérir, général.^ espoir, j^Brsil, sîiccessif.
h) Dans la pénultième accentuée, le e est toujours ouvert, soit long, comme dans fête, p^ste, terre, soit bref, ce qui est toujours le cas quand il est suivi d'une consonne double autre que r : secte, messe, belle, selle (§ 19).
c) Dans Fultième ou dernière syllabe accentuée, le e est ouvert devant une consonne sonore et même devant 8 ou t muets : chef, fer, autel, procès, gilet, et il est fermé quand il est final ou suivi d'une consonne muette autre que .s ou t : chanté, chanter, assez, nez, pied, clef. On distingue aussi, d'après le son ouvert ou fermé de e, les mots jouet et Jouer, cachet et cacher, cochef et cocher, près et jïré, net et nez.
Le e sonore, quand il est atone, vient de e, de i ou de a latins : évoque de episcopus, vètetnent de vestimentum, merci do. mercedem, béton dabitumen, déluge de diluvium, lézard de lacertum, hermine de arminia (§27), ou bien il a été ajouté à se, st, sp : échelle de scala (§ ,38). Quand il est accentué, il dérive : 1" de e ou de i latin en position, et alors il est toujours ouvert : sept de septem, crêpe de crispa; 2» de a latin accentué, qui avait pris au.V siècle le son de e fermé, lequel est devenu ouvert quand il est suivi d'une consonne sonore, simple ou composée : gré de gratus, clef de clavem, nez de 7iasus; — chef de caput, févc de fava, mer de mare, père de patrem, tel de talis, échelle de scala, allègre de alacris (§ 25).
lO-t VOYELLES SIMPLES § -iô
4, E muet dift'ère, selon qu'il est précédé d'une conmnue ou d'une voyelle.
(/) Le e muet qui suit une consonne simple ou composée est la plus faible émission de voix possible, destinée à former une syllabe avec la consonne qui précède; le e muet ne peut donc jamais constituer à lui seul une syllabe et conséquemmeut il n'existe point de e muet initial.
Le son du e muet n'est pas susceptible de prolongement et la voix ne peut pas s'élever en le prononçant ; l'accent tonique ne peut donc pas reposer sur le e nuiet, qui devient sonore dès qu'il doit être accentué, c'est-à-dire quand il est pénultième, la syllabe finale étant muette : paser^Je j^Qse; appeler, f appelle; jeter, Je jette; nous prenons, ils prennent; je parle^ parlé-je.
Le e muet peut être médial ou final :
1" Le e muet médial naît quand une consonne qui doit commencer une syllabe est suivie d'une autre articulation qui ne peut pas ou ue doit pas se combiner avec elle ; la voix éuiet alors entre ces deux articulations un sou faible qui forme une syllabe avec la première, tandis que la seconde consonne commence une autre syllabe; ce son faible, c'est le e muet médial : je parlerai, demander, genou., logement, besace, mesure, dangereux., pelouse.
2° Le e muet final appartenant à un polysyllabe est précédé d'une consonne simple ou composée, avec lac^uelle il forme une syllabe muette. Précédé d'une consonne simple, le e final est entièrement muet, mais sert quelquefois à rendre sonore cette consonne, comme dans cape, pique, dce, robe, qu'on prononce à peu près de même que les mots cap, pic, vis, rob; martyre se prononce absolument comme martyr. Précédé d'une consonne composée, le e final sonne légèrement : siècle, fenêtre, excepté dans la liaison lorsque le mot suivant, commence par une voyelle : siècle entier, fenêtre ouverte.
Les monosyllabes ne peuvent pas se terminer par un e muet, parce que chaque mot exprimant une idée doit a¥oir l'accent tonique, et que cet accent ne peut pas reposer sur un e faible. Les mots le, je, te, me, se, ce, que, ne, de, ne sont pas des exceptions, parce que, comme mots de rapport, ils ne sont pas accentués.
Dans les monosyllabes yV, me, etc., e est moins faible que partout ailleurs et a le son de eu très bref: Elle se fâche de ce que je ne te le redemande pas.
Quand deux e se trouvent à la fin de deux syllabes consécu-