‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 76 sur 427 · Ô VOYELLES SIMPLES · texte numérisé non relu

Ô VOYELLES SIMPLES

tives, le premier est moins faibleque le second : r&cevolr, derenir. Il en est de même quand deux e se trouvent à la suite l'un de l'autre dans deux mots différents : /e ne sais pas^jQ te vois, je me lave, Je le vois. Mais si le pronom Je est suivi d'un des pronoms conjoints me, te, le, et d'un verbe commençant par la même consonne que celle du second pronom, le second e est alors le moins faible : Je me meurs, Je te tiens, Je le laverai. La raison de cette différence est dans la difficulté que Ton a en français à prononcer la même lettre deux fois de suite sans aucune émission de voix.

Quand trois e se suivent dans des monosyllabes dont le premier est Je, le second e est le moins faible: Je tele prêterai; mais ne fait ici exception : Je ne le crois pas; le e de ne n'est soutenu que quand il est seul ou le premier d'une série : il ne voit rien ; ne me le dis pas.

Quand quatre e se suivent dans des monosyllabes dont le premier est Je, le premier et le troisième e sont les moins faibles : Je ne te le prêterai pxts.

Le e du pronom le est toujours mi-muet, lorsqu'il se trouve après le verbe : dis-le-lui.

Dans ce que et que ce, le second e est le moins faible : ce que vous dites, qui que ce soit.

b) Le e placé à la suite d'une voj^elle simple ou composée ne fait entendre aucun son. Il peut aussi être médial ou linal : médial conmie dans les verbes /e créerai, Je paierais, iioas prierions, ils Joueraient, il appuierait, et dans les noms en ment formés d'un verbe en er, comme aboiement, enjouement ; — final dans les participes, comme elle est aimée, ou dans les noms, comme rue, Joue, Joie., vie, pensée ; en pareil cas, le e iinal rend longue la voyelle précédente.

Le e muet provient tle a atone : rose île rosa, cheval de caballits, ou il prend, dans certains cas, la place de toute antre voyellt; qni suit on ])réc(Hle la tonique, comme aigre de acrem, temple de templxiin, denier de denarius, mener de minare, carrefour de quadrifurcmn {^% 26 et 27).

5. 0 est ouvert, comme dans mort, porte, postal , ou fermé, comme dans flot, rôt, potier.

Le 0, quand il est atone, vient de o, de u ou de au latin ; orpltelin de orphanus, soleil de soliculus', forcer de fortiare". roture de ruptv.ra. ortie de Mrtica, grogner de grvuinire, sangloter de singnltare, poser de /ouso/'e (Ji '21), Le 0 accentué représente en français : lo le o latin en position : mort de »îOrton, côte de costa. coffre de cophfijnus, rôle de rotfujliis, ou le au latin ou le au roman né de la vocalisation d'une labiale : or de au/io/*, cliose de causa, forge de faurca de fabrica (§ "25) ; — 2" le ô latin, libre ou en position devant les nasales : couronne de corona, nonne de nonna, homme de /lomfijnon, et le u latin en position devant les nasales : vergogne de verecnndia, colonne de

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columna, somme de snmma (§25). Il y a quelques mots où, contrairement à la règle, le o accentué vient: l" de o bref libre: école de schola.étole de stola, vole de volo, rose de rosa, ou de o long en position : noble de nob[iJlis; 2" de u en position : orme de nlmus, gorge de gu.rgitem, viorne de viburnum, grotte de grupta, )not de )n\ittus, roche de mpea, noce de nuptia (•). Il faut encore ajouter (lot de fluctus, rot de ructws, où uci, qui aurait dû donner uit (§ 25), est devenu ot par l'analogie des verbes flotter, roter.

6. I; quand il se prononce, a toujours le même son; mais, précédé d'une voyelle et suivi de // ou/, il est i consonne (i/) et ne sert qu'à mouiller le /, comme dans pa-Ul-e, ba-il.

Le î fran(;ais vient : 1° de i long accentué, soit libre, soit en position : ami de amicus, écrit de scriptus (§ 25); 2" de e bref accentué suivi d'une gutturale, le e donnant ie et la gutturale se vocalisant en i, d'où iei, qui s'est simplifié en i : lit de lectus, dix de decem (§ 25); 3» de i ou de e atone : image de imaginem, crier de qufijritare, ficelle de filfijcellum, ivraie de ebriaca, ivoire de eboreus, lion de leonem (§ 27).

7. U, quand il se prononce, a toujours la même valeur phonétique, sauf dans quelques mots savants où, précédé de q ou y et suivi de «, il a le son de ou, comme dans équafeur, lingual (V. § 54).

Le u français vient : 1" de m long accentué, soit libre, soit en position : aigu. de acutiis, nu de wu^ms, ^nur de murus, juge de j\idfi]cem (§ 25); — 2» de u atone .humain de humanus, et par exception de i atone : fumier de fimarium, buvait de bibebat (§ 27).

8. L'orthog-raphe actuelle conserve, par raison d'étymologie, les lettres a, o, e, v, dans quelques mots où elles ne se prononcent pas.

La lettre a ne sonne pas dans les mots suivants : B.oût, aowteron, toaist, tos^ter, et dans quelques noms propres : Aoste, Sduône, etc. Dans a.oûfer, verbe dérivé de août, a est sonore.

Le 0 est nul dans faon, paon, taon, et leurs dérivés, et dans quelques noms propres : Laon, Craon, etc.

Le e est nul dans un certain nombre de mots, tels que : seoir et ses composés, Jean, Caen, heaume, épeautre, et les mots terminés en eau et leurs dérivés, Q,omm^ peau., pe<msserie, etc.

Le u est nul dans quelques mots où il est placé après q ou g, devant a, o : reliquat, quantité^ qMolibet, quasi, quaterne, aiguade.

Il ne faut pas confondre avec les voyelles nulles celles qui sont employées comme lettres servîtes, pour donner à une consonne telle ou telle prononciation, comme dans pigeon, guide (v. «^ ,54).

(1) Quelques-unes de ces exceptions sont expliquées dans l'étude citée de G. Paris, Romatiia, p. 36 et s. \insi g urgitem avait donné dans l'ancien français, outre gorge, la forme gourt, beaucoup plus usitée que la forme gon (prov. gorc, romand goar, fla(iue d'eau, gouffre).

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B. Voyelles combinées.

Les voj^elles combinées sont de deux espèces : 1" les (Viplitongues anciennes^ dont les unes, comme ie, oi, ui, expriment un son co7n])osé, c'est-à-dire deux sous émis en un seul temps, tandis que les autres: ai, ei, au, ou, eu, n'exprimant plus aujourd'hui qu'un son simple, ne sont composées que pour les j'eux et non pas pour l'oreille, c'est pourquoi ow les appelle aussi monophtongues ; — 2° les diphtougues impropres, qui sont des combinaisons accidentelles nées d'une synérèse, comme ia dans diable.

Les diphtongues font entendre deux sons-voyelles distincts en un seul temps, c'est-à-dire en une seule syllabe. Le changement qui doit s'opérer dans la position des organes pour passer d'une voyelle à une autre, se fait à la vérité en un seul temps, mais il demande évidemment une plus longue durée que pour la prononciation d'une voyelle simple; c'est pourquoi toutes les diphtongues sont longues de leur nature. Mais, dans la série i, e, a, o, u, les sons moyens e, a,o, peuvent seuls se joindre de cette manière avec les sons extrêmes i et u, parce que le passage d'iuie position indifférente à une position difjérente peut seul avoir lieu dans un seul temps; il ne peut donc y avoir d'autres diphtongues que les suivantes : ai, et, oi; — au, ou, eu. Chaque changement dans une direction inverse, par ex. i-a, u-a, ou entre deux positions différentes, par ex. i-u, demande deux temps, par conséquent deux syllabes, comme dans di-adème, du-alité, ou bien la première voyelle se transforme dans la spirante correspondante, si les deux sons doivent se prononcer en un seul temps, par ex. diable, où i est devenu y. Quoique dans la prononciation les diphtongues soient formées par la fusion de deux sons, on ne peut cependant pas dire que les diphtongues aient réellement été produites par la réunion de deux voyelles originelles, par la raison qu'une syllabe n"a jamais qu'une voyelle, et qu'en général l'émission de deux voyelles ne peut se faire en un seul temps. Nous voyons plutôt les diphtongues naître partout de l'élargissement d'une voyelle simple, comme ie de e dans fiel de fel, oi de e dans avoine de avena, ou de la résolution d'une consonne en une voyelle fi et uj, connnt' dans fait de factus, taupe de talpa.

Les véritables diphtongues ont toujouis l'accent sur la première voyelle, elles ont à peu prés partout le même son et se divisent en deux séries, selon que la première voyelle est i (ai, ei, oi), ou u = ou français [au, eu, ou). Cette double série, qui était complète dans la langue grecque, se retrouve dans la plupart des langues romanes, par ex. en italien et en provençal. 11 en a été à peu près de même dans le vieux français, mais il n'existe plus dans la langue actuelle de diphtongues proprement dites; les anciennes diphtongues ai, ei, oi, ie, au, ou, eu, après avoir subi \\n grand nombre de variations dans la prononciation, sont toutes devenues monophtongues, soit que les deux voyelles ne forment plus qu'un son simple (ai, ei = e, au = o, ou ~ u lalin^ eu = ti allem.), soit que la première voyelle n'ait plus l'accent et se confonde pour le son avec la spirante correspondante [y ou v), comme ie dans fiel, où i est devenu y et tnouille en quelque sorte le f qui précède immédiatement, et oi dans foire, où oi = i<e, ua ou va, o étant un son intcimédiaire entre u voyelle et v consonne. U en a été de même des combinaisons »/, oe. ue, dans lesquelles la voix appuie sur la seconde voyelle ; ■'<uivre, moelle, écuelle.

2. Le tréma, qu'on appelle aussi diérèse, est un signe formé de de deux points; il se place sur la voyelle / (sur^^ et #/ dans quelques noms propres) pour indiquer qu'on doit la prononcer sépa-

los niiMFroxciUKs anciennes § 47

rément criiue autre voyelle qui la précède immédiatemeut, et avec laquelle elle formerait, sans cela, une monoplitongue ou une diphtongue : ha'iVj )ia'if\ ou'ir, héroïque^ égoMe, coïnckhi-, païen, aïeul , Isaïe, Israël, Noël, Saill, Antinous. On met encore un tréma sur e de ciijuë, etc, (v.§ 5 i). Lorsqu'une des deux voyelles peut prendre un accent, le tréma est inutile et l'accent est de rigueur, comme: (iflir/smCj Israélite, aérer, diète, edoh, poète, poèmes poésie.

Avitrefois lo fréni.i s^' |iî;içait surtout sur e formant diphtongue avec une voyelle jirocodfute ; ainsi les mots inoelle, troène, et beaucoup d'autres, sVrrivaient avec un tit'ma sur e.

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