‹ Cours de langue française (volume 3)Chapitre 78 sur 427 · DIPHTONGUES ANCIENNES · texte numérisé non relu

DIPHTONGUES ANCIENNES

gmid^ salaud, saligaud ; chaux, faux, (jlaux, taux; — 3° par o suivi d'une cousouue muette, surtout f ou .s- : escargot, dos; — 4" par 0, mais seulement dans les mots d'origine étrang-ère : domino, folio, piano,

La voyelle combinée an provient ; !>' de au latin dans les mots savants et modernes ; cause de causa, rau^wc de rauciis, et même dans quelques mots d'origine populaire où au a remplacé dans l'orthographe l'ancien o : panvre de pAuperus. taureau de taurelliis', anlvefois povre, tore; — 2» de la résolution d'une labiale : je saurai de saperc, j'aurai de habere; — 3» de la résolution d"un l précédé de a : iaupe de ts\pa, ou de e dans quelques mots seulement : dauphin de delphlnus. Quant à eau, il est final et nait de el ou il : chdtean de castellion, sceau de sigiUum; si une voyelle ou y précède, e disparait : boyau de botelhis, fléau de flagellum (%38). — Dans l'ancien français, au se prononçait comme l'allemand au, en appuyant sur la première voyelle.

6. OU a le son propre à la voyelle u dans la plupart des langues romanes; cette combinaison peut être tonique : ponce, lovip, ou atone : 2^>'0ii>:er, amoureux.

Ou provient : 1" de o fermé tonique (= », ôj quand il est en position : goutte de gutta. sourd de surd».«, cour de chortem, et exceptionnellement de o fermé libre : joug àa jugum, l'oue de voto (§ 25); — 2» de la résolution de ol, ul : mou de mollis, soufre de sulp/t«r (§ 38). Dans ce dernier cas, ou était diphtongue en vieux français; mais quand ou dérive de o fermé en position, il avait déjà le son affaibli qui lui est propre.

7. EU exprime un son simple intermédiaire entre e et o; cette combinaison ne se trouve en général que dans les syllabes accentuées, et est remplacée ailleurs par o, ou et e : Jwnneur honorer, seul solitaire, ueuf nouveau, preuve prouver, saveur savourer, jeu jouer, couleuvre coulevriue, etc. Dans les seuls mots suivants, eu est précédé d'un o étymologique qui ne se prononce pas : bœuf, cœur, chœur, manœuvre, mœurs, nœud, œuf, œuvre, sœur, vœu, œil.

Eu provient : 1» de eu latin dans les mots de formation savante : neutre de neutrum; — 2" de o tonique, ouvert (= o^ ou fermé (= ô, ^if^', ainsi que de au : feu de focus, heure de /lora, gueule de gula, queue de cauda(§ 2.5) ; — 3» de la condensation de a-u ou a-o en e-u : heur dans bonheur^ malheur de aufgjurium (en v. fr. aïir, eïir], peur de pa(v]or(^30); — 4» de il ou de el dans eux de illos, cheveu de capillus (§38). Cette combinaison, qui exprime aujourd'hui un son simple (=(i allemand), était diphtongue dans l'ancienne langue et avait le son de au allemand ; elle s'est écrite uo au X«, ue au XI« (orthographe qui s'est conseivée dans accueil, orgueil], ce au XII" siècle (conservé dans œil), et enfin eu. Quand eu était formé par la contraction de deux voyelles, comme dans >neur de matarus, veu de visurn, e était muet et u avait le son qu'il a aujourd'hui : mûr. vu; il reste quelques traces de cette orthographe dans : j'eus, eu, et dans les mots chargeure, égrugeure, gageure, mangeure, vergeure, où e est lettre servile.

8. UI est une diphtongue ancienne dans laquelle la première voyelle conserve le son ordinaire du u français et la seconde a le son dominant : ruine, fruit.

Vi provient : 1° de ui latin dans les mots d'origine savante, comme ruine de

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