I)ipJtton(/ues anciennes
1 . Quoiqu'il u'y ait pas en français de diphtongues proprement dites, nous considérons comme telles les voyelles combinées ai, ei, oi, au, ou, eu, ui, ie, qui proviennent soit du développement d'ime voyelle simple, soit de l'attraction de /, soit enfin de la vocalisation d'une gutturale. Ces combinaisons de voyelles sont toutes devenues monophtongues, sauf o/, ui et ie, qui ont aujourd'hui la valeur des diphtimgues impropres
Les combinaisons (//, ei, au, marquent des sons pour l'expression desquels la langue a des signes particuliers (e, o) ; les combinaisons ou et eu marquent, au contraire, des sons qui, en français, ne peuvent pas s'exprimer par des signes simples.
11 va sans diie que i, lorsqu'il a pour fonction de mouiller le l, ne forme pas de combinaison avec la voyelle précédente : ba-il. pare-il.
2. AI se prononce comme e sonore; cette combinaison peut être accentuée, comme dans Jf^iair/p, râide, ou atone, comme àajas plaider, raideur. Dans la pénultième accentuée, le ai a toujours le son de e ouvert •.fainie. Dans la syllabe finale tonique, ai est ouvert ou fermé dans les mêmes conditions que le e sonore (§ 4t) -.je ferais et je fera.!, il elianta.it ei je clianta.!, mais et mai, etc. La différence de son de ai dans Jg ferais et je ferai se maintient dans la pénultième : ferais-je, ferai-je'? *
Dans un assez grand nombre de cas, l'orthographe ai est indifiuée i)ar la présence du a étymologique dans les mots de la même famille, par ex. aiV, aérer; lait, lacté; pair., pareil; paix, paisible, etc. Il en est de même de ei dans pteine, pénible.
On écrivait autrefois montaicjne, châtaigne, et l'on prononçait montagne, cJuitagne; aujoiird'luii nous disons montagne et Mont((igne sans tenir compte du /, tandis que nous le maintenons régulièrement dans châtaigne.
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La combinaison ai provient : 1» do a accentué devant une nasale : abne de amo; — 2" de la vocalisation d'une gutturale précédée de a touiqvu^ : fait de fActus; — 3" de l'attraction d'un i atone par a tonique : bdA.se de b&sio (§ '25); — 4° de la chute d'une consonne ; chaîne de C3i[t)ena (S îW); — .> d'un a atone : aigu de acutus (§27). Ai représente souvent ei foi), cornine vaincre pour vein- O'e, de vincere. — Il n'est pas douteux que ai n'ait été primitivement diphtongue {— provent'al ai], mais il ne l'est pas i-esté iiien longtemps et s'est confondu de bonne heure avec le son de e.
3. El a, comme ai, le sou du e souore; cette combiuaison ne se présente eu géuéral que daus la S3llabe l'éuultième accentuée, comme peine, et elle se cliang-e ordinairement en é dans la sj'llabe atone, comme pénible.
La combinaison ei n'existe plus que dans un p itit nombre de mots; elle a en général été remplacée par oi, qui a la même origine (v. 4),
4. 01 est toujours diplitougue, et la prononciation moderne de cette combinaison est oiia en appuj-ant sur la dernière voyelle: boire, pois, foie, foi. Elle se présente en général dans les syllabes accentuées : toile, noix; mais elle peut aussi être atone, comme daus toilette, voiture; quekpiefois même / disparait dans la prononciation, o conservant le son qui lui est propre, ce qui a lieu dans les mots oigtion ou ognon, moignon, poignée, poignard^ poignarder, poignet, encoignure ou encognure, poireau ou porrecm.
Les deux voyelles composées ei et oi, quoiqu'elles aient aujourd'lmi un son si différent, ont cependant la même origine; elles proviennent : i» de la mutation de e fermé (= (', ï' tonique ; reine de noua, soie de sQta, poire àe pirns; — 2" de la résolution d'une gutturale ; toit de tectum, étroit i]e strictus (§25). Dans ces deux cas, ei et oi n'étaient que des variantes d'orthographe etsonnaient de même dans la plupart des dialectes, c'est-a-dire comme le provençal ei en appuyant sur la première voyelle. Mais oi n'était pas l'équivalent de ei. quand, o se trouvant déjà dans le latin, la combinaison oi provenait de l'attraction de ?., comme dans gloire de gloria, ou de l'adoucissement d'une consonne, comme dans voix de vox [vocsJ(i^ 25); alors l'ancienne prononciation était d'abord littéralement oi, puis ouè (= oua dans le français moderne).
5. AU a le son de o, et cette combinaison peut être accentuée : choMnie, ch&iid, /;o//au, ou atone : chsiuffer, emboMmer. Eau se prononce comme o, le e étymolog-ique est nul (i; 74), mais il sonne dans les dérivés : chapeau, chapelier.
Dans l'intérieur des mots, l'étymologie seule peut nous apprendre s'il faut 0 ou au; il en est autrement à la fin des mots. En effet le son o final des substantifs se rend : 1" par la monoplitongue au précédée d'un e nul, excepté dans les mots bau^ bnrgau, étau, landau, pilait, sarrau, senau, unau, et dans les mots suivants où le son au est précédé d'une voyelle ou d'un y- féau, préau, eornnau, gluau, gruau, truau ; fabliau, aloi/aUj hùyau, liuyau, joyau, noyau, tuyau; — 2" par r/?/ suivi d'une consonne nulle dans les mots : artichaut, assaut, boucaut, défaut, héraut, levraut, saut, sursaut; cabillaud, réchaud, nioricaud, ni-