LIAISON DES M0T
/ de l'adjectif f/f;?/// se lie avec le son mouillé : un c/eutil enfant; mais elle est de nouveau nulle au pluriel et la liaison se fait avec s ; de gentils enfants. Voilà pourquoi la lettre / de gentillionune se prononce avec le son mouillé au singulier, tandis qu'elle est muette au pluriel : gentilshonunes.
c) La liaison de la finale n non articulée se fait dans les cas suivants :
1° La liquide n terminant un adjectif ou un mot de nature adjective (les pronoms adjectifs et le nom de nombre im) se lie à la voyelle initiale du mot suivant, si c'est un substantif ou un adjectif suivi de son substantif : un certain individu^ le moyen âge^ un homme, /m ancien ami, aucun étranger, mon enfant, son excellent frère. Dans cette liaison, la voj^elle qui précède le n final perd en général le son nasal et l'on prononce ainsi : mo-n^cmi.
De là il résulte qu'on ne doit pas lier la finale n d'un mot adjectif ou de nature adjective qui n'est pas suivi de son substantif, ni la finale v d'un substantif", quel que soit le mot suivant : J'en ai ru un | an tliéâtre, cJiacun | a ses petits défauts, le mien \ et le tien, cela est bon \ à dire, Vun \ et Vautre sont morts, il est fin \ et rusé, un bain \ agréable, maison \ à vendre.
La finale in ne se lie que dans les adjectifs divin et malin, où. elle garde le sou nasal : Le dit-in Homère, le nudin esprit.
â'' Les mots de rapport on, en, bien, rien, lientleur finale à la voyelle initiale du mot suivant, s'ils sont avec ce mot dans un rapport grammatical, c'est-à-dire, si on est suivi d'un verbe ou d'un pronom conjoint ,v';/, d'un nom. d'un verbe ou d'un adverbe; bien et rien, d'un verbe, d'un adjectif ou d'un adverbe: On écoute, on y ra, on a raison, en Allemagne, il y en a, en avant, je vous en avertis, il est hien habile, c'est bien autrement difficile, il n'a rien appris, je n'ai rien à vous dire. Mais on ne fait point la liaison lorsque ces mots sont suivis d'un autre mot avec lequel ils n'ont aucun rapport grammatical, ou lorsqu'ils sont employés substantivement : Est-on \ arrivé, ira-t-on \ à la guerre, donnez-m'en \ un peu, allez-vous en | au jardin, n'en dites rien | à personne, est-ce bien | ou mal, on | est un sot, le bien | et le mal, rien | est peu de cJtose.
d) La finale m non articulée ne se lie jamais : la faim | et la soif.
4. En principe, la liaison des muettes et des spircodes se fait toujours avec la dernière cousonne finale: trois ans, un méchant liomme; mais si la consonne finale est précédée d'un r, comme ce r se prononce, l'hiatus n'existe pas et la consonne finale ne
§ r>7 MAISON DES MOTS Hl
se lie pas en général : un rempart \ élevé. Au pluriel, la liaison se fait ?iYec le s : de méchants hotumes; quelques-uns lient le s même quand il n'j' a pas triiiatus, comme on l'a vu ci-dessus : des rempaiis élevés.
a) La finale s se lie toujours avec le sou faible, quand elle appartient à un déterminatif suivi de son substantif, à un pronom suivi d'un verbe ou d'un autre pronom, à un verbe suivi d'un circonstanciel : Mes amis, pauvres enfants, vous aimez, ils en parlent, je vais à Vécoh. La finale .s non articulée ne se lie point, quand elle appartient à un substantif, adjectif ou participe employé au singulier : le bras \ étendu, un avis \ intéressant, un os I à ronger; mais la liaison est obligatoire au pluriel : les bras étendus, des avis intéressants, des os à ronger. Le s de sus se lie : sus, allons.
La liaison de la finale x ou z est obligatoire quand cette consonne appartient à un déterminatif suivi d'un substantif, ou à un verbe suivi d'un circonstanciel : UnfaiŒ. ami, dewK hommes, aun enfants, je veu^ y penser, courez à son secours. La liaison de la finale x ou 2 d'un substantif suivi d'un adjectif est facultative au singulier, mais obligatoire au pluriel : un épou^ ('■ffliO''', "'' nez aquilin, — des épou^ afflif/és, des nez aquilins. La liaison de la finale .r d'un substantif ou d'un adjectif ne se fait pas avec le verbe qui suit : les voix \ étaient pjartagées.
h) Le t final seul se lie en géwéral: il parlait avec feu, une nuit épaisse; mais : ce mot \ a vieilli, un assaut \ acharné, dégât \ effragant. Le t du mot et ne se lie jamais : il lit et \ écrit. — Le t final précédé d'un n ne se lie pas toujours; mais les cas où il doit y avuir liaison ne peuvent pas être déterminés par des règles bien positives. Exemples : Il vint à temps, un méchant homme, avant eux, cent hommes, un accent aigu, un mont escarpé, avant-hier. — Un accent | agréable^ cet enfant \ est sage, un gant
I étroit, un étu/liant \ en droit. — Le t de (piant se lie toujours : quant à moi. Lef de cents% lie toujours, excepté devant et et un : cent I et un hommes, cent \ un louis. — Après r, le t final ne se lie pas en général : dé^iert \ immense, il part \ à V instant, il dort
I en paix. On ne lie le t de fort (^ue lorsque ce mot est adverbe : il est fart habile ; — ce fort \ a été pris, il est fort \ et courageux. Le t de fort, adjectif, se lie dans la locution fort et ferme.
c) Le d final seul ne se lie pas : le chaud \ et le froid, le pied
I écorché. Cependant le d du mot/>/>r/se lie avec le son du f dans
les expressions suivantes : pied à terre, de pied en cap, et dans la
forme inteiTOgative des verbes : coud-elle? — Précédé d'un //,
le d final se lie en général : grand homme, vcnd-d, profoiid
142 IMiOXONCIATIOX l)r:S 3rOTS ÉTliANnKKS § 58
abîme, de fond en comhJe^ la ne'Kje fond ait soleil; mais : n)i fond
I /)iéji)(isahle^ tin tisserand | habile, (jrand \ et généreux, fécond | en ressources. — Après r, le d fiual ne se lie jamais : le nord I et le midi, sourd \ et muet, bord \ escorjyé. Cependant le d de il perd se lie comme un t dans le discours soutenu et dans la récitation des vers seulement : il perd un temps précieux; il se lie toujours dans la forme interrogative : perd-il'?
d) Le c final de tabac se lie toujours : du tabac à priser; il ne se lie pas dans estomac, ainsi que dans broc, croc, excepté dans les locutions : manger de la viande de broc en bouche, croc-enjambe. Après n, le c final se lie presque toujours : franc étourdi, du blanc an noir.
e) Le g final ne se lie (avec le son du c) que dans la plupart des mots où il est précédé d'un ;/ : sang élevé, sang hunmin, suer sang et eau, long ennui'; mais : le j^oing \ ouvert, un étang
I ovale, un sang \ illustre. Quelques-uns lient le g de bourg au singulier : wi bourg (c) étendu.
f) Le p final se lie : il est trop heureux, il a beaucowp appris, un fpp et son éclialas; mais : le lou^ \ a été tué, ce dra]) \ est cher, COU]} I inattendu. Le p de champ et de camp ne se lie jamais.
g) Le b de plomh, qui est le seul mot où cette consonne soit finale, ne se lie jamais.
h) Le f de neuf (nom de nombre) se lie avec le son du v : neuf ans.
5. Lorsqu'un mot est terminé par deux consonnes, dont la première n'est pas une liquide, la liaison se fait en général avec la dernière : il est instruit, sept hommes. — Si la dernière consonne est .s, la liaison ne se fait qu'au pluriel; ainsi : un mets | exguis, un corps \ ensanglanté; et : des nais exquis, des corps en- .'^anglantés. Le s de fils se lie, même au singulier .- un fils unique. Dans les mots aspect, respect, etc., la liaison se fait avec le c et le t reste nul : respect humain. Il en est de même des mots où et est précédé den : instinct admirable. Au pluriel, la liaison se fait avec .s .- des aspects odieux. La liaison n'a jamais lieu dans// rompt, il corrompt et il interrompt, excepté toutefois à la forme interrogative. Ainsi : la corde romjji | à Vinstant, la corde se rompt-elle ?
AHicle IV. — Prononciation des mots étrangers.
Le français possède beaucoup de mots tirés des langues étrangères et dont l'introduction est de date récente. Ces mots conservent un certain temps leur prononciation originelle plus ou moins pure ; mais, soumis dès l'abord aux lois de l'accentua-
§ 5S rUONONCIATIOX DES MOTS ÉTRANGERS U3
tion française, ils finissent par i)reudre la prononciation des mots purement français, telle qu'elle est rég-lée par les principes que nous venons d'exposer. Ainsi, par exemple, le mot anglais wagon s'est d'abord prononcé ouagc»), mais avec l'accent tonique sur la dernière syllabe ; aujourd'lmi ce mot se prononce complètement à la française, c'est-à-dire ragou , et c'est ainsi qu'on l'écrit ordinairement, malgré l'Académie, qui continue à écrire iragori.
Voici les remarques les plus essentielles sur la prononciation des mots modernes empruntés aux langues étrangères ainsi qu'aux langues anciennes et que l'usage n'a pas encore complètement francisés.
Le H a le son français dans les mots tirés du latin : rébîts; il en est de même de quelques mots empruntés à l'anglais : club, puff, turf, ou aux langues slaves : uhlun, ukase (^) ; mais n sonne comme on dans quaker ou guaJi-re, quartz^ guano.
Dans les mots anglais oo sonne comme ou : groom, sloop ou sloup, schooner-j ee et ea comme i : speech, spleen, gankee, steamer ; a comme e dans ah, Uidy, square. Toast se prononce et s'écrit aussi toste; keepsake se prononce kipsec. Le e de la finale er se prononce quelquefois à la française : clipper ou Uipper, spencer, tender, mais souvent aussi avec le son mi-muet : steamer, comme en allemand : kreutzev.
Dans les mots étrangers, n ou m terminant la sj^llabe conserve en général le son qui lui est propre et ne rend pas nasale la voyelle qui précède : amen, hgmen, pollen, lichen, spécimen, item, décemvir, décemvirat, intérim, etc.; dans ce cas, nm sonne comme orne : compendium,factuni, opium, pensum, rhodium, rlnim, triumvir, etc. Sont exceptés : V les mots où un a le son de la nasale o)i : junte, lunch (lonclie), punch, nuncujJatif, Sund, etc., et quelques mots où uni se prononte de même : lumbago, rumb, umble, Humboidt et autres noms propres étrangers; 2" les mots du langage scientifique, où en sonne comme i)i : endéragone, ensiforine, r1u}dodendr(m ;?>" les mots Adam, quidam, (rgeiala, examen, dans lesquels am ou en est voj^elle nasale. Le m de hem est sonore.
In est voyelle nasale dans in-folio, in-(/uarto,ma.\s le n sonne au contraire dans in-globo, in-octavo.
Le l mouillé se rend par gli dans les mots italiens : imbroglio, de Broglie; par // dans les mots espagnols : Itanui ou g/ama.
avec
(1) n y a élision et liaison avec le mot ukase: l'ukaxe, les ukases, cet ukase, mais pas ec uhUin : le uhlan, les uhlans, ce uhlan.