DU GENRE EN GÉNÉEAL
Enfin, dans un certain nombre d'autres mots, les deux formes, nominatif et ;iccusatif, ont survécu à la fois; mais, au lieu de rester les deux cas d'un même nom, elles sont devenues des mots didérents, par ex. chantre (cfintor) et chanteur (canttirem), pâtre (pôstor) et pasteur (pRs\ôreïn) , maire (rnâjor)et majeur (rnajorem), sire, vieux franc" sinre, sindre (senior) et seigneur, d'où sieur (seniôrem).
Article III. — Du gonre dans les noms.
A. Du genre en général § 04 On appelle genre^ dans les noms de personnes, la propriété qu'ils ont de distinguer par leur forme le sexe des indlvichis.
Il y a deux genres : le mascul/n pour les hommes, et le féminin pour les femmes. Cette distinction du genre naturel se marque entre autres par des noms différents, comme lej^èreja mère; le cousin, la cousine^iWAiB principalement ]}2i\: \ç^^ pronoms ^personnels de la 3*^ personne : Il part, elle^jc/rf. On le voit, on la voit.
Les clioses n'ont pas de sexe ; mais le français ne marque pas d'une manière spéciale le genre neutre, c'est-à-dire l'absence de genre, et tous les substantifs désignant des clioses sont distingués, d'après leur forme, en noms masculins, comme le pain, le canif, ou noms féminins, comme la neige, la joie.
Les noms d'animaux sont en général assimilés aux noms de clioses, par ex. le serpent (mâle ou femelle), la fourmi (mâle ou femelle) ; sont exceptés toutefois les noms des animaux qui sont le plus rapprochés de l'homme et pour lesquels la langue marque aussi la différence de sexe, par ex. le taureau, la vache; le chien, la cJiienne.
De ce qui précède il résulte qu'on ne doit pas confondre le genre naturel avec le genre grammatical. Le genre naturel est celui qu'on distingue dans les êtres animés et qui les classe en mâles et femelles. Le genre grammatical est celui qui est donné à un mot par l'usage de la langue.
Le latin avait trois genres : le masculin, le féminin et le neutre. Le français a adopté le masculin et le féminin. Il a conservé du neutre sa forme et son idée dans quelques parties du discours, par exemple dans les pronoms ; mais le neutre du substantif a entièrement disparu, et les mots de ce genre en latin ont passé au masculin, dont la forme, au moins pour la deuxième déclinaison, se rapprochait le plus de celle du neutre.
a) Les noms latins masculins sont ordinairement restés masculins en français. Les exceptions ne sont pas rares; elles s'expliquent souvent par l'influence du e muet final, qui est le signe caractéristique du féminin en français, comme dans l'auge dat. alveus, m.), la puce (pulex, m.), etc. Cependant les noms abstraits en or, qui sont tous masculins en latin, sont devenus féminins en français, malgré leur terminaison masculine, comme la fureur (furor, m.), la vapeur (vapor, m.).
§ 65 XOMS DE TERSONNES 16")
bj Les noms latins féminins sont également restés féminins en français. Les exceptions sont très nombreuses; quelquefois le e muet (= a latin) a été supprimé, comme dans Vépi (spica, f.), mais le plus souvent le mot devient masculin sans égard à la terminaison, comme le platane (platanus, f.), le porche (itoiticus, f.), etc.
c) Les noms latins neutres ont pris en général le genre masculin, comme l'or (aurum), le pré (pratum), l'incendie (incendium), Vail (allium), le verre (vitrum), le siècle (seciilum); rarement le féminin, et dans ce cas la terminaison est le plus souvent féminine : l'huile (oleum), l'orcjo (liordeum), l'étable (stabulum), l'étude (studium), la foudre (fulgur), la mer (mare), etc. A cette catégorie appartiennent les neutres latins dont le pluriel en a ffesta, folia, gaudia, grana, labra. opéra, vêla) a été confondu dans le latin vulgaire avec le nominatif singulier des noms féminins de la première déclinaison (comme rosa] ; de là viennent nos noms féminins fête, feuille, joie, graine, li'vre, onivre, voile, formés des neutres festum, folium, gaudium, granum, labrum,opus, vélum! les noms de fruits sont de cette espèce : cerise, fraise, inûre, pomme, poire, prune, de cerasum, fragum, niorum, pomum,piruni. prunum.
B. Noms de personnes
1. Dans les noms àe 2)er sonnes, il y a accord entre le genre grammatical et le genre naturel. Ces noms sont masculins ou fétninins, selon qu'ils désignent des hommes ou des femmes.
Quelques noms originairement féminins forment une exception apparente ; ce sont des noms de choses, surtout abstraites, qui, s'appliquant par métonymie aux personnes, se disent exclusivement des hommes sans changer de genre, comme une sentinelle, pour un soldat qui est en sentinelle, tme estafette, une vedette, une vigie, une recrue; une clarinette, pour un homme qui joue de la clarinette; une basse, pour un chanteur qui a une voix de basse, etc.
Les substantifs désignant des êtres surnaturels sont masculins ou féminins, selon qu'on se les ligure comme mâles ou femelles; par ex. : génie, angit Borée; — fée, nymphe.
2. La distinction du genre dans les noms de personnes se fait de deux manières :
a) Par des mots diiîérents, surtout pour les noms de parenté et d'âge: rjiomtne, la femme; le père, la mère; le papa, la maman; le frère, la sœur; V oncle, la tante; le parrain, la marraine; le (jendre, la bru; et pour les noms de baptême : Jules, Marie.
Le mot homme désigne aussi l'homme en général, sans distinction du sexe : L'homme pense.
b) Par des mots qui ne diffèrent entre eux que par la terminaison, le mot téminin étant en général formé du nom masculin par l'addition de e, quelquefois de &s,sr, de ine ou d'un suffixe diminutif; c'est ce qui a lieu pour quelques noms de parenté : le fils, la fille; le cousin, la cousine; ou de baptême : Louis, Louise;
l^C> .\OMS I)'aî\'1MAUX § G6
Joseph, JosépJii ne] Jean, Jean)ietfe ; ma.is surtout pour les noms de profession : le marchand, la marchande; le maître, la maîtresse.
Les substantifs-adjectifs employés comme notns de personnes sont masculins ou féminins, selon qu'ils servent à désigner un homme ou une femme; le féminin est toujours en e : le savant (l'homme savant), la malade (la femme malade).
Certains noms de personnes du genre masculin n'ont pas de forme particulière pour le féminin, parce qu'ils désignent des états ou des professions qui conviennent plus spécialement aux hommes; tels sont : auteur, écrivain, poète, peintre, docteur, général, charlatan, etc. On doit donc dire : 3/""' de Staël est un grand écrivain. Quelquefois même on emploie le masculin, bien que la forme féminine existe : La mère doit être le premier instituteur de son enfant (Bern.). D'autres noms féminins, en petit nombre, désignant des choses abstraites, s'emploient comme noms de personnes et se disent des hommes aussi bien que des femmes : // ou elle est ma caution, // ou elle fut sa dupe.