II III
flors /lor /lors (lor-s
Le XIII- siècle réduisit à une seule ces trois déclinaisons de la première époque de la langue française. On prit comme type la deuxième déclinaison, et on en appliqua les règles aux deux autres. II en résulta que la lettre s caractérisait le sujet au singulier et le régime au pluriel; c'est ce qu'on appelle la règle du s :
Singulier. Pluriel.
Nom. )nu>'«s-mur-s muri-mur
Ace. murum- muv muros-mur-s
Au XIV« siècle, la distinction d'un cas-sujet et d'un cas-régime est abandonnée; on se borne désormais à n'employer qu'un seul cas pour cbaque nombre, et l'on prend pour type le (;as-régime; c'est ainsi que le s du cas-régime murs [murosj devint pour la langue française la marque du pluriel, et que l'absence du s au cas-régime 7nur (murum) fut le signe distinctit du singulier.
Ainsi la plus grande partie de nos substantifs viennent de l'accusatif latin. 11 y a cependant des exceptions.
l" Los noms suivants sont des nominatifs de la deuxième déclinaison : fils (lilius), fonds (fumlus), lacs (laqueus), legs (legatus), lis (lilius), lez (latus), puits (puteus), rets (refis); il en est de même tie quelqiu's noms propres : Charles (Carolus), Jacques (Jacobus), Louis (Ludovicus), etc.
2" Une llexion spéciale, fiiée tIe la troisième déclinaison latine, comprenait les mots avec accent mobile, presque fous masculins, dont un certain nombre étaient imparisyllabiques, c'esKà-dire avaient au cas oblique une syllabe déplus qu'au cas direct : pâstor-pastorem . Il en lésulta pour ces mots une double forme dans l'ancien français : l'une paslre (pastor) au cas-sujet, l'autre pasteur (pastorem) au cas-régime. Là, comme dans la de\ixième déclinaison, c'est le casrégime ou accusatif qui l'em|)orta au XIV« siècle ; ainsi les nominatifs abbe (âbbas), fauc (hUco), lerre (\àlvo), serpe (sérpens.), en/'e (infans) ont dis|)aru, tandis que les accusatifs abbé (abbàtem), faucon (falcônem), larro)i (latroiiem), serpent (serpentem). en/'ani (iutôn tem), ont persisté; de même les nominatifs bers, comimins, empereres, gars, ont été supplanb-s par les accusatifs baron, compagnon, empereur, garçon.
Dans quebiues mots très peu nombreux, c'est au contr.iire le nominatif qui a persisté et l'accusatif qui a péii : ancêtre (antece'ssor), peintre (pi'clor), sœur (soror), traître (trad/tur), trouvère (trovfitor).