‹ Cours de langue française [microforme]Chapitre 150 sur 203 · L'écolier, l’aveugle et son chien · texte numérisé non relu

L'écolier, l’aveugle et son chien

Clargé d’une besace, un bâton à la main,

Cheminait un viei!lard appesanti par l’âge,

56 qui des yeux encore avait perdu l'usage ; A allait mendiant son pain.

Un trésor lui restait au sein de hu misère,

Le meilleur des amis.—Qui donc ? Etait-ce ‘un frère ? Un cousin ?...—Non, c'était sen chien.

On l'appelait Fidèle, il le méritait bien ; Car cet animal débonnaire,

Par un léger cordon seulement attaché,

Conduisait en tous lieux le nouveau Bélisaire,

Et flairait de cent pas un bienfaiteur caché. Comme {1 passait près d’un collége,

Un maudit écolier qu’inspire le démon, Saisissant un fer sacrilège,

Du guide officieux a coupé le cordon.

“€ Plante-moi Jà, dit-il, cet homme à barbe grise; Sois libre et va courir les champs :

La place d'un tel homme avec ses cheveux blancs Est à la porte d’une église.

Quoi! répond lo chien généreux, Trahir ainsi sa confiance!

Laisser à l'abandon un ami malheureux.

Quand il ra dit cent fois, dans sa longue souffrance :

Dictées de récapitulation.

QU Fidèle, aur la terre ‘© C'est ma dernière providence, ”

est mou dernier appui

Et tu voudrais, méchant, me séparer de Jui !

Qui prendrait soin de fe conduire ?

—Que t'importe ? va, fuis.—Non, je n’en ferai rien. —C'est ton bien que je veux.— Mais tu lo veux pour rien, Dans le malheur d'autrui PCUL-on trouver son bien ? ” À ces mots, il retourne au vieillard qu'il caresse, Et l'avougle, en versant des larmes te tendresse, Au cou du chien Joyeux rattache son lien, LE Batiry,

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