LE CORPS
Notre corps est, sous tous les rapports, de beaucoup supérieur à celui des animaux. — Les animaux portent leurs regards vers la terre ; nous, au contraire, nous portons les nôtres vers le ciel oh. est notre véritable patrie. — Notre corps se compose de la tête, du tronc et des membres. — La tête est couverte de cheveux par-dessus et par derrière. — Ces cheveux la protègent contre Thumidité, le froid et les atteintes des corps durs. — La tête est la plus belle partie du corps de l'homme. — Il y a des cheveux de différentes couleurs : des noirs, des châtains, des roux, des blonds et des blancs. — La partie supérieure de la tête s'appelle le crâne. — Le devant de la tête se nomme le visage ou la figure. — Dans le visage, on remarque le front, les yeux, le nez, les joues, la bouche et le menton. — Aux côtés de la tête on remarque les oreilles et les tempes.
Les yeux, qui se trouvent placés dans des cavités, se composent de diverses parties, dont la principale est la pupille qu'on appelle aussi prunelle. — Les yeux sont recouverts par des paupières bordées de cils. — Les yeux sont les organes de la vue. — Je puis voir la forme, la grandeur, la couleur et bien d'autres qualités des objets. — Je vois mes parents, mes frères, mes sœurs, mon maître, mes amis et beaucoup
d'autres personnes. — Je vois le jardin avec ses arbres et ses fleurs. — Je vois le firmament, le soleil, la lune et la multitude innombrable des étoiles. — De quel avantage les yeux ne nous sont-ils pas à Pécole ? — Que l'aveugle est malheureux î — Quel bonheur pour moi de jouir de la vue ! Je veux faire un bon usage de mes yeux et ne jamais regarder des choses défendues.— Les yeux sont placés de telle sorte que nous pouvons les mouvoir et les diriger dans toutes les directions. — Ils sont d'une grande sensibilité ; une légère blessure à l'œil cause de grandes douleurs et peut avoir des suites funestes. — Aussi remarquez bien de quelle manière ils sont protégés ; ils sont enfoncés dans la tête, entourés d'os très forts, surmontés de sourcils qui arrêtent la sueur du front, et ils sont garnis de paupières qui les recouvrent pendant le sommeil.
Aux deux côtés de la tête, on remarque les oreilles, organe de l'ouïe. — Au moyen de ces organes, j'entends ce que disent mes parents, mes maîtres, mes frères, mes sœurs, mes compagnons d'école, et tous ceux qui parlent. — Je puis distinguer aussi, par l'ouïe, si les personnes que j'entends sont gaies ou tristes; si elles sont contentes ou non de moi. — Je puis entendre de même le chant et la musique. — L*ouïe facilite l'instruction. — Elle nous avertit de certains dangers pendant le jour et pendant la nuit. — Celui qui n'entend pas est sourd. — Lorsqu'un enfant est sourd de naissance il reste également muet, et on l'appelle sourd-muet. — Le sourd-muet est fort à plaindre et souvent très malheureux. — Heureux celui qui entend ; et doublement heureux celui qui comprend ! — Je veux écouter avec soin ce que mes parents, mes maîtres me disent, et leur obéir.
Dans la face, on remarque la bouche composée des lèvres, de la mâchoire, des dents, de la langue et du palais. — Nous nous servons de la bouche pour parler, pour manger, pour boire, pour respirer, pour chanter, pour prier. — Les parties de la bouche qui sont nécessaires pour parler, s'appellent les organes de la parole. — On peut parler vite ou lentement, haut ou bas, intelligiblement ou inintelligiblement. — Les organes de la saveur ou goût, sont la langue et le palais.
Le nez sert à flairer et à respirer. — Parmi les objets, il y en a qui répandent une odeur agréable ; d'autres une odeur désagréable. — Par l'odorat, je puis distinguer les diverses qualités des aliments : l'odorat m'avertit de ne point manger les choses répugnantes ou nuisibles. — Le cou joint la tête au corps. — Le derrière du cou s'appelle la nuque ; le devant, la gorge. — Les membres sont attachés au corps. — J'ai deux bras ; chacun d'eux est terminé par une main ayant cinq doigts. — Les noms des doigts sont le pouce, l'index, le médius, l'annulaire, l'auriculaire ou le petit doigt. — Au moyen des bras et des mains, je puis faire diverses choses. — J'ai aussi deux jambes auxquelles se trouvent attachés les pieds, qui ont, comme les mains, cinq doigts. — Je me sers des pieds pour me transporter d'une place à une autre en marchant, en sautant ou en courant. — Les membres, pour être propres au mouvement, sont pourvus d'articulation. — Aux doigts des mains et des pieds se trouvent des ongles. — J'ai cinq sens, qui sont: la vue, l'ouïe, le goût, l'odorat et le toucher. — Quatre de ces sens ont leur siège à la tête : le toucher est répandu sur toute la superficie du corps.
La charpente du corps s'appelle squelette. — Elle est composée d'un grand nombre d'os unis entre eux d'une manière si admirable, que nous pouvons, avec la plus grande facilité, marcher, courir, sauter, nous courber, nous redresser, travailler ; en un mot, faire presque tous les mouvements que nous voulons.— Parmi ces os, quelques-uns renferment de la moelle. — Les os sont entourés de chair, et cette chair est rerouverte d'une peau. — Selon les races, la peau est blanche, jaune, brune, rougeâtre ou noirâtre. — Dans la tête se trouve le cerveau ; dans l'épine dorsale, la moelle épinière d'où partent les nerfs. — Dans le haut du tronc sont placés le cœur et les poumons ; dans la partie inférieure du tronc se trouvent l'estomac, les intestins ou boyaux unis par le mésentère, le foie, la rate et les reins.
Du cerveau par le moelle épinière, partent les nerfs qui se dirigent dans toutes les parties du corps. — Les nerfs ressemblent à des fils blancs et très déliés. — Ils se trouvent dans toutes les parties du corps : dans les yeux, dans les oreilles, dans le nez, dans la langue, sous la peau, partout, excepté dans les ongles et dans les cheveux. — Ce sont les nerfs qui donnent au corps la propriété du toucher, aux yeux celle de la vue, aux oreilles l'ouïe, au nez l'odorat, et à la langue la propriété de la saveur. — Je puis sentir le battement de mon cœur. — Le sang part du cœur par les artères pour circuler dans tout le corps, et il revient au cœur par les veines. — La respiration porte l'air dans les poumons et l'y met en contact aveclesang. — Je respire continuellement de l'air par le nez et par la bouche ; et cet air parvient par la trachée dans les poumons qui l'expirent tout de suite. — L'homme, placé dans un endroit où
il ne pourrait respirer, par exemple dans l'eau, devrait infailliblement mourir. — Les aliments, après avoir été broyés dans la bouche, entrent par le gosier et par le conduit alimentaire dans Testomac, où ils sont digérés. — Le corps peut être grand ou petit, fort ou faible, bien portant ou maladif. — Quand je suis bien portant rien ne me fait mal. — Je suis gai et de bonne humeur : je suis alors disposé à appreudre et à travailler. — Tout ce que je mange et bois me semble bon, et mon sommeil est paisible. — Le malade éprouve de vives douleurs. — Sa figure est pâle et BOQ regard est terne. — Son esprit est sombre, et il n'est point disposé à apprendre. — Il est indifférent au jeu, au chant, à la musique, et à tout ce qui lui faisait autrefois plaisir. — Quoiqu'il garde continuellement le lit, il ne dort pas, et il ne trouve pas de repos. — La nuit lui semble bien longue, et il soupire après le jour, espérant que celui-ci lui procurera du soulagement. — Mais c'est en vain, car le jour se passe, et ce pauvre malade gémit encore ; dès lors il désire ardemment la nuit dans l'espoir de trouver quelques moments de repos. — Mais hélas ! pas encore de repos ! — Le moment de la convalescence n'est pas arrivé pour lui.— Qu'il est grand le bonheur de se porter bien !
Pour conserver mon corps en état de santé, il faut que je prenne de la nourriture. — Je mange quand j'ai faim et je bois quand j'ai soif. — Celui qui mange ou boit trop, se rend malade et commet le péché de gourmandise.
Les aliments nous sont fournis en partie par le règne animal, en partie par le règne végétal. — Toute notre nourriture doit être propre, saine et substantielle.— Cependant il n'est pas du tout nécessaire de
prendre des aliments rares et délicats ; il est même dangereux de s^y habituer. — La gourmandise est la voie qui mène directement à la mendicité. — Cela veut dire que celui qui aime trop les friandises et les choses exquises s'expose à devenir pauvre. — Le gourmand risque, en outre, de nuire à sa santé, et de devenir un menteur ou un voleur. — La meilleure boisson, c'est l'eau fraîche. — La bière, le vin et le café sont moins salutaires. — Evitez surtout de prendre de l'eau-de-vie : c'est un véritable poison. — Quiconque boit trop de spiritueux devient ivre. — Un homme ivre ne peut ni marcher ni se tenir sur ses jambes :il chancelle et tombe. — Il parle difficilement, et rien de ce qu'il dit n'a de sens. — Souvent il blasphème, il jure et parfois il se rend coupable de grands crimes. — Celui qui s'enivre très souvent devient stupide et perd le goût du travail ; il ruine sa santé, s'attire le mépris d'autrui, devient misérable sous tous les rapports, et se prépare une mort anticipée. Il faut que le corps soit couvert de vêtements pour être préservé de l'intempérie des saisons. — Mes vêtements sont bons, lorsqu'ils sont propres et non déchirés. — De riches habillements ne rendent ceux qui les portent ni plus sages ni plus instruits. — L'habit ne rend pas l'homme honorable. — Celui qui aime trop à se parer est fat et orgueilleux. — Il dépense son argent à acheter des objets inutiles, tandis qu'il pourrait en faire un meilleur usage. — Parmi les gens vaniteux, il y en a qui portent atteinte à leur santé en se serrant trop fortement le cou ou la poitrine.— La vanité entraîne à d'autres fautes et à d'autres tolies. — Le corps humain a une forme gracieuse ; il est merveilleusement organisé ; nous y trouvons mille détails dignes de notre admiration. —
Cependant la partie la plus noble de l'homme eet ?âme qui est unie au corps.
l'ame
Je ne puis voir mon âme ; elle est immatérielle. — S'il m'arrive quelque chose d'agréable, j'éprouve de la joie ; les choses désagréables, au contraire, me contrarient, me rendent tristes. — Ce n'est pas le corps qui éprouve ou de la joie ou de la tristesse, mais bien l'âme, et c'est pourquoi on dit : Uàme a du sentiment.
Je puis faire des réflexions sur les objets, par rapport à leurs qualités, à leurs usages, et aux lieux d'où ils proviennent. — Je puis faire en moi les réflexions suivantes concerrjant un arbre : il est vert; il croît et fleurit ; il nous donne des fruits ou du bois ; il est provenu d'un pépin. — De même je puis faire diverses réflexions touchant une chaise, une table, une fenêtre, le papier et une multitude d'autres objets.
En voyant à travers la fenêtre que les branches et les feuilles d'un arbre se meuvent, je fais la réflexion suivante: L'arbre se ment parce qu'il fait du vent. — Je réfléchis sur la cause du mouvement. — Lorsque je vois tomber de la pluie, je pense ceci : La pluie rend la terre humide ; je me représente les effets divers de la pluie. — Je suis eu état de trouver les effets produits par diverses causes., et les causes qui ont amené un de ces efîets. — Il fait chaud dans une place. — Sur l'eau se forme de la glace ; la glace et la neige se fondent. — Les ailes d'un moulin à vent, ainsi que la roue d'un moulin à eau tournent.
Au soir on est fatigué ; le matin, au contraire, on est réconforté et réjoui : tous ces effets proviennent de causes que je puis facilement trouver.
On allume le feu dans le poêle. — On commet des imprudences dans l'usage du feu. — Certain jardinier est paresseux, il néglige son jardin. — Un autre travaille, il cultive ses terres avec beaucoup de soin. — Un enfant est pareeseux, un autre est appliqué. — Ce sont des causes dont il m'est facile d'indiquer quels seront les eôets. — Donc, mon âme pense, réfléchit : ou, en d'autres termes, elle a la faculté de penser.
Je puis comprendre lorsque mes parents me disent : Dieu est le créateur et le coneervateur de toutes choses. — Dieu nous aime ; nous sommes dans le monde pour l'aimer, pour faire ce qu'il nous commande, et devenir par là éternellement heureux.
Je puis concevoir ce qui est vrai ou faux, ce qui est bien ou mal. — C'est mon âme qui perçoit, qui comprend et qui distingue tout cela. — C'est d'après ces considérations qu'on a dit : L'âme a de la raison.
Ce que je vois et ce que je comprends est peu de chose. ~ Quoique d'autres personnes puis!«ent penser et comprendre plusieurs choses, elles sont encore loin de savoir tout. — Elles voient certains eÔets dont elles ne peuvent trouver les causes et elles se trompent d'ailleurs très facilement. — Elles tiennent parfois pour vrai ce qui est faux et pour faux ce qui est vrai; elles ne considèrent pas toujours le bien comme bien et le mal comme mal.
Je puis obéir à mes parents, cependant je puis aussi me montrer désobéissant envers eux.— Je puis
dire la vérité, mais aussi je puis mentir. — Je puis dire mes prières avec ferveur; je puis, au coutraire, être fort distrait en les récitant.
Je veux ou je ne veux pas être obéissant. — Je veux ou je ne veux pas dire la vérité, etc. — Entre plusieurs actions, je puis choisir celle qui me convient.— Je puis vouloir ou approuver Tune, et ne pas vouloir ou désapprouver une autre. — Mon ârae choisit ; elle veut ou elle ne veut pas. — Mon âme a donc la libre volonté.
Je devrais toujours choisir, vouloir et faire le bien et jamais vouloir faire le mal. — Certes, je suis faible pour faire le bien ; et j'ai une tendance pour le mal, pour le péché. — Le penchant vers le mal, je puis le vaincre avec l'assistance et la grâce de Dieu. — Dieu m'assistera certainement si je ne l'abandonne point, si j'invoque son aide et si je fais moi-même des efforts pour mon salut. — Alors le Saint-Esprit éclairera mon esprit qui appréciera mieux ce qui est bien et ce qui est mal ; il me donnera l'intelligence pour distinguer le bien du mal ; il m'inspirera l'amour pour le bien et l'horreur pour le mal ; il me fortifiera pour que je puisse faire le bien et éviter le mal. — Dieu m'aidera toujours, si je m'adresse à lui avec confiance, et si je reçois dignement les saints sacrements.
En voyant un pauvre enfant qui demande, les larmes aux yeux, un morceau de pain, une voix intérieure me dit: Partage ton repas avec lui ! — Quand je suis tenté d'excuser mes fautes, cette voix me dit : Point de mensonge !— Si mes camarades m'excitent à la colère, cette voix me dit : Taisezvous, calmez-vous ; ne dites rien dans un accès d'emportement ; la colère est aveugle, elle ne dis-
tingne pas entre le vrai et le faux. — C'est Dieu qui parle par cette voix, qui m'excite au bien et qui me détourne du mal. — C'est sa voix même, c'est la voix de Dieu ; elle est appelée la conscience.
Chaque fois que j'écoute la conscience et que je suis ses conseils, elle me dit : Vous avez bien fait. — C'est alors que j'ai la conscience pure, et que je me sens content et heureux intérieurement. — Si, au contraire, je me livre aux mauvaises inspirations, la conscience me tourmente par des reproches insupportables.— Dans ce dernier cas, j'ai la conscience troublée, mon esprit n'est pas tranquille, et je suis mécontent de moi-même. — Puiesé-je conserver pure ma conscience ! — Que Dieu m'aide à croître en vertu comme je crois en âge.
On m'annonce très souvent qu'un enfant ou un adulte est mort ; un jour ce sera mon tour de mourir ; car tous les hommes doivent mourir. — Mais ce n'est que mon corps qui mourra, mon âme est immortelle.— Elle vivra éternellement. — A l'heure de la mort, l'âme se sépare du corps jusqu'au jour de la résurrection, pour être récompensée ou punie, selon la conduite que nous aurons tenue sur la terre.
Le corps est enseveli et reste dans le tombeau jusqu'à ce qu'il ressuscite, par N.-S. Jésus-Christ.
No 24.-L'État
Tous les habitants d'une ville, d'un village, d'une paroisse ou d'un canton (township) forment une municijpalilè locale. — Dans chaque municipa'ité locale, le maire est l'autorité supérieure. — Il est le
président d'un corps politique qu'on nomme conseil municipal. — Ce conseil est composé de sept conseillers, nommés par les électeurs qui sont propriétaires ou locataires dans la municipalité. — Le maire est nommé par les conseillers et choisi par eux.
Plusieurs municipalités locales, excepté les cités et les villes, forment une municipalité de comté. — Cette municipalité est aussi régie par un conseil composé des maires des municipalités locales. — Ce conseil est présidé par le préfet qui est élu comme le maire.
Le conseil de la municipalité locale et celui de la municipalité de comté font des règlements sur les chemins, les ponts, les cours d'eau et la police locale.
Plusieurs comtés forment une province. — Chaque province est gouvernée par un lieutenant-grtuverneur. — Le lieutenarit-gouverneur ne gouverne pas seul. — Il est assisté d'un Conseil exécutif comiposé du premier ministre et de six autres ministres. — Ces ministres sont mis chacun à la tête d'un département d'administration, tel que l'instruction publique, les terres de la couronne, les travaux publics, les finances, celui des officiers en loi, et quelques autres. — Le lieutenant-gouverneur fait les lois provinciales avec le consentement d'un Conseil législatif et d'une Assemblée législative — Le Conseil législatif est composé de membres nommés par le lieutenantgouverneur, parmi les notables de la province. — L'Assemblée législative est composée de membres élus par les électeurs des cités et des comtés dans la province.
Plusieurs comtés forment aussi un district judiciaire.— Dans les paroisses, les cantons (townships) et les comtés, il y a des cours inférieures ou tribunaux de première instance qui jugent les petits
procès. — Ce sont les cours de commissaires, les cours de magistrats et les cours de circuit. — Dans chaque district il y a une cour supérieure qui juge les grands procès. — Cette cour est présidée par un juge et quelquefois par trois juges. — Au-dessus de toutes ces cours, il y a, pour la province, la Cour du Banc du Roi, qui est composée d'un juge en chef, et de quatre autres juges. — Cette dernière cour jugeles appels des autres cours. — Les procès criminels sont instruits d'abord devant les juges de paix qui se trouvent dans les paroisses ou les villes, et ensuite, dans chaque district, devant les cours plus importantes que l'on nomme Cour des Sessions de la Paix et Cour du Banc du Roi (juridiction criminelle). — Des avocats défendent les intérêts des parties en cause devant la cour. — Certains employés, tels que les protonotaires, les grelBSers, les huissiers et les constables sont attachés à chaque tribunal.
Plusieurs provinces enfin forment l'Etat qui s'appelle chez nous Puissance du Canada. — La Puissance est gouvernée par un gouverneur-général, assisté d'un Conseil privé. — Ce conseil est composé du premier ministre fédéral et d'environ douze autres ministres. — Tous ces ministres dirigent des départements d'administration comme dans la province.
Les lois fédérales sont faites par le gouverneurgénéral, un Sénat et une Chambre des Commune-». — Les sénateurs sont nommés par le gouverneur-général.— Les membres des Communes sont élus par les électeurs des villes et des comtés.
Au-dessus du gouverneur-général il y a le roi et le parlement d'Angleterre, qui nous ont donné
notre constitution. — C'est le roi qui nomme le gouverneur-général.
Le gouverneur-général et le lieutenant-gouverneur, quand ils gouvernent, agissent toujours au nom du roi.
No 25.-L'Église
Jésus-Christ a révélé aux hommes une seule religion.— Il est la vérité même, et par conséquent il n'a pu tromper les hommes, ni leur enseigner des opinions contradictoires. — Il n'y a donc qu'une religion qui soit vraiment celle de Notre-Seigneur. — Les autres différent plus ou moins de celle de Jésus- Christ et par là même elles sont fausses.
Le Sauveur a perpétué sa doctrine, sa religion par l'établissement d'une société visible et parfaite, qui est l'Eglise. — On devient membre de cette société par la foi et le baptême. — On continue d'en faire partie, même après la mort, si l'on est jugé digne au tribunal de Dieu. — L'Eglise triomphante est composée de ceux qui jouissent déjà du bonheur du ciel, tels que les saints et la bienheureuse et immaculée Vierge Marie, mëre de Dieu, qui est la plus parfaite de toutes les créatures. — L'Eglise souffrante comprend tous les justes qui expient dans le purgatoire le reste des peines dues à leurs péchés et qui doivent plus tard être admis dans la patrie céleste. L'Eglise militante, à laquelle nous appartenons maintenant, renferme tous les membres de l'Eglise qui combattent encore sur la terre pour acquérir la vie éternelle.
L'Eglise militante est la société visible des fidèles
qui, sous la direction des pasteurs légitimes, professent une même foi, participent aux mêmes sacrements et tendent tous vers un but unique qui est le salut éternel.
C'est Jésus-Christ qui a fondé l'Eglise avec des pasteurs et des fidèles. — Il choisit d'abord soixante et douze disciples, et parmi ces disciples, douze apôtres.— Saint Pierre fut établi chef de toute la société, pasteur de tout le troupeau du Sauveur, fondement inébranlable de l'Eglise, docteur infaillible de tous les chrétiens. — Il fut le premier évêque de Rome. — C'est dans cette ville qu'il mourut après vingt-cinq ans d'épi^copat. — Ceux qui succèdent à saint Pierre sur le siège de Rome s'appellent papes, souverains pontifes ou vicaires de Jésus-Christ, — Les papes gouvernent l'Eglise catholique répandue dans le monde entier. — Quelle que soit la dignité dont nous sommes revêtus, nous leur devons une soumission complète. — Les papes, définissant une doctrine qui concerne la foi ou la morale, sont infaillibles, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent enseigner l'erreur. — Ils sont aidés dans l'administration de l'Eglise par les cardinaux.
Les apôtres et les disciples qui avaient reçu la mission de prêcher l'Evangile, ont eu pour successeurs les évêques et les prêtres. — Les évêques sont ceux qui exercent l'autorité dans un diocèse, mais toujours sous la dépendance et la direction du Souverain Pontife. — Ils ont à leur tête un archevêque ou métropolitain, et ils en sont les suffragants.
Les évêques réunis sons la présidence du Souverain Pontife ou de ses délégués, forment ce que l'on appelle un concile général ou œcuménique. — Quand les seuls évêques d'une province ou d'un royaume
sont asBemblés pour délibérer Bur les aflPaires de l'Eglise, le concile est provincial ou particulier.
Les prêtres sont chargés de la direction spirituelle d'une petite partie des fidèles d'un diocèse. — Le curé est à la tête d'une paroisse : il est quelquefois aidé dans ses fonctions par des vicaires.
Le Pape, les évêques et les prêtres constituent l'Eglise enseignante. — Jésus-Christ leur a commandé d'annoncer sa doctrine au genre humain tout entier, et pour cela il les a revêtus de son autorité. — Les fidèles sont tenus, sous peine de damnation, de croire ce qui leur est enseigné. " Celui qui ne croira pas, dit Jésus-Christ, sera condamné."
L'Eglise du Christ est visible dans ses membres qui sont les hommes, dans les réunions publiques des fidèles, dans les actes du culte, dans l'administration des sacrements, dans l'organisation de la hiérarchie et surtout dans ses caractères distinctifs qui la font reconnaître pour la véritable Eglise. — Elle se compose non seulement de justes et de prédestinée, mais encore de pécheurs.
L'Eglise du C'hrist est indéfectible, c'est-à-dire qu'elle existera jusqu'à la fin des siècles. — Elle demeurera toujours comme un phare lumineux destiné à faire voir aux hommes la vérité et le chemin du ciel. — Elle est infaillible dans ses enseignements, parce qu'elle a l'Eriprit-Saint pour l'éclairer et la prémunir contre toute erreur. — Elle a l'autorité nécessaire pour gouverner, parce que Jésus-Christ a dit : '' Celui qui vous écoute, m'écoute ; celui qui vous méprise, me méprise. — Celui qui n'écoute pas l'Eglise doit être regardé comme un païen et un publicain." — Elle a reçu de Dieu le pouvoir de faire des lois, de les faire exécuter, de régler tout ce
qui concerne la discipline et de punir ses enfants rebelles.
L'Eglise du Christ est une^ c'est-à-dire que tous les fidèles qui la composent sont soumis aux mêmes pasteurs légitimes, et professent partout et toujours la même foi. — Les églises qui n'ont pas cette parfaite unité, ne peuvent pas être vraies, parce que Jésus-Christ n'a fondé qu'une seule société, et n'a enseigné qu'une seule et même doctrine.
L'Eglise clirétienne est sainte^ non seulement dans son chef invisible qui est Jésus-Chriet, et dans les sacrements qu'elle doit administrer, mais encore dans un grand nombre de ses membres qui pratiquent les vertus de chasteté, de pauvreté et d'obéissance jusqu'à l'héroïsme. — Elle doit produire des saints, puisque c'est le but que le Sauveur s'est proposé en la fondant.
Cette même église doit être catholique^ ou répandue dans le monde entier. — Elle doit conserver l'unité dans son universalité. — Jésus-Christ a destiné sa doctrine à tous les hommes ; c'est pour cela qu'il a dit à ses apôtres : " Allez et enseignez toutes les nations; baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Prêchez l'Evangile à toute créature."
Elle doit être apostolique, c'est-à-dire qu'elle doit remonter, par une série non interrompue de pasteurs légitimes, depuis notre époque, jusqu'au temps des apôtres. — C'est dans cette succession de pasteurs que s'est conservée la vraie doctrine que le Sauveur a révélée aux hommes.
Si nous cherchons maintenant parmi toutes les communions chrétiennes quelle est celle qui possède l'unité, la sainteté, la catholicité et l'aspostolicité
voulues par Jésus-Christ, nous trouvons qu'il n'y a que l'Eglise Romaine. — Les autres Eglises n'ont aucun de ces caractères distinctifs. — Elles n'ont pas l'unité, puisque leur propre principe fondamental du libre examen des Ecritures, ne peut produire que la division : c'est aussi ce qui est confirmé par l'expérience.— Elles ne possèdent pas la sainteté, puisqu'elles n'ont jamais enfanté de saints et que leur doctrine de la justification par la foi seule, sans les œuvres, conduit à l'anéantissement de toutes les vertus. — Elles ne sont pas catholiques, parce qu'elles sont restreintes à une province, à un royaume. — L'apostolicité leur fait également défaut. — En effet, il est facile d'assigner la date de l'origine de ces différentes Eglises ; aucune ne remonte jusqu'à Jésus- Christ.
Il faut donc demeurer sincèrement attaché à l'Eglise Romaine, dont le Pape est le chef suprême et infaillible. — Elle seule est la vraie Eglise fondée par l'Homme-Dieu ; elle seule est toujours une, sainte, catholique et apostolique.
No 26.— Dieu
1. Dieu a créé le ciel, la terre et tout ce qui existe. — Il est le créateur de toutes^^les choses, et celles-ci sont ses créatures.
Dieu créa toutes les choses, il y a plusieurs milliers d'années ; il les a maintenues ou perpétuées jusqu'à ce jour. — Il continuera à le faire jusqu'à l'accomplissement de ses desseins. — Dieu conserve et gouverne tout : il est le conservateur et le régulateur de tout ce qui existe.
Comme Dieu a créé toutes les choses, qu'il les conserve et les gouverne, elles lui appartiennent, et il peut en faire ce qu'il veut. — Dieu est le maitre de tout.
Dieu est aussi mon maître. — Je lui appartiens avec tout ce que je suis et ce que je possède. — Il m'a donné un corps formé admirablement d'organes précieux, et une âme plus précieuse encore. — Je dois considérer et respecter mon corps et mon âme comme une propriété de Dieu. — Je n'en puis faire tout ce que je veux. — Je dois au contraire employer tous mes moyens pour tâcher de plaire à Dieu et accomplir sa volonté.
2. Toutes les choses ont eu un commencement. — Toutes cesseront d'exister quand ce sera la volonté de Dieu. — Il a toujours existé par lui-même d'une manière incompréhensible. — Il ne cessera jamais d'exister. — Dieu n'a pas commencé et il ne finira point. — Il est de toute éternité, existera en toute éternité ; il est éternel.
Comme Dieu est éternel, il restera toujours ce qu'il est. — Il ne change pas comme toutes les choses qui nous environnent ; celles-ci changent journellement, mais Dieu est immiiahle.
Mon âme existera aussi éternellement. — Elle sera ou éternellement heureuse ou éternellement malheureuse, suivant qu'elle aura mérité récompense ou châtiment pendant mon passage sur cette terre. — Rien de périssable ne peut me rendre réellement heureux ; mais la moindre chose peut, au contraire, me rendre bien malheureux. — C'est pourquoi je rechercherai particulièrement ce qui est éternel : Dieu et son royaume, qui est la vraie patrie.