L'EXPRESSION
Jusqu'à présent l'élève a étudié le mécanisme de la langue: il a travaillé l’articulation avec soin, il à corrigé ses défauts de prononciation, et aujourd'hui il sait même donner à sa phrase une certaine facilitédediction qui n’est pas dépourvue d'élégance. Maintenant, s’il se sent doué de quelques dispositions naturelles, et surtout d'un peu d'imagination, il ne s'arrêtera pas là. Poursuivant son travail avec persévérance, il s'exercera de plus dans l'art de dire, de parler avec expression.
Ici le rôle du maitre devient plus important. Les inflexions de la voix humaine, de la voix parlée, ont une telle délicatesse, une telle variété de nuances, qu'il est impossible à l'élève de retrouver tous ces accents divers s’il ne les a pas entendus. C'est au maitre à le diriger dans cette voie difficile et à lui donner l'exemple en même temps que le précepte.
Avant tout, pour bien lire à haute voix, il faut bien penser ; il faut se pénétrer intimement des idées, des sentiments de l’auteur, en imprégner fortement son âme, et ensuite la laisser parler, Mais comment l'âme pourra-t-elle parler, si l'oreille ne la guide ? Comment
parler, si l'on n’a pas entendu parler? Comment par-
ler avec expression, avec Âme, si l’on n’a pas entendu , Ù P
parler avec expression, avec âme ?
Pour arriver à bien dire, il faut donc être doué d’un esprit droit, qui saisisse facilement la pensée de l’auteur; d’une imagination vive, qui voie en quelque façon les personnos et les choses; d’une oreille juste et d’une voix flexible.
Toutes ces qualités peuvent se développer rapidement par l'exercice et par l’audition des bons modèles, On commence d'abord par la lecture simplement expressive, qui ne demande pas des nuances aussi prononcées, puis, petit à petit, on arrive jusqu’à la déclamation proprement dite.
Dans le recueil suivant, on trouvera des exemples de tous les genres de sentiments ; depuis la narration simple et grave, jusqu'aux grande mouvements de la tragédie :
La joie et la tristesse, le plaisir et la douleur, l'amour ev la haïne, la prière et le commandement, la confiance et la crainte, la douceur et la colère, la modération et l’emportement, la simplicité et la grandeur, la pitié et le dédain, le calme et le désespoir, tous les sentiments de l’âme humaine y sont représentés.
La première série s'adresse spécialement aux petits enfants; la seconde peut être utile à toutes les personnes qui veulent s'exercer, soit seules, soit avec l'aide d’un maître, dans l’art de bien dire.
Avant d'aborder ce travail, les plus jeunes élèves ont quelquefois besoin d'exercices préparatoires. On peut alors leur faire dire un mot avec dos inflexions