CHAPITRE IX
Des clubs et des réunions populaires.
Une réunion populaire qui délibère sur les affaires du pays » qui peut prendre les armes quand il lui plaît et renverser le gouvernémeut établi, est un pouvoir hostile, non pas au gouvernement, mais à la nation. En-effet la réunion qui délibère n’est pas la centmillièine partie de la nation, elle ne
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opposés ii ceux de la nation ; et si elle a la forcé de renverser le gouvernement, elle pourra renverser un gouvernement qui convient à la nation, pour lui en imposer un autre qui ne lui conviendra nullement. Tout gouvernement doit, il est vrai, protéger les intérêts du peuple, mais non pas les intérêts d’une partie du peuple. C’est le peuple tout entier auquel il doit protection. S’il cède à une fraction de ce peuple, il favorise le pluspetit.nombre aux dépens du plus grand nombre, et viole ainsi le principe de sa conservation. Qu’importe que la corporation favorisée soit composée de nobles ou d’artisans! Qu'importe à la nation le nom de son tyran si elle est tyrannisée et malheureuse! 11 ne faut pas que fin-
représente en rien la nation, elle peut même avoir des intérêts entièrement
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térêt d'un seul I emporte sur l’intérêt de tous. 11 ne faut pas qu’un homme puisse dire : « On ne peut me punir, j’ai le droit de tout faire, je suis inviolable, je suis le peuple!» Non , il n’est pas le peuple. Il est du peuple, mais le peuple c'est la nation entière, et souvent sévir contre du peuple, c’est protéger le peuple.
Ce que je dis n’est nullement préjudiciable à la liberté, et l’établit, au contraire, sans qu'aucun gouvernement puisse s’en prévaloir pour devenir oppresseur, car, comme je l’ai prouvé plus haut, dès que c’est la majorité de la nation qui souffre, alors le gouvernement n a plus de force suffisante à lui opposer, et sa chute est certaine.
Le devoir de tout gouvernement est donc d’empêcher l’existence de réunions armées, et les réunions armées,
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loin d’être utiles à la nation, ne peuvent être pour elle que des ennemis redoutables,
L’Assemblée constituante n’avàit pas réprimé l’insurrection populaire parce que la cour menaçait de trop près son existence et que l’insurrection lui servait de rempart qui seul la protégeait contre des ennemis puissans. Cependant, et c’est le plus bel éloge que l’on puisse faire de cette assemblée , gémissant de devoir son salut au mépris des lois du pays, dans le péril immense où elle se trouvai! , voyant sa propre existence dépendre de l’insurrection., elle eut le courage de déplorer les meilleurs dont T insurrection était cause, et loin de la favoriser elle n’éleva jamais la voix pour la défendre.
L’Assemblée législative, qui n’avait
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plus a craindre ]a cour, puisque la cour « était plus en France, J’Assemblée législative suivit une marche contraire, protégea ouvertement les réunions populaires, -prit place dans ces réunions, les sanctionna par sa présence, et la partie la plus éloquente de cette Assemblée, connue sous le nom delà Gironde* lit publiquement l’éloge des réunions urinées et proclama l'insurrection.
Proclamer l’insurrection c’était donner le pouvoir à la force brutale, fêler aux lois, et détruire par cela même le gouvernement. Aussi la force brutale ne tarda-t-elle pas à venir briser les portes de l’Assemblée, et de là, elle courut briser les portes du palais du roi. Après avoir détruit le pouvoir législatif, elle détruisit le pouvoir executif, et dès ce moment, la mo~
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narchie constitutionnelle périt en France.
Le pouvoir législatif s’était suicide, mais en se suicidant il avait entraîné la ruine du pouvoir exécutif, la ruine du gouvernement, et en ruinant le gouvernement pour mettre à sa place la force brutale, l’injustice armée, il avait perdu la France. Le plus fort était ainsi devenu le maître, il n’y avait plus de respect pour la propriété. Le mérite et la richesse étaient devenus des crimes punis de mort, 1 intérêt particulier dominait T intérêt général; il y avait dissolution de la société, et pour recomposer cette société, pour réunir ces intérêts dispersés, pour faire revivre et respecter la loi, pour sauver enfin la France, il ne fallait pas moins qu’un miracle de force et d énergie; et qü’était-ce faire sinon tuer
son pays, que de faire dépendre d’un miracle son existence!
On ne saurait donc dire combien l’Assemblée législative fut coupable et en voyant des législateurs égarer la foule,la porter à viôlerJes lois, à ruiner leur patrie, l’avenir n'hésiterait pas à flétrir leur mémoire et à faire retomber sur eux tout le sang qu’il fallut verser plus tard pour réparer leurs fautes, s’il n’était arrêté en voyant dans ces légishtfeurs autant d’inexpérience et d’ignorance que dans la foule ellemême.
Alors peuple et roi ignoraient de quels ressorts se compose la machine gouvernementale et les règles d’après lesquelles se meuvent ces ressorts.
Tous ignoraient que l’insurrection dévore.
Le roi favorisa l’insurrection des
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courtisans, et le roi périt par la main du bourreau.
La Gironde favorisa T insurrection du peuple, et la Gironde porta sa tête sur Féchafaud.
Et ainsi périront tous les gouvernails qui abandonneront la force de la loi pour en appeler à la force du sabre!