‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 2)Chapitre 100 sur 186 · Jhuion, art. cité · texte numérisé non relu

Jhuion, art. cité

40 COUnS DE LITTERATURE

La psychologie de M'"» de Maiiitenon. — Les maîtresses. Les élèves.

Si Ton fait son deuil d'un certain idéal qu'elle ne pouvait même entrevoir, si l'on se replie sur le terrain de l'observation expérimentale et de la vérité pratique, tout ou presque tout paraîtra excellent dans la pédagogie de M'"'^ de Maintenon. Ici, elle reprend l'avantage. Personne n'observe avec plus de pénétration et ne sait mieux transformer ses observations en règles, mais cette fois en règles souples, accommodées aux circonstances et aux natures. Ici, pratique engendre théorie. « L'expérience, ditelle aux maîtresses (1~01), vous en apprendra plus que je ne saurais vous en dire. » Ce qu'elle sait elle-même, elle déclare ne le savoir que par expérience, pour avoir instruit les princes, et nous voyons qu'à partir de 1700 elle croit n'avoir plus rien à faire qu'à éclairer elle-même, par la pratique de l'enseignement, dans les diverses classes de Saint-Cyr, les principes qu'elle s'était d'abord contentée d'exposer. Il semble qu'avec l'âge elle ait senti décroître sa confiance dans la théorie et croître sa confiance dans la pratique. Un Entretien de 1700 débute par l'expression significative d'une sorte de regret.

Comme on pressait Madame sur un écrit qu'on l'avait priée défaire pour notre instruction, elle dit : « Je suis résolue de ne plus rien écrire, je ne l'ai nue trop fait; tout ce qu'on peut dire est général, l'important est d'en faire une juste application, et c'est ce qu'il y a de difficile ; ce qui convient aux unes ne convient point aux autres; ce qui est Ijon dans un temps ne l'est plus dans la suite, par la différence des circonstances qui se rencontrent.

Parmi les maîtresses qui l'écoutaient, plus d'une avait foi dans la vertu infaillible des méthodes et des formules; plus d'une s'impatientait dene pas recueiUir dessuccès immédiats et faciles. M'"'' de Maintenon leur apprend que « l'éducation est un ouvrage fort lent, qu'il y faut travailler tous les jours, mais tranquillement » ; qu'il veut aussi du désintéressement autant que de la patience, car il faut souvent laisser à une autre maîtresse le plaisir de recueillirle fruit dont on aurajeté la semence*. Cette

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