‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 2)Chapitre 122 sur 186 · NARRATIONS, DISCOURS ET LETTRES · texte numérisé non relu

NARRATIONS, DISCOURS ET LETTRES

On lit dans les Mémoires de Saint-Simon : « Le 16 mai 1717, jour de la Pentecôte, Pierre le Grand alla aux Invalides, où il voulut tout voir. Au réfectoire, il yoûta de la soupe des soldats et de leur vin, but à leur santé, leur frappant sur l'épaule et les appelant camarades. »

Faites raconter cette scène par un des assistants.

(Paris. — Baccalauréat moderne, juillet 1899.)

Saint-Simon cm régent. — Après sept ans d'un pouvoir sans contrôle et d'une vie de débauches, le régent avait fini par se fatiguer de tout, même du pouvoir. Il songeait à se retirer des all'aires et à nommer Dubois premier ministre ; mais il ne voulut pas exécuter ce projet sans en parler au duc de Saint- Simon, l'ami de toute sa vie, le seul qui ne l'eût pas abandonné à la fin du régne de Louis XIV. Il lui fit donc connaître l'ennui profond dont il était atteint et le pria de lui dire en toute franchise son avis sur le remède qu'il convenait d'y apporter.

Saint-Simon répondra en ami sincère et hardi, dût sa sincérité paraître un peu brutale. La confiance du régent lui impose le devoir de ne rien dissimuler de sa pensée. D'ailleurs, il s'agit des intérêts de l'État.

Cet ennui don! se plaint le régent, n'est point le dégoût des affaires sérieuses; il naît au contraire de la lassitude inévitable d'une vie trop oisive peut-être, et trop frivole. Toujours et partout il subsisterait, puisque les causes qui l'ont produit n'auraient pas disparu. Dès lors, à quoi bon songer à quitter les affaires? Qu'au lieu de les abandonner, le régent y consacre tous les moments qu'il donnait au plaisir, et il ne trouvera point l'ennui au sein de cette vie nouvelle et active.

Au reste, il doit examiner, outre son propre intérêt, l'intérêt de la France. Il y a mieux à faire qu'à la livrer aux caprices de

Dubois : la noblesse est mécontente, et le peuple commence à se plaindre tout haut de ses misères. Ne serait-il pas digne du régent d'oublier tout le reste enfin pour porter remède à une situation qui s'aggrave de jour en jour, et pour prévenir des malheurs plus prochains peut-être qu'on ne pense?

On dit que Voltaire eut, presque seul en son temps, connaissance des Mémoires inédits de Saint-Simon, et que même, pour plaire à la cour, il eut un moment l'intention de les réfuter. Vous supposez qu'un de ses amis, choisi de préférence parmi les hommes d'Etat, et qui connaît comme lui les terri- Jjles manuscrits, l'engagea n'en rien faire, en lui laissant prévoir un échec certain, dont sa réputation se trouverait mal.

L'abbé de Rancé répond à la lettre où Saint-Simon le consultait sur la question de savoir s'il est permis à un chrétien d'écrire l'histoire, et lui soumettait en même temps quelques pages extraites de l'histoire qu'il écrivait. (Voir celte lettre au cours de l'étude.)

Après la mort du régent. M""" de Saint-Simon écrit à son mari pour l'engager à venir la rejoindre dans leur terre de la Ferté-Vidame.

Elle comprend qu'il ait pu rester à la cour, même aux côtés d'un Dubois, tant qu'il a cru pouvoir y être utile.

Mais un nouveau règne s'ouvre, et de nouvelles influences dominent un roi jeune sur qui Saint-Simon ne pourra rien.

A la Ferté, il pourra revivre encore par l'esprit, dans cette cour qu'il aura quittée, en relisant et en rapprochant les notes qu'il a jetées autrefois sur le papier,

Dès 1770, M™° du Deffand avait eu communication des Mémoires inédits de Saint-Simon, et les avait lus « avec des plaisirs indicibles » qu'elle eût voulu faire partager à Horace Wal-

pôle. Mais elle y trouvait» les portraits mal faits >>, et celui de M™"^ de Maintenon devait lui sembler un des moins exacts, car elle avait lu en 1768 les lettres de M'"'= de Maintenon, et elle écrivait alors au même Walpole : « il me reste de cette lectuie beaucoup d'opinion de son esprit, peu d'eslime de son cœur et nul goût pour sa personne, mais, je le dis, je persiste à ne la pas croire fausse. » Or, rien n'est plus faux et bypocrite que le caraclère de M^^ de Maintenon vu et peint par Saint-Simon. On suppose que, la lecture des Mémoires acbevée, elle écrit dé nouveau à Walpole, et pour rectifier une partie de son premier jugement (elle avait déclaré d'abord que le style en était abominable et que l'auteur n'était point liomme d'esprit) et pour préciser son opinion sur certains portraits que la verve de Saint-Simon a pu rendre vraisemblables, mais qui ne sont pas entièrement vrais,

VU

En lS2o, Villemain, le premier, demanda que les papiers inédits de Saint-Simon, conservés-au dépôt des Affaires étrangères, fassent communiqués au public. On composera la lettre qu'il dut écrire au roi à ce sujet.

DISSERTAÏlONS ET LEÇONS

On trouve à chaque instant dans Saint-Simon des phrases comme celles-ci: «Si j'ai rapporté ce petit fait, c'est qu'il peint... Cela est un coup de pinceau. » En quoi consiste ce pittoresque auquel Saint-Simon professe avoir visé par-dessus tout, et par quels moyens l'a-t-il obtenu?

(Nancy. — Devoir de licence.)

A propos de Saint-Simon, vous étudierez le rôle de la personnalité de l'auteur dans les Mémoires. Y introduit-il un élément lyrique, puisqu'on a dit que le développement du moi est une source de lyrisme, en prose aussi bien qu'en vers?

(Nancy. — Devoir de licence.)

Saint-Simon moraliste, peintre, écrivain.

(Profe3sor.\t des écoles normales. — Aspirantes. Leçon, 1892.)

Comparer la Bruyère et Saint-Simon peintre de mœurs. (Fontenay-aux-Uoses. — Le(;on.)

Saint-Simon historien et écrivain. Comparer ses Mém'jires au.x Mémoires du xvii"-' et du .xviii« siècles, en marquant sa place et son caractère propres.

(Fontenay-aux-Uoses. — Leçon.)

Sainte-Beuve a rapproché Sainl-Simon de Froissart. Dans quelle mesure trouvez-vous que la comparaison soit juste?

Le Journal de Dangeau et les Mémoires de Saint-Simon comparés dans leurs lignes générales.

Examinez ce jugement de Vinel sur Saint-Simon : « Son livre est le vrai Siècle de Louis XIV. Vollaire n'en a fait qu'un portrait flatté; il pardonne (out à une époque qui favorisa les arts et la littérature. »

Villcmain dit que Saint-Simon écrit « dans la langue et l'esprit du xvii'' siècle ». Que pensez-vous de cette assertion?

Saint-Simon et Michelet comparés comme peintres et comme écrivains.

ViUofraiicliG-dc-Rouergue. — J. Banloux impr.

Page 1