‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 2)Chapitre 167 sur 186 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

Fénelon considéré comme écrivain de transition d'après le Télémaque; par où il tient à l'antiquité, par où au xvn" siècle, par où au xviii".

(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de seconde année.)

Dire dans quelle mesure Fénelon est chrétien ou païen, anique ou moderne, poète ou philosophe dans le Télémaque.

L'âge d'or et l'état de nature; l'utopie de Fénelon dans le Vélémaque comparée à la chimère de Rousseau ; marquer les

1. Voyez, aux Jugements, le fragment essentiel do cette lettre.

différences en même temps que les rapports. Suivez les transformations de cette utopie jusqu'aux temps modernes.

Un ci'itique du premier empire, M. de Féletz, appelle Télcmuque « un ouvrage tout à fait antique, et dans lequel les anciens, s'ils pouvaient le lire, retrouveraient tout ce que Fénelon trouvait dans les leurs » . Accepteriez-vous ce j ugement sans réserves ?

M""^ de Lambert écrit à Fénelon (janv. 1710) : « Vous m'avez appris que mes premiers devoirs étaient de travailler à former l'esprit et le cœur de mes enfants; j'ai trouvé dans Télémaque les préceptes que j'ai donnés à mon fils, et dans V Éducation des filles les conseils que j'ai donnés à la mienne. »

Avait-elle pleinement raison? Gomment vous figurez-vous deux jeunes gens élevés d'après ce double idéal?

L'éducation et le caractère d'Ântiope, dans le Télémaque, réalisent-ils l'idéal que Féneloa semble s'êlre proposé dans son Traité de l'Éducation des fdlcs?

Villefranche-de-Jioiiei'gue. — J. Bardoux, iuipr.

(nii)

L'occasion delà « Lettre ». — La seconde querelle des Anciens et des ]tIodernes. — Le Mémoire sur les occupations de l'Académie.

Reçu à rAcadémie le 31 mars 1693, Fénelon y trouva engagée, entre quelques-uns des académiciens les plus connus, cette querelle des anciens et des modernes, qui est, à vrai dire, de tous les temps et de tous les pays ; à laquelle, pour ne parler que du xvii'^ siècle et de la France, avaient préludé Boisrobert et Desmarets de Saint-Sorlin, mais dont la première phase vraiment active s'ouvre par la lecture à l'Académie du poème de Perrault, le Siècle de Louis le Grand (1687). En cette année de 1693, Boileau publiait ses Réflexions critiques, en réponse aux Parallèles de ce même Perrault; mais, dès 1694, Arnauld et quelques amis ménageaient entre Boileau et Perrault une réconciliation au moins apparente. Six. ans après, dans sa fameuse lettre à Perrault \ Boileau lui accordait que, pour les beaux-arts et les belles-lettres, le siècle de Louis le Grand était non seulement comparable, mais supérieur aux siècles les plus fameux de l'antiquité.

Fénelon, assurément, n'eût pas été jusque-là; mais, précepteur du duc de Bourgogne en 1689, archevêque de Cambrai en 1693, bientôt relégué dans son diocèse (1697); suspect pour ses ouvrages religieux, dogmatiques ou apologétiques; suspect pour son roman du Télémaque, publié incomplètement et malgré lui; accablé par Bossuet, condamné par Rome (1699); tout en-

1. V^oyez notre fascicule de Boileau, et la notice de VEpitreà fluet, dans notre édition des Épitres de la Fontaine.

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