‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 3)Chapitre 22 sur 106 · PYLADE · texte numérisé non relu

PYLADE

Allons, seigneur, enlevons Hermione!

C'est It sublime de l'amitié. Ce désintéressement de soi a quelque cliose non seulement de fraternel, mais de paternel quelquefois. Au dénouement, il entraîne, il emporte presque Oreste comme un enfant. Rare alliance de l'esprit d'observation et de l'esprit de sacrifice : il voit le pour et le contre des choses ; dans la première scène de l'acte III il se montre psychologue pénétrant. Mc.is il n'étale pas et n'impose pas son « moi » ; il a la modestie de s'effacer quand il le faut, et le courage d'agir contre son propre sentiment. C'est un grand témoignage en faveur d'Creste, que l'amitié de Pylade.

Ce qii' « Andromaqiie » apportait île nomvcara à la scène fran^-aise.

Perrault, dans ses Hommes illustres, dit quAndromaque « fit à peu près le même bruit que le Cid, quand elle fut représentée ». Est-ce seulement parce qu'elle venait après Alexandre, comme le Cid après l'Illusion comique, et parce qu'elle promettait à la scène française un digne successeur de Corneille ? C'est aussi et surtout parce qu'elle était comme la révélation d'un art nouveau.

On a trop souvent défini et comparé à l'art de Corneille cet art nouveau de Racine pour qu'il soit besoin d'y revenir longuement *. Mais il est opportun de dire, en gros, ce qui charma

1. Dans une conférence de l'Odéon, déjà citée, M. Brunetière a montré que Racine, venant après Corneille, a humanisé, généralisé, féminisé, modernisé le théâtre. Cette formule est vraie en général, bien qu'un peu systématique, comme toutes les formules.

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le public dans ce premier chef-d'œuvre de Racine. On y remarquait d'abord un dédain assez peu dissimulé pour tout ce qui n'est pas de l'intérieur de l'àme, pour l'exactitude historicpic et la couleur locale, pour les artilices de la composition et les complications de l'intrigue. Sans exagiJror comme on l'a fait la science liislorique de Corneille (il n'est pas si Romain toujours ; souvent il est Français, parfois Normand) , il est diflicile de nier qu'il a plus que Racine le souci des « sources » el le respect des traditions accréditées. Il peut s'accuser par hasard d'avoir falsifié l'histoire, mais l'exception même confirme la règle. La préoccupation de Racine était moins de faire revivri' le génie des nations mortes, suivant le mot de Saint-Évremond, que de prêter des sentiments vivants et modernes eux personnages antiques, sans altérer d'ailleurs essentiellement leur physionomie d'autrefois. Pour ce qui est de la couleur locale proprement dite. Corneille, quoi qu'on dise, ne s'y e.'t pas toujours conformé, el presque tout le xvii* siècle, juscu'à Fénelon, s'en est peu soucié. Mais Racine s'en est moins soucié peutêtre encore que ses contemporains. Il a eu raison; car si la peinture des héros d'Homère doit être scrupuleuserrent homérique, il faudra condamner Euripide et Virgile, qui ont fait dans leur temps ce que Racine a fait dans le sien, et ont modernisé les mœurs comme le langage des personnages de la tragédie ou de l'épopée. De là ce charme, pour ainsi dire actuel, de l'anliquilé rajeunie.

De même, au lieu d'une action laborieusement compliquée et de coups de théâtre multipliés, on voyait se dérouler sans effort une action simple, dont les proportions justes et l'insensible harmonie rappelaient le naturel aisé des poètes grecs. Cet air de facilité heureuse et de vérité familière plaisait à un public lassé des inventions pénibles et des situations extraordinaires, lui dissimulait ce que nous voyons mieux aujourd'hui : l'exlrèmi' ténuité des fils qui relient entre eux les événements, l'extrènii' subtilité des mobiles qui font agir les personnages, et celte complexité dans l'unité que nous avons déjà signalée.

Mais surtout on était touché par une manière toute nouvelle de peindre les sentiments, et le plus passionné de tous, l'amour. Les femmes, en particulier, les femmes, dont la part ici était si belle, durent reconnaître en Racine leur poète. En les peignant égales, supérieures même parfois aux hommes pour les vertus héroïques. Corneille avait cru leur faire honneur ; il leur avait fait tort. On voulait, comme l'a dit M. Msard, des

femmes qui fussent plus femmes. On eut Andromaque et Hermione, qui plurent par leur faiblesse même plus que par la force des sentiments dont elles sont animées. Mais quel personnage, dans Andromaque, n'a point ses faiblesses? Ici éclatait surtout aux yeux la nouveauté de ce théâtre et de cette psychologie. On avait trop cru , avant Racine, que l'intérêt principal du drame tragique était dans le spectacle de la volonté luttant contre les obstacles qu'on lui oppose, se fortifiant et s'exaltant dans la lutte, victorieuse enfin et glorifiée de sa victoire. Racine consacre, au contraire, une partie notable de sa préface à railler les poètes qui ne veulent mettre sur la scène que « des héros parfaits..., des hommes impeccables ». Il leur oppose le témoignage d'Horace, qui « nous recommande de peindre Achille farouche, inexorable, violent, tel qu'il était », et celui d'Aristote, qui veut que les personnages tragiques « ne soient 7ii tout à fait bons ni tout à fait méchants ». C'est d'avance la doctrine de l'Art poétique :

Toutefois aux grands cœurs donnez quelques faiblesses.

Ce n'est pas absolument, comme on Ta dit, l'opposé du système de Corneille, qui ne peint pas toujours des héros parfaits; mais d'une manière générale il est vrai de dire que Corneille peint les énergies de l'âme de pi'éférence à ses défaillances, et que Racine établit en quelque sorte une poétique nouvelle lorsqu'il écrit : « Il faut qu'ils aient une bonté médiocre, c'est-àdire une vertu capable de faiblesse, et qu'ils tombent dans le malheur par quelque faute qui les fasse plaindre, sans les faire détester. »

Il y a plus : enclin, par nature, à mettre en lumière surtout ces faiblesses, resté plus janséniste par l'esprit qu'il ne le croyait, à cette époque de révolte contre ses anciens maîtres, il aboutit à une sorte de fatalisme dramatique, fort éloigné du spiritualisme élevé, parfois surhumain, de Corneille. M. Janet, critique philosophe, l'a bien remarqué :

s'il y a un drame où l'homme apparaisse comme un automate spirituel, c'est dans ce premier ciief-d'œuvrc de Racine. Excepté dans le personnage d'Andromaque,Ie libre arbitre n'y joue aucun rôle. Tous les personnages sont la proie, non pas du destin, comme chez les Grecs, mais des passions, et non pas seulement de leurs propres passions, mais des passions d'aulrui. Aucun ne se possède : tous sont entraînés et ballottés. On peut dire d'eux ce que Malebranche disait si énergiquement de l'homme. « Il n'agit pas, il est agi. »

Pyrrhus est assassiné, Ilermione se frappe sur son corp.=, l'esprit d'Oreste s'égare. Seuls, deux personnages restent mai- Ires d'eux-mêmes : l'un est un personnage secondaire, Pylade, dont la seule passion est celle de l'amitié désintéressée; l'autre est le personnage essentiel, Andromaque, bien forte dans sa faiblesse, puisque, dépossédée de la liberté matérielle, elle n'aliène pas une parcelle de sa liberté morale.

Enfin une langue souple, charmante, aux nuances aussi fines que les nuances des sentiments, aisée dans l'expression de la tendresse et de l'ironie, se fai^iait admirer de ceux-là mêmes qui lui préféraient la langue de Corneille, un peu raide et brusque, mâle, plus concentrée, toute en relief, en traits inattendus et saisissants. Pour être pleinement goûté, le style de Corneille, souvent abstrait, impose à l'esprit un sérieux effort, dont il nous récompense d'ailleurs en nous communiquant les plus hautes émotions intellectuelles. Le style nouveau n'offrait aucune saillie qui se détachât sur un ensemble toujours harmonieux, juste et naturel ; il semblait, comme on l'a plus d'une fois observé, qu'il se distinguât moins par des qualités très personnelles que par l'absence de défauts. On y peut bien critiquer aujourd'hui l'abus des termes de la galanterie contemporaine : « inhumaine, cruelle, attraits, charmes, feux, flammes, fers, objet »; mais alors on ne songeait pas à en faire un reproche au poète. Peut-être même admirait-on de préférence les endroits où nous relevons aujourd'hui des traces de bel esprit et de mauvais goût, par exemple ce madrigal d'Oreste:

Madame, c'est à vous de prendre une victime Que les Scythes auraient dérobée à vos coups, Si j'en avais trouvé d'aussi cruels que vous.

Racine était jeune encore, et ce charme de jeunesse, qui s'attache à Andromaque comme au Cid, ne va, pas sans quelque inexpérience. Quelques mots et quelques sens vieillis se rencontrent encore çà et là : retardement , courage pour cœur, un penser, gêner pour torturer , ennui pour douleur; quelques tours comme devant que...; quelques rimes comme croître pour croître, rimant avec maître ; enfin quelques-uns de ces idiotismes, traces légères d'une langue antérieure, auxquels Sainte-Beuve trouve une saveur d'autant plus piquante qu'ils sont plus rares. Au fond, pourtant, c'est une langue nouvelle, interprète des sentiments plus raffinés d'une nouvelle époque.

« Racine, dit très bien M. Faguet, n'a pas inventé un style, il n'a pas marqué la langue de cette forte empreinte qui fait dire, en rencontrant une expression ou un ton : a Ceci est du style (c de Pascal, » ou : k Ceci est un vers cornélien. » Racine écrit la langue de son temps mieux qu'aucun de son temps, et cela n'est pas un médiocre mérite. » Il n'a pas non plus une grande richesse de vocabulaire; mais les mots dont il dispose sont toujours si bien placés dans la phrase, si bien liés entre eux, si justes de ton, éclairés par une lumière si favorable, qu'on ne voit pas bien comment on pourrait en employer d'autres et d'autre façon. Toute leur valeur leur vient de leur rapport exact avec la situation et de la vérité de leur accent. De là ces grands effets produits par des mots si simples ; écoutez parler Andromaque :

Je ne l'ai pas encore embrassé d'aujourd'hui... Mais que ne peut un fils? Je respire, je sers... O mon fils, que tes jours coûtent cher à ta mère... Allons sur son tombeau consulter mon époux... Oui, je m'y trouverai...

Ce style poétique est quelquefois voisin de la prose, mais il n'est pas prosaïque pour cela, et il se prête à l'expression des sentiments passionnés d'Hermione :

Je veux qu'à mon départ toute l'Épire jileure...

Je percerai le cœur que je n'ai pu toucher...

Quel plaisir de venger moi-même mon injure,

I)e retirer mon bras teint du sang du parjure,

Et, pour rendre sa peine et mes plaisirs plus grands,

De cacher ma rivale à ses regards mourants !...

Porte ajix pieds des autels ce cœur qui m'abandonne. Va, cours, mais crains encor d'y trouver Hcrmione...

Il m'aimerait peut-être, il le feindrait du moins.

Cette simplicité de moyens nous cache même parfois la force réelle, non seulement des sentiments, mais du style. Emportés par le courant facile du discours, nous ne prêtons pas assez d'attention à l'éclat de certaines images, à la vivacité hardie de certains tours :

Tel qu'on a vu son père embraser nos vaisseaux, Et, la flamme à la main, les suivre sur les eaux...

J'ai mendié la mort chez des peuples cruels...

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Jo l'aivnais inconstant, qu'aurais-je fait filMc?... Tu lui parles du cœur, tu la cherches des yeux... Muet à mes sou])irs, tranquille à mes alarmes...

On dit toujours : « liacine est simple, » et l'on a rnison. Moi.s il faut ajouter : « Racine est d'autant plus fort qu'il est plus simple. »

BIBLIOGRAPHIE

TEXTES

Êditioa Bernardin (Delagrave), Boully (Beliu), Larroumet (Garûier), Mesnard et Lavigae (Hachette).

LIVRES

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in-8»; t. I"^ p. 1 à 30.

Janet. — Revue des Deux Mondes, 15 septembre 1813, 15 mars 1881. —

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Kranïz. — Essai sur l'esthétique de Descartes; 1882. in-S», Germer-

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SxAPFER. — Racine et Victor Ihtrjo ;Co\iu. 1887, in-lf'i ; p. 71, 72, 73.

JUGEMENTS

Tout ce qu'il y a de dévouement dans lepouse, de tendresse dans la mère, Racine en a doué Andromaque. Mais il a voulu en même temps que la belle et aimable fille d'Eétion, l' Andromaque aux bras blancs, fût femme, et qu'elle n'ignorât pas la puissance de sa beauté. Elle s'en sert pour se défendre et pour protéger son flls; c'est de sa vertu même qu'elle apprend l'iniluence de ses charmes et que lui vient la pensée d'en user. J'appellerais cela une coquetterie vertueuse, si la plus noble de toutes les épithètes pouvait relever le mot de coquetterie. Le détail en est exquis ; c'est la partie la plus touchante du rùle d'Andromaque.

KisARD, Histoire de lu littérature française, t. III; Didot.

On a souvent comparé l'âme à une balance. Rien ne rappelle mieux cette comparaison que ce qui se passe dans l'âme d'Andromaque. Deux sentiments égaux en vivacité et en pureté, mais l'un à l'autre contraires, se partagent cette âme exquise, aussi noble que tendre : le souvenir de son époux et l'amour de son fils. Amour conjugal et amour maternel, tels sont les deux poids de la balance; ils montent et descendent tour à tour; car si Andromaque veut sauver son fils, il faut qu'elle épouse Pyrrhus, son vainqueur, qu'elle oublie Hector; si elle veut rester fidèle à Hector, il faut qu'elle sacrifie Astyanax. Quelle lutte! Combien elle est tragique et neuve! Ce n'est pas la lutte de la passion avec elle-même, ni de la passion avec le devoir; c'est la lutte de deux sentiments aussi légitimes l'un que l'autre , c'est la lutte de deux devoirs. C'est dans cette lutte, dans ce jeu interne, qu'est le ressort de tout le drame. Hector l'emporte-t-il, Andromaque repousse Pyrrhus; Pyrrhus revient à Hermione, qui repousse Oresle. Astyanax, au contraire, est-il vainqueur, Pyrrhus revient à Andromaque et

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repousse llerniione, qui revient ;i Orcste. Krifin se termine celh' lutte intérieure; après avoir cédé alternativement à l'une ou .1 l'autre de ces deux affections, la volonté devient maîtresse : la liberté morale apparaît. La noble reine trouve un moyen diconcilier ses deux devoirs : on sait que cette résolution suprême amène un dénouement tout autre que celui qu'elle avait rêvé.

3 \^KT,- Lectures variées; Delagrave.

Andromaque n'est pas un type abstrait de veuve et de mère; elle est une certaine femme; nous avons une idée du son de sa voix, de ses yeux, « condamnés à des pleurs éternels » ; de son attitude, à la fois séduisante, suppliante et digne ; ainsi que Cordelia, elle exerce sur nous un charme personnel, indépendant de ses discours, et nous parle par son silence même.

Stapfer, Racine et Victor Hugo; Colin.

Je voudrais voir jouer Andromaque par des femmes et des hommes parfaitement beaux, et qui auraient la science et l'intelligence des Olympiens. C'est un si pur chef-d'œuvre que cette tragédie, que ce chaste drame d'héroïque piété conjugale et maternelle entrelacé à ce terrible drame d'amour farouche et meurtrier! Et Andromaque respire si bien la divine jeunesse du poète! Que de beaux vers, simples, harmonieux et doux, qui traduisent, sous la forme la plus limpide et la plus noble, les sentiments les plus fiers, les plus tendres, les plus douloureux ! Que de vers qui semblent éclos sans effort, d'une poussée presque involontaire, comme de grandes tleurs merveilleuses, comme des lis !

J. Lemaître, Impressions de théâtre, t. P' ; Lecène.

LETTRES ET DIALOGUES

Lettre de M. de Lionne à Saint-Êvremond. — Il lui envoie, avec VAttila de Corneille, une pièce qui depuis quelque temps produit à Paris autant d'effet que le Cid à sa naissance : c'est V Andromaque de Racine.

Il ne lui cachera pas qu'il est grand partisan de la nouvelle tragédie. Racine est un fort bel esprit, qui paraît avoir trouvé désormais ses vrais modèles. II s'attache aux Grecs, qu'il possède parfaitement. S'il ne se fait pas admirer par la sublimité du discours et par l'expression d'une grandeur d'àme héroïque, il trouve son mérite dans une diction pure et facile et dans la peinture touchante des sentiments les plus naturels. •

Saint -Évremond exprimait, à propos de V Andromaque, le vœu que « Corneille adoptât le jeune auteur pour former avec la tendresse d'un père son vrai successeur ». Il doute fort pour sa part que ce vœu se réalise. Trop de gens ont intérêt à diviser Corneille et Racine ; et d'ailleurs l'auteur d'Attila est toujours un champion dans cette lice où sou vrai rôle à présent serait celui de juge.

Quoi qu'il en soit, c'est surtout après Andromaque que la vieillesse de Corneille ne doit plus donner d'alarmes, et que le public doit se dégoûter des « fades tendresses » auxquelles QuinaulL l'a trop habitué depuis dix ans.

(Co>'COURS DE l'Ecole normale, 1873. — Toulouse. Baccalauréat.)

Lettre de M""^ de Sévigné à son ancien maître Ménage sur la représentation à' Andromaque. Elle analyse la pièce, explique l'enthousiasme du public et insiste sur la nouveauté de l'ouvrage.

(Agrégatio.x de l'enseignement secondaire des filles, 1883.)

l)inlo;;iie aux enfers entre l'Andromaquc d'Homère et celle de Uacine.

(Aix. — Baccalauréat, juillet 1883.)

Après une représentation d' Androinaque à Saint-Cyr, M""^ de Mainiciion écrit à Racine : elle lui demande de composer pour les demoiselles de Saint-Cyr une tragédie tirée de l'Écriture sainte.

(Lyon. — Baccalauréat.)

La duchesse d'Orléans remercie Racine de lui avoir dédié Amlromaquc.

1" Elle accepte la dédicace de la pièce et se tient pour fort honorée d'un si précieux hommage.

2" Éloge delà pièce.

3° Les amateurs du théâtre pourront se consoler de la vieillesse de Corneille, qui sera dignement remplacé par Racine.

(Ariège, — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1887.)

Le crilique Geoffroy, peu favorable en général à Talma, accusait ce grand acteur, chargé du rôle d'Oreste dans Andromaqite (1800), « d'avoir moins représenté une fureur causée par le désespoir d'une passion violente qu'un état de démence ». On suppose que Talma répond à Geoffroy et reclifie son jugement sur le caractère d'Oreste.

Si Ton en croit Subligny, auteur de la Folle Querelle, dirigée contre Andromaque, Racine attribuait ce pamphlet dramatique à Molière lui-même. On sait que l'auteur ôl Andromaque s'était

brouillé récemment avec l'auteur du Misanthrope. Vous supposerez que celui-ci, mis au courant des soupçons de Racine, lui écrit pour protester contre cette accusation que tout dément, et pour lui assurer que des inimitiés passagères ne l'empêcheront jamais de rendre hommage à son talent.

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