‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 4)Chapitre 111 sur 134 · C. de Litt. — MOUÈRE {le Bourg, gent.). i · texte numérisé non relu

C. de Litt. — MOUÈRE {le Bourg, gent.). i

tion d'e ressembler aux hommes de qualité, et l'amour qu'il croit ressentir pour une dame de qualité, Doriraène. Après de charmantes scènes de dépit amoureux entre Lucile, fille de M. Jourdain, et le jeune Cléanle, celui-ci demande Lucile en mariage , mais M. Jourdain la lui refuse, parce qu'il n'est pas gentilhomme. Peu après Doriraène, conduite par Dorante, vient chez le bourgeois, où l'attend une collation et un concert que le bourgeois paye, mais qu'elle croit olFerls par Dorante.

Acte IV. — Au milieu de la collation, M"° Jourdain, que son mari a écartée, mais dont la défiance est éveillée, rentre brusquement au logis, et dit vertement leur fait à Dorante et à Dorimène, qui sortent. Cependant Covielle, le valet de Cléante, abuse de la vanité crédule de M. Jourdain en lui persuadant que le fils du Grand Turc vient lui demander sa fille en mariage et conférer à son futur beau -père la dignité de " mamamouchi ». Avec une naïveté à peine croyable, M. Jourdain se prête aux détails les plus bizarres d'une cérémonie soi-disant turque, où on l'investit de ces fonctions glorieuses.

Acte V. — Costumé en « mamamouchi », il revient près de sa femme, qui ne comprend rien à son nouveau langage et le croit fou. Cléante, déguisé en fils du Grand Turc, épouse Lucile, avec l'assentiment de M™* Jourdain, qui a été mise dans la confidence.

Quand on embrasse d'un coup d'œil l'ensemble de celte pièce inégale, mais d'une originalité si piquante, une première remarque se présente d'elle-même à l'esprit : c'est celle qu'Aimé Martin a très nettement formulée :

Les actes de cette pièce sont séparés par des intermèdes à la manière des anciens; et comme les mêmes personnages se retrouvent toujours en scène, rien ne serait plus facile que de réunir les cinq actes en un seul. Le Bourgeois gentilhomme est donc en effet une pièce en un acte, divisée par des ballets. Aucun autre ouvrage de Molière ne présente une pareille singularité.

Par suite, il faut chercher ici plutôt un tableau de mœurs qu'un drame. Cependant, par certains côtés elle touche à la comédie de caractère, et par certains autres elle se confond avec la farce pure. Il semble donc que toute étude sur le Bourgeois gent^ilhomme doive se diviser en trois parties : la part de la farcç, celle de la comédie de mœurs, celle de la comédie de caractère. Mais dans cette œuvre complexe tout est mêlé, à ce point qu'il est malaisé de distinguer des éléments que n'a pas distingués Molière, car jusque dans la farce on rencontre

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plus d'un trait de vraie comédie, et dans la comédie on sent à tout moment que la farce n'est pas loin. Mieux vaut s'en tenir aux trois divisions naturelles que nous révèle l'analyse.

Première partie : les deux premiers actes, épisodiques, et dont on pourrait faire, selon l'observation d'Auger, une comédie à part, mais qui pourtant préparent, par toutes les sottises que dit M. Jourdain, à toutes les sottises qu'il va faire.

Deuxième partie : le troisième acte et la moitié du quatrième. C'est la comédie de mœurs et parfois de caractère ; c'est aussi, on le remarquera, la partie la plus soignée et la plus développée. Le troisième acte esta lui seul plus long que les deux précédents.

Troisième partie : fin du quatrième acte et cinquième : la farce turque.

Première partie : les dcax premiers actes ; comédie et Jarce mêlées. — Les maîtres de M. Jourdain. — La musique et la danse»

Auger proposait d'intituler ces deux actes les Leçons en ville, ou les coureurs de cachets. Ce titre peut-être ne serait pas fort juste, car les maîtres de M. Jourdain ne sont pas des exploiteurs vulgaires. Ce qui les rend comiques, c'est la haute idée qu'ils ont d'eux-mêmes et le sérieux profond avec lequel ils parlent de leur art. Dès la première scène, où l'exposition se hiit avec naturel et vivacité par le seul «nlretien du maître h danser et du maître de musique, nous comprenons que M. Jourdain ne sera pas le seul personnage de la pièce, et que, si ses maîtres le volent, ils le font avec sérénité, avec majesté, en hommes convaincus qu'on ne saurait trop faire payer de si nobles connaissances à un écolier si insuffisant. Le maître de musique, il est vrai, considère surtout le gain et se résigne ; mais le maître à danser, soutenu par l'amour de la gloire, porte plus haut ses pensées :

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