‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 4)Chapitre 110 sur 134 · LETTRES, PORTRAITS ET DIALOGUES · texte numérisé non relu

LETTRES, PORTRAITS ET DIALOGUES

Vers la fin de 1668 (année où fut joué l'Avare), Jean Poquelin, le père de Molière, se trouva gêné dans ses affaires; vieux, morose, il n'avait jamais pardonné à son fils d'avoir quitté son nom et sa profession. Il manquait d'argent pour réparer sa maison des piliers des Halles, « où soûlait pendre pour enseigne l'image de saint Christophe ». Molière voulut aider son père sans qu'il le sût. Jacques Rohault, l'illustre physicien, prêta à Jean Poquelin 3,000 livres (qui en vaudraient 40,000 aujourd'hui). En réalité, c'était Molière qui faisait ce prêt, dont les intérêts ne furent jamais exigés. — Lettre de Molière à Rohault pour le prier de lui servir de prête-nom. 11 lui dit pourquoi il a le chagrin de ne pouvoir aider directement son père; pourquoi il aime celte vieille maison; souvenirs qu'elle lui rappelle. On l'accuse de mettre en scène dans l'Avare un fils irrespectueux. Ce que Molière pense des devoirs des enfants envers les parents. Il demande à Rohault le secret.

(Douai. — Baccalauréat, juillet 1885.)

Faites le portrait d'un avare, en vous servant des traits que vous fournit Molière dans sa comédie, et imaginant de vousmême d'autres détails que vous ajouterez. Essayez d'imiter dans ce portrait la façon de la Bruyère.

(Grenoble. — Baccalauréat, novembre 1888.)

Racine, brouillé, on le sait, avec Molière, disait à Boileau, peu de temps après la première représentation de VAvare : « Je vous vis dernièrement à VAvare, et vous riiez tout seul suf la scène. — Je vous estime trop, lui répondit Boileau, pour croire que vous n'y ayez pas ri vous-même, du moins inté-

rieurement. » Sur ce mot, un dialogue s'engage, où Boileau explique le caractère unique de ces comédies qui, selon le mot d'un contemporain, nous font « rire dans l'âme ».

L'acteur-auteur allemand Iff\and avait consacré plusieurs années à l'étude du seul rôle d'Harpagon. Aussi en comprenait-il toutes les finesses etblàmait-il les attaques dirigées par le critique Schlegel contre ce caractère. On suppose qu'Iffland écrit à Schlegel après avoir lu son étude sur MoÙèr*.

DISSERTATIONS ET LEÇONS

Comparer VAuluîaire de Plaute et VAvare de Molière.

(Paris. — Leçon d'agrégation, 1835 et 1857; Licence BSLBTTaES, octobre 1830.)

Une des choses qui frappent le plus Goethe dans les principales pièces de Molière, notamment dans le Misanthrope et dans VAvare, c'est la force des passions, qui les rend « à un haut degré tragiques ».

« Le Misanthrope est vraiment une tragédie : car ce que nous y trouvons, c'est ce qui nous réduit souvent au désespoir. » {Mélanges.)

« Les pièces de Molière touchent à la tragédie... Et personne en cela n'ose l'imiter... Ainsi, dans les traductions de VAvare faites en Allemagne pour la scène, on a remplacé le fils par un parent quelconque. » {Entretiens avec Eckermann.)

Expliquer ces remarques de Goethe, sans faire une analyse des pièces, en examinant l'idée sur laquelle revient l'écrivain allemand ; — montrer ce que ces remarques ont de juste, mais sans oublier que « si Shakespeare mêle les genres, Molière, comme l'a dit M. Guizot, soutient incessamment la comédie, en marchant sur le bord de la tragédie ». (Guizot, Shakespeare.)

(Concours de l'École normale, 1882.)

Comparer l'avare de Plaute, celui de Molière et celui de Pierre de Larrivey.

(Besançon. — Devoir de licence, mai 1888.)

Étudier l'Euclion de Piaute, l'Harpagon de Molière, le Grandet C. de Litt. — MOLIÈRE (l'Avare). 2

de Balzac; montrer la différence des conceptions et l'expliquer par la différence des époques.

(Lille. — Devoir d'agrégation de l'enseignement sp^al, janvier 1888.)

Développer, en prenant pour exemple la personne d'Harpagon dans V Avare de Molière, cette maxime d'un ancien : « L'avare n'est bon pour personne, et il est son plus grand ennemi à luimême. » (Paris. — Baccalauréat, juillet 1890.)

Pourquoi Molière, dans l'Avare, a-t-il fait Harpagon amoureux d'une fille pauvre ? Comment a-t-il rendu cet amour vraisemblable? Quel parti en a-t-il tiré?

(Grenoble. — Baccalauréat, novembre 1888.)

Gœthe, parlant de Molière, a dit : « Son Avare, où le vice détruit toute affection entre le père et le fils, est une œuvre des plus sublimes, et dramatique au plus haut degré. » Faire ressortir, en étudiant les caractères d'Harpagon et de Qéante, la justesse de cette appréciation.

(Enseignement spécial, — Certificat d'aptttdde, juillet 1886.)

Comment Molière a su allier le comique et l'odieux dans le caractère d'Harpagon.

(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de seconde année.)

Dans quelle mesure peut-on dire que la comédie corrige les mœurs? Voltaire indique-t-il cette mesure quand il loue Molière d'avoir été « le législateur des bienséances de son temps » ? Les

travers, les ridicules que crée la mode sont plus aisés à guérir que les vices. Les précieuses se corrigent, Harpagon reste avare.

(Ardèche. — Brevet supérieur. Aspirantes, 1891.)

Appliquer à l'Avare cette maxime de la Rochefoucauld : « L'extrême avarice se méprend presque toujours; il n'y a point de passion qui s'éloigne plus souvent de son but, ni sur qui le présentait tant de pouvoir, au préjudice de l'avenir. »

Discuter le jugement de Fénelon sur Molière dans la Lettre à l'Académie : «( J'aime bien mieux sa prose que ses vers. Par exemple, l'Avare est moins mal écrit que les pièces qui sont en vers. »

Étudier le passage dei Caractères, chapitre de l'Homme, sur l'avarice.

Comparer Élise à Mariane, du Tartuffe.

En rapprochant la scène iv de l'acte III de V Avare et la scène y de l'acte III du Mithridate de Racine, faire sentir, non seulement la différence des situations et des caractères, mais celle de la comédie et de la tragédie en général.

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FRANCE

(Ghambord, 14 octobre 1670. — Paris, 29 novembre 1070.)

Analyse de la pièce. — Quelles sont ses divisions naturelles.

Acte I". — Un marchand enrichi, M, Jourdain, veut contrefaire Thorame de qualité ; pour s'élever au gentilhomme, il s"entoure de toutes sortes de maîtres : maître de musique, de danse, etc. Tout le premier acte n'est qu'un tableau de cet intérieur bourgeois envahi par ces parasites. On y danse, on y chante ; l'action n'est pas encore engagée.

Acte II. — Le second acte n'est que la suite du premier, dont il n'est séparé que par l'intermède de chants et de danses. Aux maîtres qui ont déjà paru s'ajoutent un maître d'armes et un maître de philosophie. Une querelle s'engage entre eux sur la valeur relative de leurs arts, chacun réclamant la suprématie pour le sien. Lui-même, le maître de philosophie, qui prêche aux autres la modération, s'emporte, donne et reçoit des coups; puis on passe à la leçon de « philosophie », où la philosophie proprement dite tient peu de place, et l'acte se termine par l'arrivée du tailleur, dont les garçons habillent en musique M. Jourdain.

Acte m. — Ainsi travesti en gentilhomme (car le troisième acte n'est aussi qu'une suite du second), le bourgeois excite l'hilarité de sa servante Nicole et les reproches de sa femme. Il entreprend de leur prouver à toutes deux leur ignorance, et ne réussit qu'à se rendre plus ridicule. Il le devient plus encore aux yeux de sa femme, quand il se laisse duper par Dorante, un gentilhomme besogneux, d'une honnêteté douteuse, qui, déjà son débiteur, lui extorque de nouveau son argent, en flattant les deux manies dont il est possédé : son ambi'

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