CLIMÈNE
Bien qu'avec pleine tendi-esse Myrlil puisse me chérir, Avec toi, je le confesse, Je voudrais vivre et mourir.
La scène du Bourgeois gentilhomme n'est qu(j la paraphrase de cette imilation. Mais elle a son intérêt dramatique, puisqu'elle met dans tout leur jour et la chaleur d'âme de Cléonte, et l'affection résolue de Lucile, charmante dans sa douce et tendre gravité.
Les valets ; niicole et Covielle.
Il y a toute une hiérarchie morale à établir entre les servantes et les valets de Molière. Pour les servantes, la différence est grande, par exemple, entre la Marotte des Précieuses, ou la Dame Claude de VAvare, bien que celle-ci soit pour Élise une sorte de gouvernante, et la Dorine du Tartufe, vraie dame de compagnie. Il ne faut pas compaier Nicole aux soubrettes de Molière, pas même à une Marinetle, surtout pas à la Toinette du Malade imaginaire, si vive, spirituelle et fine. Paysanne d'origine, elle restera paysanne, car avec le langage elle a le tempérament rustique, et ce n'est pas M™« Jourdain qui lui en voudra de sa simplicité dévouée. En la choisissant, M"*^ Jourdain a bien su ce qu'elle faisait : elle acquérait en Nicole non seulement une servante, une vraie servante, laborieuse, économe, fidèle, mais — si le mot n'est pas trop ambitieux — une sorte de collaboratrice, suffisamment intelligente, moins intelligente encore que zélée dans la tâche qu'elle avait entreprise, dans la guerre défensive et souvent otfensive qu'elle avait déclarée au mauvais génie de son mari et à son mari lui-même. Au moment où l'action s'engage, elle est depuis longtemps, sans doute, dans la maison ; sinon, l'on ne comprendrait pas qu'elle pût prendre certaines libertés de parole :