‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 4)Chapitre 44 sur 134 · DIALOGUES ET DISCOURS · texte numérisé non relu

DIALOGUES ET DISCOURS

Dialogue des morts. - Aristophane et Molière.

(Paris. — LICENCE Es lettres, juillet 1853.)

Molière malade avait, dès 1667, loué une maison à Auteuil; ses charités lui avaient attiré l'affection du vieux curé de la paroisse, François Loyseau, prêtre de l'Oratoire et conseiller ordinaire du roi. C'est lui qui conduisit la veuve de Molière à Versailles quand elle alla se jeter aux pieds du roi afin d'obtenir la sépulture que refusait le curé de Saint-Eustache (18 février 1673). Vous referez le discours de François Loyseau à Louis XIV.

(Douai. — Baccalauréat.)

En 1778, d'Alembert offrit à l'Académie le buste de Molière sculpté par Houdon. Il y eut une délibération solennelle, où l'Académie décida que ce buste serait placé dans la salle des séances et que ce vers serait gravé sur le socle :

Rien ne manque à sa gloire : il manquait à la nôtre.

Vous referez le discours prononcé par d'Alembert, le jour de l'inauguration, dans lequel il expose pourquoi Molière, de son vivant, n'a point fait partie de l'Académie, pourquoi il est légitime aujourd'hui que son buste soit placé dans la salle des séances.

(Douai. — Baccalauréat.)

lY

Vous supposerez que l'acteur Lagrange, après avoir dit un C. de Litt. — MOUÈRB ^

suprême adieu à Molière mort, s'adresse à ses camarades, et, en termes émus, venge la noble profession de comédien des injures que lui ont lancées le fanatisme et la sottise.

(Poitiers. — Baccalauréat.)

La troupe de Molière fit un assez long séjour à Rouen en 1638. Les deux Corneille y habitaient alors, et nous savons qu'ils furent non seulement parmi les auditeurs les plus assidus de rillustre Théâtre, mais parmi les visiteurs les plus familiers de ses acteurs. Thomas Corneille n'a que trente-trois ans à cette époque, mais est déjà connu par l'extraordinaire succès de son Timocrate, que les comédiens du Marais, dit-on, renoncèrent à représenter, malgré l'aftluence du public, pour ne pas oublier leurs autres rôles. Pierre Corneille déjà touche à la vieillesse, mais s'impatiente de languir dans la retraite où il s'est confiné après l'échec de Pertharite, et va en sortir l'année suivante en faisant jouer Œdipe. Molière, déjà auteur de ÏEtourdi et du Dépit amoureux, va se fixer à Paris et donner les Précieuses. On imaginera un dialogue entre ces trois hommes.

Le 24 octobre 1658, la troupe de Molière joua pour la première fois au Louvre devant le roi. Après la représentation de Nicomède de Corneille, Molière vint sur le théâtre, remercia le roi d'avoir, dans son indulgence, souffert les « manières de campagne )> de ses acteurs, et le pria de lui permettre d'ajouter à Nicomède « un de ces petits divertissements qui lui avaient acquis quelque réputation, et dont il régalait les provinces » (préface de 1682). Toute la cour applaudit à ce compliment, et plus encore à la petite comédie, qui fut celle du Docteur amoureux.

On fera le compliment prononcé par Molière, et on le terminera par la promesse d'une comédie plus digne du nouveau public auquel Molière va désormais s'adresser.

En 1660, la troupe de Molière fut dépossédée de la salle du Petit-Bourbon et dut aller occuper celle du Palais-Royal. La Grange, qui, dans son Registre, se plaint à ce propos des pro-

cédés hostiles de M. de Ralabon, surintendant des bâtiments du roi, et de Vigarani, machiniste du roi ', ajoute : « La troupe, en butte à toutes ces bourrasques, eut encore à se parer de la division que les autres comédiens de l'Hôtel de Bourgogne et du Marais voulurent semer entre eux, leur faisant diverses propositions pour en attirer les uns dans leur parti, les autres dans le leur. Mais toute la troupe de Monsieur demeura stable ; tous les acteurs aimaient le sieur Molière, leur chef, qui joignait à un mérite et une capacité extraordinaires une honnêteté et une manière engageante qui les obligea tous à lui protester qu'ils voulaient courir sa fortune et qu'ils ne le quitteraient jamais, quelque proposition qu'on leur fît et quelque avantage qu'ils pussent trouver ailleurs. »

On fera le petit discours que la Grange adresse à Molière an nom des comédiens.

« Kemble, acteur anglais, venu en France vers 1800, fut incité par ses camarades français à un grand diner. La conversation tomba naturellement sur le théâtre. Les Français payèrent leur tribut d'hommages à Shakespeare, et l'un d'eux lança le nom de Molière. L'acteur anglais répondit froidement : « Molière n'est pas un Français. » Étonnement de tous : « Ex- « pliquez-vous ; Molière serait-il un Anglais? — Pas plus An- <( glais que Français! — Mais alors ? — Je me figure que Dieu, « dans sa bonté, voulant donner au genre humain le plaisir « de la comédie, créa Molière et le laissa tomber sur terre en « lui disant : « Homme, va peindre, amuser, et, si tu peux, cor- « riger tes semblables. » Il fallait bien qu'il descendît sur quelque « point du globe, de ce côté du détroit ou bien de l'autre. >'ous « n'avons pas été favorisés; c'est de votre côté qu'il est tombé. <f Mais il n'est pas plus à vous qu'à personne, il appartient à <( l'univers. » (Auger.) On suppose que l'un des acteurs français répond à Kemble et revendique pour la France la gloire da

t. n flt anéantir les beaox décors créés par son prédécesseur Torelli.

LETTRES

Lettre de Boileau à Racine* pour lui annoncer la mort de

Molière.

(Qermont. — Baccalauréat.)

Boileau écrit à Louis XIV pour lui annoncer qu'on refuse uu peu de terre à Molière et pour le prier de donner l'ordre d'inhumer le grand poète.

Molière est une des gloires du siècle. La comédie de Molière est plus morale qu'aucune autre. Molière a fait du bien toute sa vie; s'il n'a pas voulu renoncer au métier d'acteur, c'est par dévouement à sa troupe.

(Dijon. — Baccalauréat.)

Molière annonce à son père qu'une vocation irrésistible l'entraîne vers le théâtre.

En 1657, le prince de Conti, qui s'était attaché quelque temps la troupe de Slolière, mais qui depuis peu inclinait à la dévotion, défendit à ses anciens protégés d'user de son nom. Molière lui répond.

Il témoigne respectueusement son chagrin, qui n'enlève rien à sa durable reconnaissance.

Il espère que tout lien n'est pas rompu entre le prince et ses anciens comédiens, qui le retrouveront à Paris et perdront difficilement l'habitude de voir en lui un protecteur.

Enfin il promet de faire tous ses eiforts pour mériter de nouveau les bonnes grâces du prince et pour lui prouver que

Page 1