‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 4)Chapitre 9 sur 134 · Voyei plus haut, p · texte numérisé non relu

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comme j'en revenais, il me prit, au milieu de la rue du Chantro, une si grande faiblesse que je crus véritablement mourir.

0 mon cher! mourir n'est rien : mais songes-tu que je vaii

1 inparaître devant Dieu? Tu sais comme j'ai vécu. Avant que tu reçoives ce billet, les perles de l'éternité seront peut-être ouvertes pour moi. » 11 ne se trompait pas : ce billet est du 10 février 169b; le 13, la Fontaine mourait, et son ami lui rendait ce témoignage : « C'était l'àme la plus vraie et la plus candide que j'aie jamais connue. » Ajoutons : c'était Pami par excellence. Dans une de ses lettres, il en fait l'aveu : « Pour peu que j'aime, je ne vois dans les défauts des personnes non plus qu'une taupe qui aurait cent pieds de terre sur elle. » C'est bien ainsi -qu'il faut aimer, sans se réserver et de plein cœur.

3° Les lettres écrites à des étrangers. Parmi celles-ci, les plus remarquables, avec les lettres du début à Fouquet, sont celles qui nous montrent la Fontaine en relations avec l'Angleterre, où séjournent momentanément ses amis, M. de Bonrepaux, M™' de Bouillon, où habitent à demeure l'épicurien Saint-Evremond (un peu malgré lui) et le poète Waller. Un moment, on voulut faire passer le détroit à la Fontaine, dont la résistance fut assez molle. 11 estimait les Anglais, ce peuple « si profondément pensant », dira plus tard Bulï'on. « Les Anglais pensent profondément, » écrit déjà la Fontaine dans une fable dédiâe à une Anglaise de distinction*. Chose curieuse, c'est en France alors que l'on était rigoriste ; on voulait « de plus sévères moralistes » qu'un la Fontaine. Anacréon doit se taire devant les hommes de Port-Royal, persécutés, mais, au fond, vainqueurs. Ces hommes, parmi lesquels il compte beaucoup d'amis, — dont Racine et un peu Boileau, -^ la Fontaine les juge bons disputeurs », mais à condition qu'on lui accordera que .-urs leçons « semblent un peu tristes^ »! A ces leçons il en opposait d'autres, qui ne sont point aussi relâchées qu'on pourrait croire. Saint-Evremond, qui est, lui, un peu épicu- - rien, a cru pouvoir définir son confrère en épicurisme : « Après avoir parlé de votre esprit, dit-il, il faut dire un mot de votre i morale :

s'accommoder aux ordre» du destin, Aux plus heureux ne porter point d'envie, ^H De ce faux air d'esprit que prend un libertin*

^^n. Fable xivii du lirre XI î -.le Renard anglais, i milady Harrey.

^^B. Lettre i M°" de Bouillon, novembre 1687.

^^B. On sait que libertin, dans la langue de ce temps, signifiait incrédal«.

^Kt, C. de Litt. — LA ÏONTAINE. 2

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