‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 4)Chapitre 98 sur 134 · NARRATIONS ET DIALOGUES · texte numérisé non relu

NARRATIONS ET DIALOGUES

Dialogue des morts sur le Misanthrope entre Molière, Jean- Jacques Rousseau et la Fontaine.

(Douai. — Devoir d'agrégation de lenseignement spéoai^ avril 1887.)

Quelque temps après la représentation du Misanthrope, où quelques-uns prélendaient que Molière avait peint M. de Montausier sous les traits d'Alceste, Montausier fait prier Molière de passer chez lui. Molière accourt, non sans émotion. Dès qu'il paraît, Montausier l'embrasse et le prie de souper avec lui. Il vient de voir le Misanth'ope à Saint-Germain, il en a été charmé, et serait très heureux de ressembler à un aussi honnête homme qu'Alceste. Saint-Simon, qui raconte celte entrevue, ne cache pas l'embarras ni la reconnaissance de Molière, peu habitué à manger « avec un homme de la dignité, de lâge, de la place, de l'austérité de M. de Montausier ».

Boileau préférait, dit-on, le Misanthrope même au Tartuffe. Dans un dialogue avecBrossette, qui défend le Tartuffe, il donne les motifs de sa préférence.

Dans une lettre à M. de Mimeure (1700), Boileau raconte quil crui devoir combattre la candidature à l'Académie de M. do Sainte-Aulaire et lire en pleine Académie des vers médiocres de cet écrivain. Il ajoute : « Quelqu'un s'étant mis en devoir de le défendre, je jouai le vrai personnage du misanthrope dans Molière; ou plutôt j'y jouai mon propre personnage Je chagrin

de ce misanthrope contre les mauvais vers ayant été, comme Molière me l'a confessé plusieurs fois lui-même, copié sur mon modèle. » On composera soit une narration, soit un dialogue, en se souvenant de celte lettre et de la scène de Molière.

Le lendemain de la première représentation du Misanthrope, Racine, dont la brouille avec Molière est encore récente, est dans son cabinet, où il travaille à Andromaque. Un de ses amis, un acteur de l'hôtel de Bourgogne, si l'on veut, entre, lui parle de la pièce nouvelle et ne ménage pas les critiques à l'auteur, croyant par là plaire à Racine. Celui-ci écoute, silencieux d'abord, puis discute les objections, répond aux critiques, plaide en un mot la cause de Molière. « Il est impossible, dit-il, que Mohère ait fait une mauvaise comédie : retournez-y et examiaez-la mieux. » Étonnement et confusion du critique.

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