‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 4)Chapitre 99 sur 134 · LETTRES ET PORTRAITS · texte numérisé non relu

LETTRES ET PORTRAITS

Lettre de Molière à M. de Montaiisier. — Lorsque le Misanthrope parut (juin 1666), la malignité appliqua quelques-uns des traits sous lesquels était représenté Alceste à un seigneur (ie la cour fort renommé pour son mérite et son austérité : c'était le duc de Montausier, qui allait être nommé, deux ans après, gouverneur du Dauphin. Les ennemis de Molière ne manquèrent pas de faire dire à M. de Montausier que le Misanthrope élail une satire dirigée contre lui, et ils eurent d'autant moins de peine à le persuader qu'il détestait la satire et qu'il lui était échappé de aire qu on aevrait « envoyer les poètes satiriques rimer dans la rivière ». Il s'emporta jusqu'à menacer Molière du bâton. Molière pouvait craindre tout au moins quelque violence nuisible à sa considération: il savait qu'un grand seigneur se croyait tout permis envers un comédien, et déjà, au sujet de la Critique de l'École des femmes, il avait eu à essuyer des brutalités de la part du duc de la Feuillade.

Dans une lettre au duc de Montausier, il proteste contre toute interprétation désobligeante pour lui, et s'efforce, comme fit plus tard Roileau, non seulement de l'apaiser, mais de le gagner. 11 demande s'il est vraisemblable qu'un homme honoré des bienfaits du roi ait voulu tourner en dérision un des meilleurs serviteurs du roi. Il montre l'artifice de ses ennemis, qui seuls ont intérêt à indisposer contre lui un seigneur dont il doit, au contraire, rechercher le suffrage. Il déclare se faire de son art une trop haute idée pour convertir en portraits satiriques des peintures qui doivent être générales. Loin de vouloir jamais désigner un homme en particulier, c'est en lui-même, autant que chez les autres, qu'il va chercher les traits dont il compose ses tableaux.

Il finira en priant M. de Montausier de ne juger Alceste qu'a près l'avoir entendu. On sait qu'ayant assisté à une représen talion du Miaanthrope, M. de Montausier fit appeler Moa^'re, le complimenta et lui dit que, s'il ressemblait à l'Alceste de la pièce, il ne pouvait qu'être tlatté de la ressemblance.

(Concours dbl'Écolb normale, 1860.)

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Faire, dans la manière de la Bruyère, le portrait d'Alceste. (Lille. Devoir de licence, décembre 1889. — Fontenayaux-Roses. Devoir de littérature.)

PhilintP à Alceste qui veut quitter le monde. — La société n'est point un gouffre où triomphent les vices. — En quelque endroit écarté qu'il aille, il y retrouvera les hommes avec leurs défauts, lui-même a/ec son chagrin. — Il ne hait point les hommes, quoi qu'il en dise : qu'il reste avec eux pour leur être utile.

(Besançon. — Baccalauréat, juillet 1888.)

M™" (le Sévigîié écrit à son cousin Bussy-Rabutin (juin 1666) pour lui dire son avis sur le Misanthrope, qui vient d'être représenté parles comédiens du Palais-Royal. Après avoir parlé d'Alceste, de Philinte, elle insistera sur les rôles de femmes. Elle terminera en louant Molière d'avoir su, avec les travers de l'humanité; saisir au vif les ridicules et les vices de son temps.

(Douai. — Baccalauréat.)

L'Alceste de Molière s'est retiré dans ses terres (dénouement du Misanthrope), où il vit dans une solitude chagrine, pendant que Philinte a épousé « la sincère Éliante ». Au bout de deux mois, Philinte écrit à Alceste. Il l'engage à revenir; il n'y à pas dans le monde que des Célimènes, des Arsiaoés, des Orontes, des Clitandres, des Acastes, des « pieds plats » comme celui avec qui Alceste a procès. Ne peut-on vivre heureux en étant sage avec mesure? N'est-ce pas un devoir pour l'honnête homme de ne point déserter la société et d'y tenir tête aux méchants et aux sots?

(Douai. — Baccalauréat, juillet 1886.)

Molière, qui avait protégé les débuts de Racine au théâlre, était brouillé avec lui pour un motif des plus futiles, lorsqu'il fit représenter le Misanthrope. L'œuvre ayant été froidement accueillie, un complaisant crut être agréable à Racine en s'empressant de lui annoncer cet insuccès. Lauteur d'Andromaqiie reçut fort mal la démarche. Il répondit que Molière était « incapable de faire une mauvaise pièce ».

On supposera que cette réponse forme le sujet d'une lettre où Racine, se mettant au-dessus d'une misérable querelle et marquant son mécontentement d'avoir été jugé capable d'injustice à la fois et d'ingratitude envers Molière, rend hommage à son caractère, à son génie et au même de sa nouvelle pièce-

(Poitiers. — Baccalauréat, 1887.)

Les ennemis de Molière s'etTorcèrent de faire croire au duc de Montausier qu'il était tourné en ridicule dans le Misanthrope sous les traits d'Alceste. Vous composerez la réponse de Montausier. Le sens en est indiqué par ce mot qu'on lui attribue : « Je serais très flatté d'avoir en effet servi de modèle. »

(Lyon. Baccalauréat. — Paris. Brevet supéribor, Aspirantes, 1887.)

Un ami de Gœthe, le musicien Zelter, lui écrit qu'il a passé non sans un vif plaisir, une nuit d'orase à relire le Misanthrope. Gœthe, qui relisait souvent aussi le chef-d'œuvre, qui y retrouvait l'âme de Molière et un peu aussi de la sienne, répond à «on ami.

DISSERTATIONS ET LEÇONS

On a souvent raconté que Molière disait un jour à Boileau : « Je dois beaucoup au Menteur... Sans le /Vendeur, j'aurais sans doute fait quelques pièces d'intrigue, VÉtourdi, le Dépit amoureux, mais peut-être n'aurais-je pas fait le Misanthrope. » L'anecdote est-elle du moins vraisemblable*? Que doit le Miianthrope a.u Menteur ? Qae doit Molière à Corneille?

(Paris. — Agrégation des lettres. — Composition, 1890.)

« Rendre le misanthrope amoureux n'était rien : le coup de génie est de l'avoir fait amoureux d'une coquette. » (J.-J. Rousseau.)

(Clermont. — Devoir d'agrégation.)

Le Misanthrope de Molière devait-il être, comme le veut J.-J. Rousseau, toujours insensible à ses propres injures et toujours indigné des désordres publics?

(Rennes. Licence es lettres. Composition, 1890. Besançon. — Devoir de licence, mars 1880.)

Critique du Misanthrope dans Fénelon et dansJ.-J. Rousseau. (Besançon. — Devoir de licence, juin 1882.)

1. un lu tioine pour la première fois dans l'Esprit du grand Corneille, \>v fhinçois de NeufcbàUau, 1819.

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Montrer à quels moments do la pièce le Misanthrope cesse d'être une comédie et devient un drame.

(Caen. Licence es LETiriKs. Composition, novembre 1890. — Glermonl et Poitiers. Devoir db licence, février 1891.)

Que penser de celte opinion de Diderot : « Telle est la vicissitude des ridicules et des vices, que je crois qu'on pourrait faire un Misanthrope nouveau tous les cinquante ans »? Et n'en est-il pas ainsi de beaucoup d'autres caractères?

(Dijon. — Devoir de licenci.)

Où rit-on dans le Misa.ilhr^pe et de qui rit-on? Pourquoi rit-on quelquefois d'Alceste, point de Gélimène?

(Lille. — Devoir db licence, janvier 1890.)

Que pensez vous du dénouement du Misanthrope, et, en général, des dép.ouemenls de Molière?

(Poitiers. — Devoir ob licenci, février 1891.)

Comparer le sonnet d'Oronte avec le sonnet et l'épigramme de Trissotin.

(Poitiers. — Devoir de licence, février 1891.)

« Quoique les personnages de Molière ne disent rien qui ne soit dans leur situation, ils ne peuvent parler pour eux sans répandre des lumières et des vérités d'expérience qui nous apprennent à lire en nous et chez les autres. » (Nisard.) Exa-

LE MISANTHROPE tt3

miner ce jugement, en l'appliquant, soit, comme le fait M. Nisard, au Mùanlhrope, soit aux Femmes savantes.

(Rennes. — Devoui de licence.)

Selon Fénelon et Rousseau, Molière, dans le Misanthrope, s'est laissé aller à ridiculiser la vertu. Est-ce ainsi que vous comprenez le rôle d'Alceste et les intentions dû poète?

(Rennes. — Licence ès lettres. — Composition, novembre 1890.

L'Alceste de Molière et le Timon de Shakespeare. (Paris. — Enseignement spécial; leçon d'agrégation, 1887.)

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Oronte, Acaste, Clitandre.

(Paris. — Enseig.neuent spécial; leçon d'agrégation, 1887.)

Analyser les caractères d'Alceste et de Philinte dans le Misanthrop''. Exposer et apprécier les critiques qui ont été adressées à Molière, au sujet de ces personnages, par l'énelon et par J.-J. Rousseau.

(Besançon. — B.\ccalauréat, novembre 1888.)

J.-J. Rousseau a reproché à l'auteur du Misanthrope d'avoir dépeint la vertu sous des traits propres à nous en éloigner. Que peut-on lui répondre?

(Douai. — Baccalauréat, juillet 1884.)

Dire ce que c'est qu'un misanthrope, en entendant ce mot

64 COURS DE LllTÉRATUttE

dans son sens élymolopiqut rigoureux, et examiner si l'Alcesle do Molière rentre ou non dans celte déûnilion.

(Lyon — Bacxulau»éat.)

Réfutez ropinion de Schlepel, qui ne trouve dans le Misanthrope ni action, ni inli-rôt, ni paieté.

(Professorat des Ecoles normales d'instituteurs. — Lbçon.)

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