‹ Cours de littérature à l'usage des divers examens (volume 5)Chapitre 1 sur 153 · Cours de littérature à l'usage des divers examens · texte numérisé non relu

Cours de littérature à l'usage des divers examens

Charles-Louis de Secondât, baron de la Brède, naquit le 18 janvier 1689 au château de la Brède, à trois lieues environ de Bordeaux. Son grand-père avait été premier président au parlement de Guyenne. Son père avait servi avec distinction, mais peu de temps. Comme l'avait fait le père de Montaigne, comme le fera le père de Buffon, il donna pour parrain à son fils un mendiant de la paroisse. La mère du jeune Secondât était Marie-Françoise de Penel , qui était, parait-il, d'origine anglaise 1, et dont le mari, dans son Journal, trace ce portrait : a Elle était d'une taille raisonnable, infiniment douce, d'une physionomie charmante; elle avait l'esprit d'un homme liabile pour les afl'aires sérieuses, nul goût pour les bagatelles, une tendresse pour ses enfants inexplicable. » C'est elle qui apporta en dot à son mari le donjon gothique de la Brède, entouré d'arbres, de prairies et de vignes, dont Montesquieu vendra plus tard le vin aux Anglais « comme il l'a reçu de Dieu )>. Le climat était heureux, le pays riant, et Montesquieu leur doit peut-être son humeur sereine. Il a écrit lui-même : « L'air, les raisins, le vin des bords de la Garonne et l'humeur des Gascons sont d'excellents antidotes contre la mélancolie-. »

Dès l'âge de sept ans, il perdit sa mère. On relevait alors à la Bipède, au milieu des jeunes paysans^, et il y resta jusqu'à

1. Ce détiil ne semble pas justifier suffisamment la remarque de M. Vian : « Leurs enfants devaient avoir dans les veines des principes réformés et des idées constitutionnelles. » Toutefois il convient de rappeler que les ancêtres de Montesquieu avaient embrassé la Réforme et ne ralijurerent qu'avec Henri IV.

Page 1